Emeute à Divo en Côte d’Ivoire – février 2010

>>les événements de 2006<<

Après deux jours d’émeutes – Notre reporter revient de Divo, ville meurtrie

L’expression

lundi 8 février 2010

L’intervention musclée des forces de l’ordre déterminées à réprimer les manifestations contre la radiation de 4000 personnes de la liste électorale provisoire, a laissé des traces indélébiles dans la cité du Djiboua. Des victimes reviennent sur ces folles journées.

Les chaudes journées des 2 et 3 février à Divo ont fait de nombreuses victimes. Parmi elles, les commerçants de l’ancienne gare de la compagnie de transport Mtt qui ont vu leurs magasins partir en fumée. Assis devant les décombres des 10 box, ils maudissent les forces de l’ordre qui y ont mis volontairement le feu, ruinant ainsi en quelques secondes plusieurs années de durs labeurs. Zerbo Bamogo, vendeur de carburant en détail, est au bord des larmes quand il relate ce qui est arrivé le mercredi. « Des manifestants avaient incendié des pneus sur la voie. Au moment où ils étaient en négociation avec le capitaine Danho Basile de la compagnie de gendarmerie pour évacuer les lieux, des renforts de police arrivés d’Abidjan font pleuvoir des grenades lacrymogènes sans sommation. Ces éléments des forces de l’ordre jettent les pneus enflammés sur nos magasins et menacent de tirer si nous tentons d’éteindre le feu qui ravageait nos biens », soutient le commerçant. Tenus en respect par les policiers de la Brigade anti-émeute (Bae), les propriétaires de ces magasins assistent impuissants à la destruction de leurs biens par les flammes. Ils estiment les pertes à plus de 20 millions Fcfa. « Nous n’avons plus rien. Plus grave, nous sommes endettés car il va falloir rembourser les motos en réparation », se lamente un mécanicien de deux roues. Ces pères de famille ne savent plus à quel saint se vouer. « Chaque matin, on vient regarder nos magasins brulés. Nous n’avons pas de soutien et ne savons comment faire pour nourrir nos enfants. Comment allons nous faire», s’interrogent toutes ces victimes de la barbarie policière. Les choses auraient tourné au drame si le poteau électrique en bois situé non loin des magasins avait pris feu, font remarquer les sinistrés. Leur douleur est plus grande d’autant qu’elles n’ont pas participé aux manifestants. « Nous n’avons rien à avoir avec cette marche. Nous ne nous mêlons pas de ces affaires », clament-elles. En représailles, les manifestants ont mis le feu au bureau des eaux et forêts qui se trouvent non loin des magasins brulés par la Bae. A côte des sinistrés, il y a les blessés qui portent les stigmates des évènements douloureux de ce début de mois. Koné Fatoumata dit avoir frôlé le pire avec l’intervention brutale des forces de police arrivées d’Abidjan. « Les policiers ont tiré à balles réelles et ont atteint grièvement Doumbia Mamadou, élève dans une école coranique », affirme cette mère de famille qui habite le quartier Dioulabougou. Selon ses propos, les Forces de défense et de sécurité (Fds) n’ont pas fait dans la dentelle. « Les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes dans la cour où nous nous sommes cachés. Ils voulaient nous tuer », accuse Koné Fatoumata venue témoigner spontanément. Ces accusations sont reprises par les habitants de Dioulabougou et Zamarabougou où la police s’est livrée à une véritable chasse à l’homme. Selon le président communal du Rassemblement des jeunes républicains (Rjr), Doumbia Moussa, ce sont au total 10 blessés qui ont été évacués à Abidjan dans un état grave. Ces victimes qui ont reçu des balles, ont été admises en soins intensifs dans les différents Chu de la capitale économique. Ouattara Seydou blessé par balle au bras gauche de même que Doumbia Mamoudou et Diakité Fodé sont hors de danger après avoir subi des interventions chirurgicales, soutient le responsable local des jeunes de la rue Lépic. D’autres blessés légers accusent les Fds d’avoir utilisé des grenades lacrymogènes « non conventionnelles ». « On sentait des brulures à la peau et aux yeux. Ces grenades sont très différentes de celles qu’utilisent habituellement les forces de l’ordre à Divo. On n’en avait jamais vu de pareil », indiquent des « gazés ». De nombreux blessés qui se sont présentés aux portes de l’Onuci pour recevoir des soins ont été refoulés, soutiennent des sources concordantes. « Ils nous ont dit de retourner au Chr car leurs installations ne peuvent pas accueillir les cas graves », affirment-elles. Ces informations sont confirmées par un membre du Bureau d’information publique de la cité du Djiboua. « Nous avons une infirmerie qui ne peut que s’occuper des cas légers alors les blessés présentaient des cas d’intervention chirurgicale», se défend notre informateur. Les populations du Djiboua sont encore sous le choc à la suite de l’intervention musclée des éléments de la police envoyés en renfort d’Abidjan. Elles craignent le pire lors des échéances électorales où la tension est plus vive.

