Emeutes kurdes en Turquie – décembre 2009

Turquie : 15 jours, 11 morts et une impasse


mardi 22 décembre 2009

Durant ces deux dernières semaines, la Turquie a été une nouvelle fois ensanglantée en raison de l’absence de règlement de la «question kurde». Il ne s’agit malheureusement pas d’une première dans l’histoire récente de ce pays. Cependant, les récents événements sont un révélateur dramatique des relations politiques réelles en Turquie.

Ces événements sont avant tout notables en raison de la violence de cette «flambée» en comparaison avec la dernière période de relative accalmie. Ainsi on peut dénombrer 11 morts en 15 jours: à Istanbul des cocktails Molotov lancés par des jeunes militants kurdes lors d’émeutes urbaines causèrent la mort d’une passagère d’un bus public pris pour cible, un étudiant kurde manifestant a été tué (très vraisemblablement) par la police à Diyarbakır (principale ville du Kurdistan turc), dans la petite commune kurde de Bulanık (est du pays) un commerçant kurde tira sur des jeunes manifestants kurdes et causa 2 morts , une attaque armée d’un groupe lié au PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan, organisation armée kurde) a causé la mort de 7 soldats dans la province de Tokat (centre).

Les émeutes ont commencé avec la revendication de meilleures conditions de détention pour le leader détenu du PKK, Abdullah Öcalan, et ont continué avec la décision de la cour constitutionnelle turque d’interdire le DTP pour ses relations avec le PKK à l’issue d’un procès entamé il y a deux ans.

Une telle séquence ne peut être comprise que par rapport au projet «d’ouverture démocratique» du gouvernement visant la population kurde. Conscient du coût, dans tous les sens du terme, de plus en plus élevé du statu quo de la «question kurde» et alarmé par l’échec de son parti dans les zones kurdes du sud-est aux élections locales de 2008, le premier ministre Recep Erdoğan a été contraint de prendre cette initiative sans réel projet de démocratisation approfondie du pays tout en essayant de retirer seul les bénéfices escomptés d’une telle opération. Cette «ouverture» a donc été initiée sans prendre sérieusement pour interlocuteur la seule véritable force politique kurde: le PKK dirigé par Abdullah Öcalan. En effet, les partis kurdes n’ont pas de légitimité propre ou de réelle autonomie politique. Les jeunes émeutiers dans les rues sont avant tout des soutiens d’Öcalan.

Or, justement celui-ci soucieux de ne pas être mis sur la touche a cherché et, semble-t-il, réussi à faire la démonstrationde son rôle incontournable. Il s’agit du véritable enjeu des émeutes urbaines s’en prenant non seulement à la police ou à des symboles de l’Etat mais également des civils de passage ou à des commerces (y compris dans des communes kurdes) ainsi que de l’attaque de Tokat, une région non-kurde ne faisant pas l’objet d’affrontements et dont les victimes n’étaient que des jeunes appelés «de base» faisant leur service militaire.

Cette démonstration a été confortée, si nécessaire, par l’épilogue de la fermeture du DTP. Si ce parti a été immédiatement «remplacé» par un parti tenu en réserve pour cette éventualité, le BDP (Parti de la Paix et de la Démocratie), le sens de cette décision et l’interdiction d’activité politique pour ses deux co-présidents avaient dans un premier temps poussé la vingtaine de députés kurdes a annoncé leur démission du parlement. Or, finalement, ces députés ont renoncé à boycotter le Parlement, l’ex-co-président du DTP, Ahmet Türk, ayant clairement exprimé que ce revirement était ordonné par Abdullah Öcalan confirmant ainsi l’absence de « volonté » politique propre du DTP-BDP et répondant ainsi aux pressions diverses (particulièrement celui du patronat et du petit commerce kurde).

Les institutions turques et le PKK attisent une ethnicisation de la politique (avec un clivage turc/kurde) plus forte que jamais. D’une part, le racisme anti-kurde, l’oppression spécifique que subit ce peuple (malgré des évolutions récentes) ne peuvent être ignorés mais, d’autre part, les attaques de civils ou d’appelés faisant leur service militaire qui n’opèrent pas dans des zones de peuplement kurde endeuillent des familles du peuple et les rendent particulièrement réceptifs au discours nationaliste turc lourdement exploité par l’opposition parlementaire (extrême-droite et kémaliste). Ainsi, sans aucun cas nier la légitimité des revendications kurdes ni atténuer les exactions de l’Etat turc, il est impossible d’ignorer l’actuelle responsabilité de la direction du PKK cherchant à ne pas être mis hors jeu mais sans élaborer une alternative crédible ni avoir une politique de véritable rapprochement avec ce qui reste du mouvement ouvrier turc. La gauche, ultra-fragmentée, est incapable de répondre aux redoutables défis d’une telle situation.

