Affrontements sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem – octobre 2009

Des heurts près de la mosquée Al Aksa à Jérusalem
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25/10/2009
– Les policiers israéliens ont fait usage dimanche de grenades assourdissantes contre des jeunes Palestiniens qui leur lançaient des pierres sur l’Esplanade des mosquées, dans la vieille ville de Jérusalem, rapportent des responsables israéliens et palestiniens ainsi que des témoins.
Le Croissant rouge palestinien a fait état de 18 Palestiniens blessés. La police a indiqué avoir eu trois blessés dans ses rangs. Le calme est revenu après plusieurs heures.
Des incidents similaires s’étaient produits sur le site il y a un mois, mais cette nouvelle flambée de violence ne semble pas présager une détérioration au court terme de la situation sécuritaire à Jérusalem.

Des Palestiniens s’étaient rassemblés sur l’esplanade à la suite de rumeurs selon lesquelles des extrémistes juifs allaient pénétrer dans les lieux.
Les forces de l’ordre, en tenue antiémeutes, ont procédé selon les autorités israéliennes à 15 arrestations, mais elles ne sont pas entrées dans la mosquée Al Aksa.
Nabil Abou Rdainah, porte-parole du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a condamné l’action des forces de l’ordre israéliennes et exhorté la communauté internationale à « faire pression sur Israël et prévenir toute tension dans la région« .
Des journalistes de Reuters ont été témoins de nombreuses violences : un jeune Arabe a lancé des pierres, des morceaux de ciment et des bidons d’eau du haut de toits d’habitations, sur des policiers qui avançaient dans les ruelles autour de l’Esplanade des mosquées.
Un feu s’est déclaré dans une rue et les agents israéliens ont dû rebrousser chemin. Des hélicoptères ont pendant un temps survolé le complexe des mosquées.
La mosquée Al Aksa se trouve sur le site sacré le plus conflictuel de la planète, que les Juifs nomment Mont du Temple et les Arabes Esplanade des mosquées ou Noble sanctuaire. Cette Esplanade comprend aussi le Dôme du Rocher, aussi appelé mosquée d’Omar, édifice du VIIe siècle.
La mosquée Al Aksa, qui date du VIIIe siècle, surplombe le Mur des Lamentations, principal lieu saint du judaïsme, qui serait une partie de l’ancienne muraille du second temple de Jérusalem, rasé par les Romains en 70 après Jésus Christ.
Quant au Dôme du Rocher, il s’élève à l’endroit où, selon la tradition, Abraham s’apprêtait à sacrifier son fils avant que sa main ne soit arrêtée par un ange. C’est là que le prophète Mahomet serait monté au Ciel.
Pour les musulmans, Haram al Charif (le Noble sanctuaire) est le troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine. Sa souveraineté est au coeur du conflit israélo-palestinien.

ACCUSATIONS MUTUELLES
Le Mont du Temple est le sanctuaire le plus sacré du judaïsme. Selon les Juifs, c’est à cet emplacement que le roi Salomon fit ériger le premier temple de Jérusalem voici 3.000 ans. Pour les chrétiens, Jésus avait prêché dans ce temple et en avait chassé les marchands.
Israël s’est emparé du site lors de la guerre des six jours, en 1967, et l’a annexé ainsi que le reste de Jérusalem-Est et certaines zones adjacentes de Cisjordanie.
Le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, a indiqué que les policiers avaient utilisé dimanche des grenades assourdissantes contre la foule et démenti les propos d’un responsable palestinien, Hassem Abdel Kadar, selon qui ils avaient eu recours à des gaz lacrymogènes et à des balles en caoutchouc, et qu’ils aient pénétré à l’intérieur de la mosquée Al Aksa.
Les autorités israéliennes accusent des responsables palestiniens d’avoir incité à des troubles sur l’Esplanade des mosquées ces dernières semaines. De leur côté, les autorités palestiniennes accusent les Israéliens de renforcer ces temps-ci leur emprise sur la vieille ville et, plus généralement, sur Jérusalem-Est (arabe).
On indique dans les milieux diplomatiques que les tensions sont montées aussi du fait de litiges entre organisations musulmanes qui fréquentent le site, certains dirigeants islamiques locaux défiant l’autorité des dignitaires en place.