Nomel Essis, Envoyé Spécial à Divo

Divo/Après deux jours d’émeute – Les blessés graves évacués sur Abidjan

news.abidjan.net

vendredi 5 février 2010

Après vingt quatre heures d’affrontements, le calme est revenu hier à Divo. La ville qui garde les stigmates de ces violences a commencé à compter ses blessés.

Après les deux jours de course-poursuite et de chasse à l’homme qui ont mis la ville de Divo à feu et à sang, la capitale du Djiboua se remet peu à peu de ses meurtrissures. Le procès de 4000 pétitionnaires soupçonnés d’avoir fraudé sur la nationalité ivoirienne est l’incident qui a failli faire basculer cette cité dans un cycle infernal de violence politique. Vingt quatre heures après cette journée de folie, la vie a repris son cours. Mais la ville garde encore les stigmates des affrontements. Un habitant de Divo qui a suivi les événements de bout en bout que nous avons joint hier, en fin d’après-midi, a indiqué que le marché, les commerces et les services ont rouvert et tournent à plein régime. La seule chose qui continue d’alimenter les conversations, c’est la situation sanitaire des victimes de cette barbarie. Me Coulibaly Soungalo, dépêché par la direction du Rdr, a effectué une visite, hier, dans cette ville pour faire l’état des lieux. Le bilan qu’il dresse est lourd. Même, si l’on n’a pas déploré de perte en vie humaine, le conseil du Rdr a révélé que 11 victimes dont la situation a été jugée critique ont été évacuées sur Abidjan et sont entièrement prises en charge par le Rdr. Selon des sources hospitalières, sur l’ensemble des blessés qui ont été transférés dans les différents établissements sanitaires de la ville, huit continuent de recevoir des soins intensifs. Plusieurs d’entre eux dont la situation a été jugée préoccupante par les toubibs ont été aussi évacués sur Abidjan. Ouattara Seydou, 36 ans, couturier qui a eu une plaie transfixiante du bras gauche par une arme à feu a été évacué dans un Chu à Abidjan par ses parents contre avis médical, précise le document de source hospitalière qui nous est parvenu. C’est aussi le cas de Doumbia Mamoudou, 26 ans, Diarra Mamadou, 20 ans, Diakité Fodé, 12 ans, tous atteints par balle, qui ont été aussi transférés dans des centres hospitaliers et universitaires d’Abidjan. L’agent de police Koffi N’Draman, 48 ans qui a fait une chute d’un véhicule d’intervention a été également admis au service de neurologie dans un des Chu d’Abidjan. Pour faire renaître l’harmonie entre les populations, Assamoi Florentin, premier secrétaire général de la préfecture de Divo, a organisé hier, à son cabinet, une réunion entre les responsables locaux des partis politique pour faire baisser la tension. Toujours selon notre source basée à Divo, dans la ville qui garde encore des stigmates des affrontements, les forces de l’ordre étaient encore visibles hier, à certains points stratégiques. Il s’agit du tribunal situé au quartier Plateau et du bureau du cantonnement des eaux et forêt qui a été entièrement calciné. Mais à en croire Me Soungalo, les affrontements se sont poursuivis tard dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon l’avocat du Rdr qui a reçu des témoignages de certains militants, il ressort que des gendarmes qui sont partis en renfort d’Abidjan et de Gagnoa ont fait irruption dans plusieurs domiciles du quartier Dioulabougou, tard dans la nuit de mercredi à jeudi. Selon plusieurs témoignages, ils ont terrorisé les habitants de ce quartier et ont même mis le feu à certaines boutiques pour faire porter le chapeau aux manifestants. A l’heure où nous mettions cet article sous presse, il nous est revenu que trois responsables locaux du Rassemblement des jeunes républicains (Rjr) qui ont dû fuir la ville pour sauver leur peau sont activement recherchés par la police. Il s’agit du nommé Koné Lassina, dit ‘’Bazo’’ délégué régional du Rjr, qui est considéré par les services de police comme le meneur de la fronde. Il y a aussi le président communal et les responsables de la sécurité du Rjr Divo qui sont aussi activement recherchés par la police.