Alors que les émeutes des jeunes kurdes continuaient, des ouvriers ayant perdus leurs emplois à la suite de privatisations manifestaient avec des drapeaux turcs tandis que les cheminots des grandes villes participaient à une grève très suivie. A aucun moment une jonction entre ces deux mouvements ne fut même envisagée, un résumé de l’impasse dans laquelle est engagée la Turquie…

Two killed in Kurdish demo in Turkey

By Mahmut Bozarslan (AFP) – 15 12 2009

BULANIK, Turkey — Two people were shot dead and several were wounded Tuesday during a Kurdish demonstration in southeastern Turkey on the fifth day of unrest triggered by a court ban on the country’s main Kurdish party.

The violence in Bulanik town, in the mainly Kurdish province of Mus, came after protestors attacked shops during a march to denounce the banning of the Democratic Society Party (DTP), the town’s mayor Ziya Akkaya told the NTV news channel.

A shopkeeper, armed with an assault rifle, opened fire on the crowd after the windows of his shop were broken and his vehicle was torched by the protestors.

Seven other people were wounded in the attack, the province’s deputy governor Ali Edip Budan told the Anatolia news agency, adding that the assailant was detained.

The protestors stoned shops and banks along the route of the march and harassed shopkeepers who had not closed their stores in protest at the ban on the DTP, media reports said.

Closing shops is a traditional Kurdish protest method against the state and shopkeepers who refuse to do so are said to come under pressure from militant Kurds.

Television footage showed a crowd of several hundred people marching through the town and some pelting an armoured police vehicle with stones.

Black smoke was seen billowing out of a bank and a shop the protestors had set fire to with petrol bombs along a street that was littered with broken glass and debris.

« All the necessary security measures are in place and there is no problem at the moment. Police reinforcements are on their way » from the neighbouring province of Bitlis, Budan said.

Police also imposed tight controls on those entering or exiting the town.

There have been daily protests in the southeast and east of Turkey — as well as major western towns with large numbers of Kurdish migrants — since Friday when the constitutional court banned the DTP.

The court said the DTP had become a « focal point of activities against the indivisible unity of the state, the country and the nation » through its links to Kurdish rebels waging a 25-year insurgency for self-rule in the southeast.

The ban undermined a government drive, launched in August, to expand the rights of Turkey’s estimated 12 million Kurds in the hope of ending the conflict with the rebel Kurdistan Workers’ Party (PKK), which has claimed some 45,000 lives.

The plan, which the government insists it will not abandon, has already triggered a nationalist backlash for granting specific group rights for Kurds, while Kurdish activists have deemed it inadequate.

The DTP has said its lawmakers would boycott parliament and would resign from their seats « as soon as possible » in protest at the verdict.

Under house rules, a lawmaker’s resignation needs to be approved by an absolute majority in the 550-seat general assembly and analysts say it is highly unlikely the ruling party would give its blessing to DTP resignations.

The party was left with 19 members in the legislature after two deputies, including party co-chair Ahmet Turk, were stripped of their seats as part of Friday’s ruling.

The DTP says it has « no organic links » with the PKK, but has refused to brand it a terrorist group as Ankara and most of the international community do.

The ban comes atop already high tensions amid violent street protests over claims of worsening prison conditions for jailed PKK leader Andullah Ocalan and a rebel attack that left seven soldiers dead.

2 Kurdish demonstrators killed in clash

By Ivan Watson and Yesim Comert, CNN

December 15, 2009

Istanbul, Turkey (CNN) — Tensions exploded during a violent demonstration in eastern Turkey Tuesday, resulting in the shooting deaths of two Kurdish demonstrators, an official said.

« They were throwing stones, » said Ziya Akkaya, the mayor of Bulanik from the recently banned Kurdish party known as the Democratic Society Party, or DTP. « Then this shopkeeper pulled out an automatic weapon and killed two people and wounded eight. »

After the shooting, » Akkaya told CNN, « the demonstrators burned the man’s shop. »

The alleged shooter has been detained by authorities, the semi-official Anatolian news agency reported. The dispatch said protesters were tossing stones and breaking windows in shops on the street, including the shop belonging to the alleged gunman.

