Emeute à Bamako après une bavure policière – février 2010

Encore des scènes d’émeutes à Bamako

www.maliweb.net

Le Challenger

26/02/2010

Hier Léré, Kita, Loulo, Kadiolo. Aujourd’hui Bamako. Où, demain ? A Kita, Kadiolo, comme à Bamako, une couche de la population a jugé nécessaire de répliquer par la violence à des actes de porteurs d’uniformes qu’elle juge arbitraires.

Ce 22 février, entre 5 et 6 heures du matin, dans des circonstances non encore élucidées, une équipe de patrouille de la Brigade anti-criminelle a ouvert le feu sur un Sotrama. Mortellement touché, le conducteur du véhicule, Mamadou Coulibaly dit  »Dix » a rendu l’âme à l’hôpital Gabriel Touré où il avait été admis d’urgence. C’est depuis, le choc des versions.

Selon, la version officielle, les policiers ont riposté à un coup de feu tiré du  »véhicule suspect ». A en croire une autre version proche du milieu des transporteurs, qui a conclu à une bavure, c’est tout simplement parce que le véhicule a refusé de s’arrêter que les policiers ont ouvert le feu. Qui a dit vrai? La seule certitude est que le chauffeur a été atteint par une balle et qu’il est mort. Encore, l’histoire se répète de la façon la plus tragique.

En représailles, les chauffeurs et leurs apprentis de Sotrama ont érigé des barricades sur certaines artères de la capitale et brûlé des pneus. Ils se sont attaqués aux symboles de la police nationale, notamment les hangars qui servent d’abri aux agents déployés dans la circulation. Deux postes de police (l’un, à Sénou, relevant du commissariat du 10ème arrondissement et l’autre à Faladiè – 7ème arrondissement) ont été saccagés par les manifestants. Pendant presque 48 heures, Bamako a été privé des services de transport en commun. Du coup, les usagers ont été pris dans le piège d’un incident dont ils ignorent pour la plupart l’origine.

Il urge de gérer sans état d’âme ce malheureux événement, qui intervient dans un contexte extrêmement particulier. Sur le plan sécuritaire, Bamako est en proie à une situation inédite. On attaque des paisibles citoyens pour les dépouiller de leurs biens. On braque des boutiques ou autres commerces.

La question est devenue tellement préoccupante que les plus hautes autorités sont sorties de leur réserve pour sommer les forces de sécurité de reprendre le dessus sur les voyous. Ainsi, des patrouilles ont eu lieu tous les jours avec des consignes fermes, comme par exemple : ‘’tirer sur tous ceux qui refusent de s’arrêter’’.  Sur le plan social, force est de se rendre à l’évidence que les Maliens souffrent. Notamment d’un cruel déficit de justice. Or, ce sont les autorités qui seules peuvent garantir cela. Autrement, il y a lieu de craindre de voir les émeutes et autres manifestations se multiplier.

Tant que la population constate que les pouvoirs publics continuent leur « politique de deux poids deux mesures « , le risque est grand de la voir se révolter ne sachant plus à quoi se fier, à quel saint se vouer. Quand l’Etat démissionne à ce point, il y a forcément péril en la demeure. La responsabilité, ça s’assume, pas par la force du muscle ou par le chantage, voies royales pour les crapules, mais par la force des arguments des textes, judicieusement employés. Mais, encore faut-il avoir été bien élu, bien  »nommé ». C’est tellement facile de reconnaître un mérite, de sanctionner  une faute ?

Par Chiaka Doumbia

En réaction à la mort par balle d’un chauffeur par une patrouille de police : Un mouvement de grève des transporteurs a paralysé hier les transports publics dans le district de Bamako

L’indépendant

24 02 2010

Les jeunes chauffeurs, apprentis et coxeurs, ne semblent pas avoir entendu les appels au calme lancés, lundi 22 février, par les syndicats des chauffeurs après la mort d’un des leurs par balle, tirée par une patrouille de la police de la brigade anti-criminalité. Car, après la journée du lundi, celle d’hier a été aussi mouvementée à cause des barricades érigées par les apprentis sur certaines artères principales de la capitale où l’on pouvait voir de grosses fumées de pneus incendiés s’élever dans le ciel. Une situation qui a perturbé la circulation sur la RN6 (route de Ségou) rendant l’accès de la capitale impossible pour les gros porteurs. Dans la ville même, à part quelques bus, tous les véhicules de transport collectifs  étaient sur cales.  Paralysant du coup le transport public au grand mécontentement des usagers.