Kra Bernard

24 heures après les événements sanglants à Divo : Sept blessés par balle admis au Chu de Cocody

Le Nouveau Réveil

vendredi 5 février 2010

La ville de Divo a connu des échauffourées le mercredi dernier. Et ce, suite à la gestion du contentieux de la liste électorale. En effet, plusieurs pétitionnaires ont vu leurs noms sur une liste qu’auraient dressée des responsables du Front Populaire Ivoirien (Fpi) pour être radiés de la liste électorale parce que n’étant pas de nationalité ivoirienne.
Les pétitionnaires qui ont manifesté devant le tribunal de Divo ont été repoussés par les Forces de Défense et de Sécurité (Fds). Qui ont parfois usé de balle réelle. Sept (7) personnes ont donc reçu des balles. Il s’agit de Komissoko Mamadou Lamine, Diarra Mamadou, Lamine Sylla, Ismaël Alassane (9 ans), Ouattara Seydou, Doumbia Mamoud, et de Gonou Moussa (15 ans) grièvement atteint par une grenade lacrymogène. Depuis hier, ces sept jeunes sont au 7 e étage du Centre Hospitalier Universitaire (Chu) de Cocody où ils occupent les chambres 10 et 13. « J’étais en train de calmer les manifestants lorsqu’un cargo de policiers est arrivé, et un élément a sorti son arme pour tirer sur mon épaule. Il y a eu beaucoup de blessés dans nos rangs. Et pourtant, nous ne nous sommes pas attaqués aux Fds » témoigne Ouattara Seydou depuis son lit, de la chambre 10. Au moment où nous quittions le Chu de Cocody, hier à 17 heures et demie, ces blessés attendaient toujours des soins.