The Mus Province governor’s office confirmed that the shooter’s shop was burned and that the atmosphere in Bulanik continued to be very tense.

Violent Kurdish demonstrations have erupted in towns and cities across Turkey for more then a week. Kurdish protesters have hurled stones and gas bombs, repeatedly clashing with Turkish riot police who have fired tear gas and water cannons, while making hundreds of arrests.

The tension was exacerbated by a decision last Friday, by Turkey’s highest court, to shut down DTP, the country’s main Kurdish nationalist political party, on grounds that it had become a « focal point for terrorism. »

On Monday, lawmakers from the DTP announced they would submit their resignations to the Turkish parliament.

The clashes have raised fears that the long simmering conflict between the Turkish state and Kurdish separatist rebels could re-ignite. More then 40,000 people, mostly ethnic Kurds, have been killed in the conflict, which has gone on for more then a quarter century.

The Kurds are Turkey’s largest ethnic minority, numbering more then 12 million. Turkish analysts fear the latest round of hostilities could derail government promises to relax tight restrictions on the use of Kurdish language in media and schools.

Street clashes in Turkey after Kurdish party banned

(AFP) – 13 12 2009

ISTANBUL — Turkish nationalists and Kurdish activists clashed in Istanbul Sunday, leaving at least one person injured from a gunshot during street battles, an AFP reporter said.

It was the third straight day of street violence after the constitutional court outlawed Turkey’s main Kurdish party, the Democratic Society Party (DTP), for links with Kurdish rebels who have led a 25-year insurgency in the southeast.

The unrest in central Istanbul, involving some 100 people, erupted following a Kurdish protest over the court ruling.

The demonstration had ended peacefully, but a group of Kurdish youths, some of them masked, embarked on a march, hurling petrol bombs and stones at shops, apartment buildings and cars.

They were confronted by a group of Turkish nationalists and local residents, armed with knives and sticks, and several with guns.

Gunshots were heard as the two groups attacked each other before riot police arrived, firing tear gas to disperse the crowd.

Angry protestors took to the streets also in Diyarbakir, the largest city of the Kurdish-majority southeast, hurling stones and fireworks at the security forces.

The police responded with pepper gas and water cannon. Several people were injured.

Paramilitary soldiers were called in to help the police in the town of Yuksekova, where protestors set barricades in the streets, officials said.

At least 15 people were detained in the two demonstrations.

In Hakkari, the authorities said they captured a demonstrator who had snatched a policeman’s gun in street clashes on Saturday.

DTP’s closure came atop already simmering tensions after Kurdish rebels killed seven soldiers in an ambush in northern Turkey Monday.

The rebels said the attack was a reprisal for the prison conditions of their jailed leader Abdullah Ocalan, which Kurdish activists claim have deteriorated, and the killing of a Kurdish student in demonstrations last week.

The mounting violence has overshadowed government plans announced in August to expand Kurdish freedoms in a bid to erode popular support for the rebels and end the conflict in the southeast, which has claimed some 45,000 lives.

Istanbul, Ankara: mass clashes between Turkish and Kurdish groups

Monday, December 14

Mass clashes erupted between police, Turkish nationalists and Kurdish protesters in Istanbul’s Beyoglu township late Sunday. Some 200 Kurdish protesters went to streets for a rally against ban on the leading Turkish pro-Kurdish Democratic Society Party. The protesters hurled stones and firebombs at Houses, cars and houses.

Groups of Turkish nationalists gathered at Beyoglu and attacked the protestors with knives, guns, and baseball bats. Police prevented these attacks, divided the warring sides and blocked the roads to Democratic Society Party’s office.

These protests and riots flopped over Ankara, where some 200 demonstrators hurled stones and firebombs at houses, cars, and shops. And as in Istanbul’s Beyoglu, the Turkish nationalist groups gathered here to attack the Kurdish protesters, but police prevented the conflict using tear gas.

The protests in Turkey began after the decision by Turkey’s top court to ban the main pro-Kurdish party ‘for its connection with the Kurdish rebels’.