Même si les incidents   ont baissé d’intensité hier comparativement à ceux de la journée du lundi, certains chauffeurs, apprentis et coxeurs ont, tout de même, réussi à paralyser le transport public au niveau de la capitale des trois caïmans. Cela pour protester contre la mort d’un des leurs, Madou Coulibaly,  chauffeur de son état ( voir notre édition d’hier).

En effet, aucune sotrama ni taxi n’était visible à Bamako dans la matinée.  Des barricades ont été érigées, çà et là, par les chauffeurs au niveau de certaines artères principales de la capitale où l’on pouvait voir de grosses fumées provenant de pneus incendiés, ou des bancs métalliques des policiers saccagés.  Une situation qui a perturbé la circulation sur la RN6 (route de Ségou) rendant l’accès de la capitale impossible pour les gros porteurs.

A l’intérieur de la capitale malienne, à part quelques bus, tous les véhicules de transport collectif étaient sur cales. Paralysant le transport public. Au-delà de ce boycott, certains chauffeurs  s’en sont pris à leurs collègues qui n’obéissaient pas à leurs injonctions. Deuxième du genre en moins de 24 heures, ces manifestations se sont également soldées par l’érection de barricades au niveau du rond-point de Daoudabougou, de Torokorobougou, où des  heurts ont été constatés entre porteurs d’uniforme et chauffeurs.

Le président de l’Association des jeunes  chauffeurs, Moussa Gadjigo, avait menacé dans la journée du lundi, en déclarant que « tant que les auteurs de ces actes ne seront pas  arrêtés et traduits devant la justice, les manifestations vont se poursuivre« .

Une option qui n’est pas du goût du président du syndicat des transporteurs routiers du Mali, Maharafa Touré, qui suggère que l’enquête soit d’abord bouclée pour décider quoi que ce soit.

Les principales victimes de ces grèves demeurent naturellement les usagers des transports publics qui ne savent plus à quel saint se vouer.

« Au beau milieu du pont Fahd, les grévistes ont fait descendre mes bagages, environ 100 kg, du taxi. Je ne sais pas comment je pourrais rentrer à la maison » regrette un usager, dépité, rencontré sur le pont, près de ses bagages. En tout cas, avec l’absence des sotramas, la circulation au niveau du district de Bamako était fluide comparativement aux jours ordinaires. Et c’est le matin que des mouvements de piétons de grande envergure ont été constatés sur les deux ponts de la ville.

Signalons, enfin, que le chauffeur tué  a été inhumée hier vers 16 heures à Sénou, son quartier de résidence.

Mali : grève dans les transports suite à la mort d’un chauffeur de minibus à Bamako

afriscoop.net

mardi 23 février 2010

La capitale malienne de Bamako est privée de transport en commun depuis lundi soir et a vécu de véritables scènes d’émeutes, suite à la mort d’un chauffeur abattu par un policier, a-t-on appris lundi d’un communiqué du ministère malien de la Sécurité intérieure.

Selon le communiqué, la mort du chauffeur est intervenue lors d’ un contrôle de police dans la nuit de dimanche à lundi.

Dès que les chauffeurs ont appris ce drame, ils ont tenté de bloquer plusieurs artères principales des quartiers de Bamako, soutenus par des badauds, et ont dressé des barricades sur des voies et pris pour cible des policiers chargés de régler la circulation routière.

Le poste de police de Sénou, sortie sud de la capitale où habitait le chauffeur décédé, a été totalement saccagé par les émeutiers.