Jules Claver Aka

Divo: Chasse à l`homme, hier, dans les quartiers : Quatre blessés graves

Le nouveau réveil

jeudi 4 février 2010

Depuis le samedi 30 janvier 2010, pour dénonciation calomnieuse, trois individus pour délit de patronyme ont été arrêtées par la brigade de gendarmerie de Divo à Hermakono-garo (40 km) de Divo, sur instruction, dit-on, du président du tribunal de Divo, Tibet Bi Foua Gaston. Selon les manifestants, des responsables de partis politiques dont ceux du Fpi, en la personne du Maire Assé Badja Camille et le député Jacob Akpalé auraient déposé une liste de trois mille six personnes (3.006) inscrites de façon irrégulière sur la liste des électeurs, dans le département de Divo. Cette infornation parvenue aux pétitionnaires inscrits sur la liste de ceux qui devaient être radiés ont décidé d’en découdre avec le président du tribunal de Divo. Ainsi sur quatre mille (4.000) dossiers, quatre cents (4.00) dossiers devraient être traités depuis le lundi 01 février 2010. Informés, les responsables locaux du Rdr en la personne de Koné Bazo, délégué régional, et Diallo Amadou nous ont joint pour nous faire cette confidence: » Au niveau du département de Divo, nous avons un peu plus de quatre mille pétitionnaires qui sont sur la liste que le Fpi veut radier. Les commanditaires sont le Maire Assé Badja Camille et le Député Akpalé Jacob. Ils ont, sur ordre du ministre Tagro, contourné la CEI pour induire le président du tribunal en erreur. Et, en bon militant Fpi, il s’est vu obliger d’obéir. Nous manifestons pour demander au président du tribunal Tibet Bi Foua Gaston de suivre la procédure normale. Et depuis le mardi 02 Février, nous avons rencontré le Secrétaire général de préfecture Assamoi Florentin qui, au nom du préfet Eleuthère-Pierre Logbo, nous a demandé de prendre patience. Malheureusement, sur dénonciation calomnieuse, trois des nôtres ont été arbitrairement mis en garde à vue à la brigade de gendarmerie de Divo. Pour le procès des pétitionnaires à radier, nous avons exigé que la liste de ceux qui doivent comparaitre soit affichée. Ce que les juges sont incapables de faire. Alors, nous, nous ne cèderons pas aux pressions d’où qu’elles viennent ». Nous ont confié les responsables politiques du Rdr. Le président régional de la Cei locale, M. Ouattara Zanga, dit ne pas se reconnaître dans cette mascarade, et de nous confier ceci: » J’ai reçu en même temps que des pétitionnaires qu’une certaine liste circulerait et serait déposée entre les mains du président du tribunal de Divo. Nous avons informé la tutelle. Et notre superviseur nous a demandé de rester calme et serein. Car pour lui, cette procédure contourne les règles et lois qui régissent la CEI. Et donc, la liste déposée au président du tribunal par le Maire Assé Badja Camille et le Député Jacob Akpalé ne sont objet d’aucune requête de la CEI. Nous sommes au regret de constater ce qui se passe ». Notons que pour la journée d’hier Mercredi 03 février 2010, il y a eu sur le théâtre des opérations deux (02) blessés dans le camp des policiers à savoir le Commissaire Ouattara Dongui du 1er Arrondissement qui a reçu un projectile et un de ses éléments qui a chuté du véhicule de la police en voulant lancer une grenade pour disperser les manifestants. Mais à toutes fins utiles, sachons que leur vie n’est pas en danger. Aussi, selon des responsables du Rdr qui nous ont joint au téléphone à 19 h 37 mn, la police se livrerait à une chasse à l’homme dans les quartiers Dialogue, Zermabougou et autres. Heureusement, disent-ils, la préfet de région Eleuthère-Pierre Logbo est arrivée pour calmer les velléités. On signale 4 blessés graves au niveau de la population dont 2 cas désespérant qui seront évacués sur Abidjan ce matin.

Côte d`Ivoire: échauffourées autour de la liste électorale à Divo (centre)

AFP

jeudi 4 février 2010

ABIDJAN – Des échauffourées ont opposé mercredi forces de l’ordre et manifestants protestant contre une éventuelle radiation d’habitants de la liste électorale, à Divo, (centre-ouest), avant un retour au calme jeudi, a-t-on appris de sources concordantes. Selon le Rassemblement des républicains (RDR) de l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara, candidat au prochain scrutin présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI) du chef de l’Etat Laurent Gbagbo avait saisi le tribunal de Divo pour obtenir la radiation de « 4.000 personnes » soupçonnées d’être des étrangers. Cette affaire a suscité des tensions qui ont débouché mercredi sur des affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, ont indiqué des témoins. Plusieurs personnes auraient été blessées, sans qu’il soit possible d’établir un bilan précis. Des « actes de vandalisme » ont également été commis contre des édifices publics, a déclaré à l’AFP Pierre Logbo, préfet de cette cité agricole située à 160 km au nord-ouest d’Abidjan. « Le calme est revenu » jeudi, a-t-il souligné, précisant qu' »un renfort des forces de police et de gendarmerie » était arrivé d’Abidjan. Les tensions se multiplient ces derniers jours autour de l’ouverture du règlement des contentieux sur la liste électorale provisoire fin 2009, des troubles ont notamment eu lieu à Katiola (centre) et à Man (ouest). Le RDR accuse le parti au pouvoir de mener via le recours aux tribunaux « une politique d’exclusion » des Ivoiriens originaires du nord, alors que la très sensible question de la nationalité reste au coeur de la crise ivoirienne. Le climat politique s’est tendu ces dernières semaines en Côte d’Ivoire, à la suite d’une polémique sur une présumée « fraude » à la commission électorale. Le scrutin présidentiel, reporté depuis 2005 et censé clore la crise née du coup d’Etat manqué de 2002, est attendu avant juin par l’ONU.