Les mosquées Al Aksa et d’Omar sont administrées par un conseil islamique appelé Wakf. Le roi de Jordanie a quant à lui pour rôle d’entretenir les édifices.
En septembre, d’autres heurts sur l’Esplanade des mosquées avaient conduit la police à réduire l’accès à la mosquée Al Aksa pendant plusieurs jours, pendant des fêtes juives. Et en 2000, une visite d’Ariel Sharon, alors chef du bloc conservateur du Likoud, avait ravivé les tensions et débouché sur la seconde intifada.

Nouvelle journée de violences sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem

25/10/2009
De nouveaux heurts ont éclaté dimanche à Jérusalem entre fidèles musulmans et policiers israéliens, faisant des dizaines de blessés sur l’esplanade des Mosquées et autour de ce site sacré pour l’islam et le judaïsme, devenu une poudrière au coeur de la Ville sainte.
Le Croissant-Rouge a fait état de 24 blessés palestiniens. Selon la radio militaire israélienne, neuf policiers et un journaliste australien ont été légèrement blessés.
Un agent de sécurité israélien a par ailleurs été poignardé par une jeune Palestinienne au point de passage de Qalandiya, au nord de Jérusalem, entre Israël et la Cisjordanie.
La police a arrêté 19 manifestants, dont un ex-ministre palestinien chargé de Jérusalem, Hatem Abdelqader, appréhendé pour « incitation à la violence ».
Elle est intervenue deux fois sur l’esplanade pour disperser à coups de grenades assourdissantes des jeunes Palestiniens qui jetaient des pierres contre des visiteurs sur le site, selon des sources policières israéliennes.
Les troubles se sont poursuivis sporadiquement durant la journée, les manifestants jetant des pierres sur les forces de l’ordre des toits et dans les ruelles étroites, et incendiant des barricades.
Les manifestants avaient répandu de l’huile pour faire chuter les policiers, selon la radio israélienne.

En début de soirée, la police a affirmé avoir rétabli le calme après ces incidents, les plus graves depuis ceux de septembre à l’esplanade des Mosquées et dans certains quartiers arabes de Jérusalem.
Le commandant de la police, Dudi Cohen, avait averti que ses forces feraient preuve de fermeté « contre les fauteurs de troubles et ceux qui incitent aux violences ».
« La police affirme toujours que les croyants jettent des pierres, comme prétexte à ses attaques. Mais elle veut simplement justifier ses crimes », a accusé Kamal Khatib, porte-parole du Mouvement islamique arabe israélien, l’organisation en pointe lors des derniers incidents à Jérusalem.
L’Autorité palestinienne a exhorté la communauté internationale à « faire pression sur le gouvernement israélien pour qu’il mette fin à des actes de provocation ». « Jérusalem est une ligne rouge à ne pas franchir », a mis en garde un porte-parole.
Le Hamas a prévenu qu’Israël serait « tenu responsable de cette dangereuse agression qui porte atteinte à l’intégrité de chaque musulman ».
« Il s’agit d’un premier pas pour diviser la Mosquée Al-Aqsa, un prélude pour la démolir et édifier le Temple » juif, a affirmé à Damas, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal.
L’Organisation de la conférence islamique a condamné la « violation de tous les sanctuaires musulmans » par la police israélienne, tandis que la Jordanie se disait « profondément inquiète ».
Les patrouilles policières avaient été renforcées dans la Vieille ville après des appels récents de Palestiniens et d’Arabes israéliens à « défendre l’esplanade des Mosquées ».
Selon les médias israéliens, le mouvement ultra-nationaliste israélien « Eretz Israel Shelanou » (La Terre d’Israël est à nous), avait appelé à un meeting dimanche à Jérusalem pour « monter en ordre » vers l’esplanade des Mosquées.
« Le peuple juif doit se rendre au Mur des Lamentations et au Mont du Temple afin que ce site devienne un lieu de paix et de sérénité, et non pas de haine et de terrorisme », a expliqué son dirigeant, Yéhuda Glick.
Ce site, qui abrite la mosquée Al-Aqsa et le Dôme du Rocher, est le troisième lieu saint de l’islam après La Mecque et Médine. Il est aussi l’endroit le plus sacré pour les juifs qui l’appellent le Mont du Temple.
C’est une visite –perçue comme provocatrice– du chef de la droite israélienne de l’époque, Ariel Sharon, sur la même esplanade, qui avait déclenché la seconde Intifada, dite « L’Intifada d’Al-Aqsa », le 28 septembre 2000, et embrasé les territoires palestiniens.