Mardi matin, le calme était revenu à la capitale bien qu’une grève déclenchée par la Fédération nationale des transporteurs du Mali ait paralysé les transports à Bamako. (Xinhua)

Sidiki Doumbia, chauffeur de bus :  » C’est la police qui crée l’insécurité au Mali ! « .

journaldumali.com

Par Hawa SEMEGA – 24/02/2010

48 heures après la grève décrétée par les conducteurs de sotramas et de taxis à Bamako, les bamakois s’expriment sur le sujet. Micro trottoir.

Rappel des faits

Le lundi dernier, un incident s’est produit entre un agent de la police nationale et un chauffeur de sotrama (mini bus pour le transport public). Les faits se sont déroulés entre 5h et 6h du matin au centre ville. Le policier à, selon un témoin oculaire, tiré sur le sotrama dont le chauffeur a refusé de s’arrêter. La balle a atteint le conducteur qui mourra quelques instants plus tard.

A la suite de cet incident, tous les chauffeurs de sotramas, taxis, ou véhicules de transports collectifs, ont pendant deux jours, cessé de circuler. La cité des trois caïmans est restée paralysée du lundi au mardi. Les clients ayant ne disposant d’aucun autre moyen de transport, ont pendant ces deux jours, galéré sérieusement.

Des passagers s’expriment :

Fanta Diallo, élève : « J’habite de l’autre côté de la rive droite et mon école se trouve à la rive gauche de Bamako. Lorsque je suis descendue le lundi vers 17h, je n’ai trouvé aucun sotrama pour aller à la maison. J’ai donc été obligée de traverser le pont comme des milliers bamakois pour aller à la maison. Je n’ai pas pu aller à l’école le lendemain parce qu’il n’y avait pas véhicules de transports. J’ai perdu une journée entière de cours alors que je prépare le bac. Je pense que les chauffeurs tout à fait le droit de revendiquer leur droit, cependant, ce n’est pas une raison pour raison pour pénaliser tout le monde comme ils l’ont fait. Il est temps que nos autorités prennent les mesures qui s’imposent et disciplinent les policiers qui font le déshonneur de notre armée. »

Sidiki Doumbia, chauffeur de bus : « Vous savez, c’est la police qui crée l’insécurité au Mali. Ce n’est pas la première fois que ce genre de choses arrivent. C’est juste que cette fois ci, c’est allez trop loin et ça a dépassé les compétences de la police. Nous avons décrété ce mot d’ordre de grève, pour faire comprendre à nos autorités, le calvaire que nous vivons au quotidien. Les difficultés auxquelles nous sommes permanemment confrontés. Par jour, nous pouvons dépenser entre 500 et 1000 francs à chaque barrage. Il y en a à tous les points stratégiques de la capitale. Il est exact que ces jours de perturbations ont beaucoup pesé sur notre budget parce que, nous nourrissons nos familles au quotidien, avec les sous que récoltons au quotidien. Mais, il était important pour nous de nous faire entendre. »

Mah Kanté, vendeuse de légumes au grand marché de Bamako : « Cette grève nous a beaucoup trop pénalisée. Moi, j’habite à Sénou (environs 25 km du marché). J’emprunte tous les jours les sotramas. Mais malheureusement, ce mardi, il n’y avait aucun véhicule en ligne. Puisque je n’ai pas d’autre moyen de transport, je suis restée chez moi. J’ai perdu ma recette journalière qui s’élève à 15000 FCFA. C’est pas nous qui avons provoqué cet incident, les chauffeurs n’avaient donc pas à nous mêler dans leurs problèmes. Il est mort et c’est fini. La grève ne leur fera pas revenir leur camarade tout de même. Mais quelque part, on ne peut pas les blâmer parce que les policiers les fatiguent trop. A chaque fois, ils trouvent des défauts ou des soi-disant infractions commis par les chauffeurs. Ceux de sotramas en particulier. Il est temps que chacun prenne ses responsabilités et se mette en règle comme il se doit. »