Affaire « 4.000 Affaire « 4.000 pétitionnaires menacés de radiation » menacés de radiation » : Divo paralysé hier

Nord Sud

mercredi 3 février 2010

La ville de Divo a connu une poussée de fièvre hier dans la mi-journée. A l’origine de cette tension, l’affaire des 4.000 pétitionnaires menacés de radiation de la liste électorale à la suite de dénonciations calomnieuses. C’est donc pour dénoncer les conditions dans lesquelles ce procès est engagé et se déroule que des manifestants ont entrepris tôt le matin de paralyser la ville de Divo. Par petites vagues, les manifestants ont convergé vers le siège du tribunal pour empêcher magistrats et avocats de travailler. « Nous avons assiégé le tribunal et puisque les 99% des personnes ont des noms à consonance malinké, vous pouvez imaginer qui étaient les marcheurs. Parmi les marcheurs, il y avait également les proches des personnes menacées de radiation », a raconté Diallo Amadou, délégué départemental du Rassemblement des républicains (Rdr) de Divo. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que les manifestants ont atteint leur objectif qui consistait avant tout à entraver la tenue des procès concernant les 4.000 personnes menacées de radiation de la liste électorale. « Le président du tribunal a fini par nous recevoir aux environs de 11 h 30 pour nous dire qu’il allait surseoir aux audiences jusqu’à nouvel ordre », a poursuivi notre interlocuteur, ajoutant que « c’est vers midi que les manifestants sont rentrés chez eux». Mais si on l’en croit, les manifestants ont promis maintenir ainsi la pression sur le tribunal jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée à cette affaire. « Cette affaire n’a rien de judiciaire puisque c’est le maire de Divo, Assé Badja Camille qui est à la base de la dénonciation. Nous allons donc maintenir les marches jusqu’à ce que les procès soient annulés et que les personnes arrêtées soient remises en liberté. Avec ce magistrat, on ne sait jamais », a ajouté M. Diallo. Le verdict des 400 pétitionnaires dont les dossiers sont passés hier devant la cour n’a donc pu être rendu. Pour sa part, l’avocat commis par le Rdr pour assurer la défense des personnes menacées de radiation a mis le cap sur Sinfra où d’autres procès l’attendent.

Radiation de 4000 personnes – Divo se rebelle contre Tagro et ses juges

L’expression

jeudi 4 février 2010

Divo était une ville morte hier. Les manifestations contre le magistrat ont fait deux blessés dans les rangs de la police.