Tension toujours vive dans l’est de la Turquie

fr.euronews.net

10/12/2009

Ce jeudi la ville de Van a été le théatre d’affrontements entre des partisans du leader du PKK emprisonné Abdullah Ocalan et les forces de l’ordre. Les premiers ont jeté des petards et des cocktails molotov. Les seconds ont risposté avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes.

Principale raison de ces violences, le transfert d’Abdullah Ocalan dans une nouvelle prison, où le chef du PKK a été mis à l’isolement. Arrêté en 1999 puis condamné à mort, sa peine avait été commuée en prison à vie en 2002.

Ce regain de violence survient alors que la Cour constitutionnelle turque a commencé mardi l’examen d’une demande d’interdiction du Parti pour une société démocratique, le principal parti kurde, accusé de liens avec le PKK.

Kurds riot in southeast Turkey ahead of trial

www.gulf-times.com

Monday7/12/2009

Reuters/Diyarbakir, Turkey

One man was shot dead yesterday in clashes between Turkish police and protesters in the largely Kurdish city of Diyarbakir in new tension ahead of a trial that may close the largest pro-Kurdish party.

Thousands of Kurds marched in the streets of southeastern Turkey’s largest city, throwing stones at security forces and pelting the ruling AK Party’s headquarters with rocks.

Hospital and security sources said a university student was shot dead at Dicle University campus. It was not clear who shot the student.

Demonstrations were also taking place in the neighbouring cities of Siirt, Mardin, Batman and Hakkari.

Tensions have risen in the past few days in southeastern Turkey as the Democratic Society Party (DTP) prepares for a hearing tomorrow in a court case that aims to shut it down for alleged links with a banned Kurdish separatist group.

The case could reignite ethnic tensions in the region where 40,000 people have died in violence since 1984 when the Kurdistan Workers Party (PKK) took up arms to carve out a homeland in Turkey.

Violence had eased in recent months as the government says it aims to boost rights for the Kurdish minority, Turkey’s largest at 12mn.

All but one of the DTP’s pro-Kurdish predecessors have been banned after similar court cases. The Peace and Democracy Party operates but has little power and no members of parliament.

The 21 DTP party deputies will resign from parliament if the party is closed, DTP’s Party Chairman Ahmet Turk said on Friday.

The EU has criticised the lawsuit against the DTP, warning Turkey that banning the party would violate Kurdish rights.

The government’s planned pro-Kurdish reforms include the creation of an independent body to investigate cases of torture by security forces in the southeast as well as further loosen restrictions on the Kurdish language.

Clashes erupt between Kurdish protesters, Turkish police

Sunday, December 6, 2009

Turkish police on Sunday clashed in the country’s Southeast with Kurdish demonstrators protesting the prison conditions of jailed Kurdistan Workers’ Party, or PKK, leader Abdullah Öcalan.

An estimated 15,000 protesters marched in the city of Diyarbakır, but clashes erupted when demonstrators threw stones and fireworks at anti-riot police who tried to block the march, an AFP correspondent on the scene reported.

Police used tear gas and water cannon to disperse the crowd. One protester and one police officer were wounded, according to local sources, who also said several people were arrested.

The Anatolia news agency reported that four police were injured in the clashes.

The demonstration was called by the Democratic Society Party, or DTP, to support Öcalan’s claims of poor treatment at the Imralı island prison, where he has been serving a life sentence since 1999.

The Justice Ministry published photos on Friday to show that Öcalan’s jail conditions were the same as those of other inmates in high-security prisons and said they met international standards.

Öcalan, 61, was the sole inmate at the prison on Imralı island until new prisoners arrived last month, after the Council of Europe’s Committee for the Prevention of Torture, or CPT, criticized Ankara for violating Öcalan’s human rights by keeping him in solitary confinement.

More demonstrations took place on Saturday in the southeastern town of Yüksekova where a 19-year-old suffered a serious head injury from a teargas grenade during clashes with police, and one officer was also injured, according to local security sources.

The PKK, considered a terrorist organization by Ankara and much of the international community, has been fighting the Turkish military since 1984 in a conflict that has claimed some 45,000 lives.

One dead as violence flares in Turkey protests

(AFP) – 6 12 2009

DIYARBAKIR, Turkey — A student was shot dead Sunday during clashes between Turkish police and demonstrators protesting at the prison treatment of the founder of outlawed PKK party, sources said.