Yoro Diakité, mécanicien au marché de Médine : « Malgré le fait que cette journée de grève ait réduit ma clientèle, j’estime que c’est tout à fait logique de la part des chauffeurs, d’avoir décrété cet arrêt de travail. Parce que, s’ils avaient continué à travailler. D’autres policiers auraient continué les mêmes bêtises. L’insécurité est grandissante à Bamako c’est vrai, mais ce n’est pas une raison de tirer sur un véhicule qui circule. Il aurait simplement pu faire comme à leur habitude, c’est-à-dire, prendre le numéro d’immatriculation de la voiture et le communiquer à ses collègues devant assurer la relève. Je ne trouve pas normal qu’un agent de police censé protégé la population, puisse tirer sur un citoyen. C’est incompréhensible. Par ailleurs, je demande à tous travailleurs de véhicules en commun, de se mettre en règle. Il faut qu’il se mettent en règle, mais aussi leurs véhicules. »

Assassinat d’un chauffeur de Sotrama ; La tension toujours vive entre policiers et chauffeurs

Le Républicain

24/02/2010

Hier mardi, des échauffourées ont encore eu lieu entre les policiers et des jeunes apprentis chauffeurs. Ces derniers ont érigé des barricades et brûlé des pneus le long des artères de la ville de Bamako. Ces événements font suite à l’assassinat d’un chauffeur de minibus Sotrama par un policier, le lundi 22 février 2010 entre 5 heures et 6 heures du matin. Plusieurs personnes ont été interpellées

Les messages d’apaisement des responsables syndicaux des chauffeurs diffusés dans la soirée du 22 février sur la télévision nationale n’ont pas calmé les ardeurs des chauffeurs de Sotrama. La journée du 23 février a également été déclarée journée morte par ceux-ci : les Sotrama ont été stationnés et les apprentis chauffeurs ne parlent que le langage de la violence. C’est surtout à la rive droite de la ville que ces manifestations ont largement été menées. De Sabalibougou à Faladié en passant par Daoudabougou, Quartier Mali, ou Baco-Djicoroni, des apprentis chauffeurs ont brûlé des pneus sur les rues pour exprimer leur indignation. Quelques cas similaires ont également été signalés à la rive gauche mais à une proportion largement inférieure à celle de la rive droite. Les forces de sécurité (police et garde nationale) sont intervenues pour disperser les manifestants avec des gaz lacrymogènes. Selon nos informations, au moins deux personnes ont été interpellées hier sur les lieux de la manifestation et conduites au 4ème arrondissement.

«Si nous sommes dans un Etat de droit, ce problème sera tranché», fulminent des chauffeurs tout en indiquant que cet incident est le comble de l’injustice quotidiennement perpétrée par les policiers. «L’information que nous voulons savoir avant de reprendre le travail, c’est de nous dire (officiellement) la manière par laquelle notre collègue a été tué et comment est-ce que le problème sera tranché»,  nous a indiqué Mohamed Kanté, responsable d’un comité syndical de chauffeurs. Pour lui, le moins que la police devrait faire, c’était de prendre l’immatriculation du véhicule du chauffeur fugitif et le déclarer aux différents niveaux de la circulation. Les chauffeurs nient la thèse selon laquelle le feu serait venu en premier lieu de l’apprenti qui accompagnait le chauffeur assassiné.

Rappel des faits

Selon les témoignages d’un responsable syndical des chauffeurs, une patrouille de la brigade anti-criminalité (BAC) de la police nationale a perçu deux véhicules Sotrama garés près du studio Lions Photo (centre ville). Les policiers se sont rapprochés des dits véhicules pour une vérification d’identité. Le premier chauffeur a offert son ‘‘cahier’’ et le second, dépourvu de cahier (son cahier aurait été confisqué par la police les jours précédents), a profité de la discussion avec le premier pour s’échapper avec son véhicule. Les policiers ont alors poursuivi le fugitif pour l’abattre à bout portant vers Mali-Mag (non loin de la Cathédrale).

Cette thèse est aussi soutenue par le directeur général de la police nationale, Niamé Keïta qui a ajouté que le coup de feu du policier est venu en réaction  à un autre coup de feu tiré de la Sotrama d’où est sorti un individu en fuyant.