Temps électrique hier à Divo. Les populations se sont encore une fois rebellées contre ‘‘l’arbitraire’’ du ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro. Elles ont manifesté pour dénoncer la décision du président du tribunal de juger à leur insu 4000 personnes inscrites sur la liste provisoire que le Fpi accuse d’être des étrangers. La Cité du Djiboua était une ville morte : les écoles ont fermé, les magasins ont baissé pavillon, les taxis n’ont pas roulé, le tribunal a été assiégé. Selon des sources concordantes, les grenades lacrymogènes tonnaient à 17 heures dans les quartiers Dioulabougou et Zamaramabougou où plusieurs personnes ont été arrêtées par les forces de l’ordre. « Les policiers se sont livrées à une véritable chasse à l’homme », soutient un habitant de Divo. Les affrontements ont fait deux blessés dans les rangs de la police déployée pour mâter les manifestants. « Le commissaire Ouattara Dongui du 1er arrondissement a reçu un projectile au front. Un autre policier qui tentait de lancer des grenades lacrymogènes est tombé du cargo. Il est grièvement blessé », indique une source digne de foi au téléphone. Ces manifestations, qui ont démarré mardi, marquent le ras-le-bol des populations contre le magistrat Tié Bi Foua qui a décidé de juger 4000 personnes accusées de fraude sur la nationalité par des militants du Fpi. « Le juge se comporte comme un militant du Fpi. Il a décidé de juger ces accusés sans qu’ils soient informés. C’est un viol de la procédure en vigueur », avait condamné le responsable du Rjr, Koné Lassina dit Bazo, au téléphone. Selon lui, les plaignants étaient présents alors que les accusés, qui portent tous des noms à consonance nordique, n’étaient pas informés du procès. « Ils sont accusés de fraude sur la nationalité à cause de leur patronyme. Les plaignants n’ont apporté aucune preuve pour montrer qu’ils sont des étrangers », s’est plaint le jeune républicain de la Cité de la panthère. Il s’étonne que le président du tribunal accepte de juger une affaire alors que c’est à la Cei de porter les cas de fraude sur le listing électoral devant le tribunal. « Il n’y aura pas de procès tant que la liste des accusés n’est pas affichée. C’est un préalable non négociable », avait mis en garde Koné Lassina. Depuis dimanche, trois ressortissants de Kouamékro : Touré Alidou, Koné Moussa et Bassamé Sylvain sont gardés à la gendarmerie de Divo pour, dit-on, fraude sur la nationalité ivoirienne. Mardi à Katiola, le président du tribunal a failli être lynché à cause de sa décision de radier 200 personnes sur la liste provisoire. Le magistrat a eu la vie sauve en se réfugiant dans le plafond de son bureau.

Radiation sur la liste électorale, chasse aux sorcières – Le Fpi veut brûler le pays

Abidjan.net

vendredi 5 février 2010

La Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie de l’ornière. Les voyants continuent de virer au rouge. Les échos qui nous parviennent des différentes régions du pays ne sont pas reluisants en cette période préélectorale marquée par la confection de la liste électorale. Le Fpi a lancé une opération d’épuration de la liste pour, dit-il, radier de cette liste toutes les personnes de nationalité étrangère qui se seraient fait enrôler. Comme il fallait s’y attendre, cette opération s’est muée en véritable chasse aux sorcières dans nos villages. Pis elle sème les germes du tribalisme au sein de la population. Dans plusieurs localités, des personnes au nom à consonance malinké ou Akan, sont traquées et même conduites devant les tribunaux pour une prétendue délit de fraude sur la liste électorale. Chaque jour, la presse nationale en fait l’écho. Man, Guiglo, Divo, Daloa, Bassam pour ne citer que ces villes-là, sont en ébullition à cause de cette mauvaise manœuvre du Fpi. Les différentes communautés seraient au bord de l’affrontement. Et cela n’émeut personne, même pas ceux qui disent gouverner le pays. D’ailleurs les Ivoiriens n’attendent rien d’eux puisqu’ils sont ceux qui attisent ce feu de la haine et de la division à cause de leurs intérêts politiciens. La fracture sociale, couronnée par la guerre n’a pas servi de leçon au Fpi. Sinon, il ne jouerait pas ce jeu dangereux. Si on n’y prend garde, ces frontistes pour le pouvoir, vont brûler le pays. Comment comprendre qu’on ressuscite de vieux démons après une crise qui d’ailleurs, n’a pas totalement dit adieu à notre pays ? Loin d’être des adeptes du scepticisme, les observateurs sont unanimes pour dire que l’avenir s’annonce sombre pour le pays si le camp présidentiel ne met pas un terme à cette opération « maudite » qui risque de mettre le pays dans une impasse. Les populations visées par cette chasse aux sorcières n’entendent pas se faire conter cette fois-ci. D’aucun annonceraient des ripostes à ces manœuvres du Fpi pour mélanger le pays et se maintenir au pouvoir.

Informations

Divo est une ville de la Côte d’Ivoire. C’est à la fois, une Commune, un chef-lieu de sous-préfecture et de département, mais également le chef-lieu de la Région du Sud Bandama.

Divo est une ville peuplée à l’origine par le peuple Djiboua dont la langue est le Dida. Le département de Divo a une population estimée à 387 000 habitants.

~ par Alain Bertho sur 5 février 2010.

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