An estimated 15,000 protesters marched in the city of Diyarbakir in the majority Kurdish southeast in support of jailed rebel leader Abdullah Ocalan, who founded the Kurdistan People’s Party.

Clashes erupted when some demonstrators threw stones and fireworks at riot police who tried to block the march, an AFP correspondent on the scene reported.

Riot police used tear gas and water cannon to disperse the crowd.

A 23-year-old student protester died from a bullet wound and two other people including a police officer were injured, according to local sources.

Security sources said in total one person was killed, three injured and 113 arrested across the region on Sunday.

The demonstration was called by the Kurdish Democratic Society Party to support Ocalan’s claims of poor treatment at the Imrali island prison, where he has been serving a life sentence since 1999.

Turkey’s justice ministry published photos on Friday to show that Ocalan’s jail conditions were the same as those of other inmates in high-security prisons and said they met international standards.

Ocalan, 61, was the sole inmate at the prison on Imrali island until new prisoners arrived last month, after the Council of Europe’s Committee for the Prevention of Torture (CPT) criticised Ankara for violating Ocalan’s human rights by keeping him in solitary confinement.

More demonstrations took place on Saturday in the southeastern town of Yuksekova where a 19-year-old suffered a serious head injury from a teargas grenade during clashes with police, and one officer was also injured, according to local security sources.

The PKK, considered a terrorist organisation by Ankara and much of the international community, has a waged a bloody insurgency for Kurdish independence since 1984 which has claimed some 45,000 lives

Kurdistan du nord : bilan des manifestations et des affrontements

http://www.hns-info.net

Mercredi 9 décembre 2009 par jesusparis

Les protestations contre la dégradation des conditions de détention d’Abdullah Öcalan sont allées plus loin dimanche. Alors qu’une personne a été tuée lors des manifestations à Diyarbakir, il y a eu également plus de 260 arrestations et des centaines de blessés à Mardin, Batman, Hakkari, Istanbul. Beaucoup de magasins restaient fermés en soutien à la protestation. Les attaques contre les manifestations étaient fortes.

BATMAN

A Batman, 80 % des magasins ont été fermés aujourd’hui en soutien à la manifestation. Devant les bureaux du DTP [1] se sont rassemblées plus de 10 000 personnes. La police a interdit toute manifestation. Pour protester contre cela un sit-in a été organisé. Comme les autorités n’étaient pas prêtes à autoriser la manifestation après une heure, les participant-e-s sont partis en manif spontanée. Avant que la manif ne commence, la police a attaqué avec des blindés, des canons à eau, des gaz au poivre, des gaz lacrymogènes et a matraqué les gens. A cause de cette attaque, beaucoup de gens ont été blessés et beaucoup ont été arrêtés.

DİYARBAKIR

A Diyarbakir, plus de 10 000 personnes se sont rassemblées devant un bureau de quartier du DTP. Plusieurs députés et maires ont pris part à la manif. Des drapeaux du PKK et des portraits d’Abdullah Öcalan ont été brandis. Un cortège de manifestants a été formé et a été stoppé après une courte distance. La police a jeté des grenades lacrymogènes dans le groupe. Pendant cette attaque il y a eu des affrontements lors desquels un étudiant, Aydin Erdem, a été tué par la police de trois coups de feu dans le dos. Un jeune de 17 ans a également été blessé par balles par un policier en civil. La police a utilisé des canons à eau contre les manifestants. La foule a répondu avec des cocktails molotov et des feux d’artifice. Le siège de l’AKP [2] a été attaqué avec des pierres et des cocktails molotov. Ici aussi la police a ouvert le feu et tiré en l’air. Le député du DTP Aysel Tuğluk a dit lors de l’attaque :  » Bien que nous ayons rencontré trois fois les responsables, ils se sont accomodés de la mort avec leur attaque. Ils ont aussi attaqué notre maire. Les revendications de la population sont claires, l’Etat devrait les prendre en considération. » Des recherches ont été commencées contre 98 maires du DTP et 10 directions de district par le ministère public général dans Diyarbakir parce qu’ils critiquaient la complication des conditions de détention dans Imrali et le retour à la torture.

ERGANI

A Ergani il y a eu aussi dimanche des actions de protestation. Des jeunes ont détruit un véhicule blindé de la police qui les attaquait avec des pierres et des coctails molotov.