Selon d’autres versions recueillies aux premières heures de l’après midi du 22 février, le chauffeur de Sotrama aurait refusé au niveau de la Tour de l’Afrique de Faladié (en commune VI) de se soumettre à une injonction  du policier chargé de la régulation de la circulation et du contrôle routier. Suite à ce refus, le policier aurait poursuivi le chauffeur de Sotrama et l’a sommé de s’arrêter. Il s’en est suivi une altercation entre les deux hommes et sous la menace du chauffeur, le policier aurait ouvert le feu.

L’événement a créé un vif émoi chez les chauffeurs et transporteurs qui ont aussitôt décrété un brutal arrêt de travail dès le début d’après midi du 22 février. Dans un communiqué rendu public, le gouvernement a présenté ses condoléances à la famille de la victime et «rassuré qu’une enquête est ouverte pour situer les responsabilité».

Le syndicat national des chauffeurs et conducteurs, aux dernières nouvelles,  a réaffirmé sa volonté de mettre fin à son mouvement de grève dans les plus brefs délais.

Seydou Coulibaly

Le drame s’est produit hier vers 5 heures aux environs de Malimag : Un chauffeur de Sotrama tué par balle par une patrouille de police

L’Indépendant

23/02/2010

Le chauffeur de Sotrama, Madou Coulibaly, a été tué par balle tôt dans la matinée d’hier lundi 22 février par une patrouille de police, aux environs de Malimag. Selon la version que nous a livrée le président de l’Association des jeunes chauffeurs du District de Bamako, Moussa Gadjigo, leur collègue ayant tenté d’éviter un contrôle de police, a été poursuivi et abattu à bout portant. Cette version est rejetée par le Directeur général de la police nationale, le Contrôleur général Niamé Kéïta, qui nous a déclaré  que le drame est survenu lorsque les policiers, voulant contrôler une Sotrama suspecte, ont essuyé un coup de feu venant du véhicule. Ils ont alors riposté et quand ils ont pu s’approcher dudit véhicule, ce fut pour constater que le chauffeur était agonisant. Il décèdera plus tard à l’hôpital Gabriel Touré. Quant à l’autre occupant, supposé être le tireur, il avait pris la tangente. Le décès du chauffeur a provoqué des heurts entre ses collègues furieux qui ont tenté de dresser des barricades et la police en divers points de la circulation routière.

Ayant appris la mort par balle d’un jeune chauffeur du nom de Madou Coulibaly, causée, hier à l’aube, par des éléments de la Brigade anti-criminalité en patrouille  au niveau de Malimag, nous avons approché le président des jeunes chauffeurs du district de Bamako,  Moussa Gadjigo, pour en savoir plus. Pour lui, il ne fait aucun doute : Madou Coulibaly a été purement et simplement victime d’une bavure policière. Voici sa version des faits.

 » Hier entre 5 heures et  6 heures du matin, notre collègue, Madou Coulibaly, comme à l’accoutumée, s’arrête non loin de la Cathédrale  pour faire le plein de passagers pour Sénou. N’ayant pas toutes les pièces du véhicule avec lui, il a tenté d’éviter une patrouille de police en démarrant  en trombe son véhicule. Il fut aussitôt poursuivi et rattrapé par les éléments de la patrouille qui ont tiré sur lui à bout portant. Il est mort au volant de son véhicule avant qu’il ne soit admis aux urgences de l’hôpital Gabriel Touré  » nous a précisé Moussa Gadjigo, très remonté.  Même son de cloche chez le président de la Fédération nationale des syndicats des conducteurs, Maharafa Touré:  » même si l’enquête  suit son cours,  nous sommes sûrs et certains que ce sont des policiers qui ont tiré sur notre collègues. Cet acte est inadmissible, car nous ne pouvons pas comprendre que ceux qui sont chargés de la sécurité des personnes et de leurs biens soient  les auteurs d’un acte aussi ignoble que    celui qui a coûté hier la vie à notre collègue Madou Coulibaly  « .