ADANA

A Adana également, dans quelques quartiers, les magasins n’ont pas ouvert à cause de la manifestation. Un groupe de jeunes a construit des barricades et s’est affronté à la police. Les affrontements ont augmenté quand la police a attaqué avec des gaz lacrymogènes et des blindés. Les jeunes ont lancé des feux d’artifice et des cocktails molotov contre la police. Les affrontements se sont poursuivis dans de nombreux quartiers de la ville.

İSTANBUL

Un groupe armé de nationalistes turcs a attaqué le bureau local du DTP à Istanbul et a détruit ses vitrines. Ils ont crié des propos racistes antikurdes. La police a été appelée pendant une demi-heure par les personnes qui se trouvaient dans le bureau. Mais elle a refusé de venir. Les agresseurs, qui tiraient sur le local, criaient :  » ne laissez aucun kurde en vie ». Après que la populace se soit éloignée, les militants du DTP ont trouvé un grand nombre de douilles. La police n’est toujours pas apparue sur les lieux des faits. De plus, lors de la manif, 59 personnes ont été arrêtées et un jeune a été tabassé lors de son arrestation.

ŞIRNAK

A Silopi, une fillette de 5 ans a été renversée par un véhicule blindé de la police de type scorpion pendant une attaque de la police contre les manifestants.

AĞRI

Après que 28 personnes eurent été arrêtées lors d’une manif samedi à Doğubeyazıt, les magasins ont été fermés dimanche en guise de protestation. Ces dernières semaines 74 personnes, dont 42 enfants et jeunes, ont été arrêtées.

IĞDIR

La police d’Iğdır a réalisé un grand nombre de perquisitions. Il s’en est suivi l’arrestation de 5 jeunes de 15-16 ans qui avaient participé à la manif contre l’aggravation des conditions de détention d’Abdullah Öcalan.

MARDİN

A Nusaybın, région de Mardin, les magasins ont également été fermés pour protester. Le soir et la nuit, une manifestation a eu lieu avec des prises de parole pour le PKK et Abdullah Öcalan. La police a attaqué la manif avec des gaz lacrymogènes. Les manifestant-e-s ont réagit en lançant des pierres.

WAN

A Van 7 personnes ont été arrêtées lors de la manif, dont 4 placées en détention préventive sous le motif de « propagande pour une organisation interdite ».

HAKKARİ

A Hakkari il y a eu aujourd’hui également une manif qui a été attaquée par la police avec des grenades lacrymogènes. Les forces de sécurité ont tiré en l’air. Les manifestant-e-s ont répondu à l’attaque avec des pierres.

ŞEMDINLI

Après la visite des groupes de paix à la guerilla, une manifestation spontanée à Şemdinlin, région d’Hakkari, a eu lieu et a été attaquée par la police. Des policiers en civil, qui avaient été amenés sur les lieux en camion, ont frappé les manifestant-e-s avec des matraques. Jusqu’à maintenant 12 personnes ont été arrêtées.

MERSİN

A Mersin aussi il y a eu une manifestation, organisée par le DTP avec plusieurs centaines de participants, qui a été attaquée par la police. En réponse à l’attaque, des jeunes ont lancé aux flics des pierres et des cocktails molotov.

İZMİR

Dans le quartier de Karabağlar à Izmir, il y a eu une manif. Lors de celle-ci il y a eu des prises de parole en faveur du PKK et d’Abdullah Öcalan. La police a bouclé le quartier et a attaqué la manif avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Les manifestant-e-s ont répondu avec des jets de pierres et de feux d’artifice. 2000 personnes ont participé à une manif dans le quartier d’Asarlik. Elles portaient des drapeaux du PKK. Là aussi il y a eu attaque de la police et des affrontements. Dans le quartier de Kadifekale, il y a eu une tentative de manif, qui a été bloquée dès le départ par la police. Le rassemblement a été dispersé violemment par la police. Il y a eu 14 arrestations et, suite à des perquisitions de la police anti-terroriste, 11 d’entre-elles sont en détention provisoire, inculpées d’ « appartenance à une organisation illégale » et « dommage à la propriété publique ».

SİİRT

A Siirt, des milliers de personnes ont pris part à une manifestation. La police a attaqué la manif avec des grenades lacrymogènes et des coups de matraque. Il y a eu au moins 20 blessés et un grand nombre d’interpellations.

Traduit de l’allemand par Gachet, HNS-info

~ par Alain Bertho sur 9 décembre 2009.

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