En tout cas, hier vers 17 heures 30 minutes à notre passage à la morgue de l’hôpital Gabriel Touré où nous avons pu apercevoir la trace d’une balle au niveau du dos du défunt, un des agents de la morgue nous confié que le corps de la victime a été admis à leur niveau hier vers 6 heures 8 minutes.

La nouvelle de la mort du jeune chauffeur de 27 ans, célibataire sans enfant,  aussitôt distillée  à travers à travers la capitale, a mis les chauffeurs des transports publics dans tous  leurs états. Ainsi, des heurts ont éclaté sur les artères principales du District entre policiers et chauffeurs. Conséquences : presque touts les hangars métalliques de la police disséminés dans les communes V et VI ont été détruits. Aussi, vers 17 heures 30 minutes, aucun de véhicules transports publics ( taxis, Sotrama, bus ) n’étaient visibles dans la circulation au niveau desdites communes.

Si le président de la Fédération nationale des syndicats des conducteurs, Maharafa Touré, attend la fin de l’enquête pour décider de quoi que ce soit,  en revanche, les  jeunes chauffeurs veulent que    les auteurs des actes qui ont coûté la vie à Madou Coulibaly soient immédiatement  arrêtés et traduits devant la justice.  » Sans cela nous allons paralyser les transports publics dans la capitale malienne  » menace  le président des jeunes chauffeurs.

Niamey Kéïta : les policiers ont riposté à un tir venant de la Sotrama

Pour faire notre religion de manière impartiale sur ce drame nous  avons jugé nécessaire d’entendre le Directeur  général de la Police nationale, Niamey Kéïta,  que nous avons rencontré, hier  en fin d’après-midi, dans son bureau. A l’entendre, c’est en réaction à un coup de feu tiré depuis la sotrama que la police a riposté en tirant, à son tour, en direction de ladite sotrama d’où est sorti un individu en fuyant. Le Directeur général de la Police nationale, Niamey Kéïta, a donné sa version en présence du Commandant de la Brigade anti-criminalité (BAC).

« Tout est parti d’une opération de classique de patrouille. Ce matin vers 5 heures (ndlr : hier), des éléments de la Brigade anti-criminalité voient une Sotrama garée dans l’obscurité dans les environs de Malimag. Cette zone est dans le collimateur des forces de sécurité puisque, régulièrement, des cas de vols y sont signalés. Le véhicule de patrouille ralentit et lorsque les policiers essayèrent de descendre, un coup de feu est soudainement parti alors qu’un individu, descendu de la Sotrama, prenait la fuite. Tout laisse à croire que c’est le fuyard qui est le tireur mais malheureusement, nous n’avons pas pu mettre la main sur lui. Et les impacts de balle sont visibles sur le véhicule. Naturellement, sachant que les occupants de la Sotrama  sont armés, les policiers, à leur tour, ripostèrent. Arrivés sur les lieux, les éléments constatèrent que le chauffeur était agonisant. Transporté d’urgence à l’hôpital, il décède des suites de ses blessures.

Il s’appelle Madou Coulibaly mais, au moment des faits, il n’avait pas de cahier pour le véhicule et lui-même n’avait ni permis de conduire encore moins une carte d’identité.

Les parents de la victime disent qu’ils s’en remettent à Dieu et l’enterrement aura lieu demain (ndlr : aujourd’hui), mais, les populations de Sénou, quartier où habitait le défunt, en représailles, ont saccagé le poste de police de Sénou. La police reste sur le qui-vive jusqu’à l’enterrement du défunt et même après s’il le faut. Et pour cela, des dispositions sont prises avec l’appui de la Garde et de la Gendarmerie nationales. Contrairement à ce qui se dit, l’incident n’est pas survenu suite à une course-poursuite car, en la matière, mes consignes sont claires et strictes. Lorsqu’un usager refuse d’obtempérer, on prend tout simplement les références de son véhicule. Donc, dans ces conditions, les courses-poursuites sont interdites tout comme l’usage des armes « 

~ par Alain Bertho sur 26 février 2010.

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