Emeutes post-électorales au Gabon – septembre 2009

6 septembre
Ali Bongo recourt à la force à Port-Gentil, foyer de la contestation
![]()
InternetActu | 07.09.09
Regards fuyants et hostiles, bruits étouffés, rues jonchées d’ordures et de carcasses de voitures calcinées, ruines de bâtiments encore fumantes : Port-Gentil s’est réveillée hagarde, dimanche 6 septembre, après sa troisième nuit d’émeutes postélectorales qui ont causé la mort de trois personnes, selon un nouveau bilan officiel.La capitale pétrolière du Gabon, petite ville aux allures coloniales avec son secteur européen et ses quartiers « indigènes » séparés par un boulevard, a des allures de cité fantôme. « D’un côté, la ville qui bouge, de l’autre la ville qui souffre », résume un Gabonais. Entre révolte politique et pillage crapuleux, les violences ont abouti à la mise à sac de près de la moitié de Port-Gentil.
Frondeuse, la cité qui a voté massivement pour l’opposant Pierre Mamboundou à la présidentielle du 30 août n’admet pas la victoire d’Ali Bongo. « Ali tricheur », proclament des graffitis à côté d’affiches électorales lacérées du fils Bongo. D’autres slogans reflètent une autre croyance fortement enracinée ici : le nouveau président ne serait pas « réellement Gabonais » mais il aurait été adopté, après sa naissance au Nigeria. Une fable, selon l’intéressé.
COUPÉE DU MONDE
A la fureur ambiante, à la peur engendrée par une violente répression, s’ajoute désormais une autre calamité, la faim. L’état de siège n’a pas été décrété, mais la deuxième ville du Gabon n’en est pas loin de facto. Dépourvue de toute liaison routière avec le reste du pays, elle est coupée du monde depuis la fermeture de son aéroport pour cause de troubles.
Dimanche matin, une vedette rapide en provenance de Libreville, premier service commercial depuis le début des émeutes, a débarqué quelques familles et des journalistes sur un quai presque désert, démentant les rumeurs d’un exode massif de la population.
Les commerces d’alimentation, la plupart aux mains d’étrangers, ont été pris pour cibles. Certaines rues du quartier populaire de Grand Village ne sont plus que des alignements de baraques démolies. « Les Libanais ont été visés systématiquement. Puis est venu le tour des Africains de l’Ouest, explique un habitant. Aujourd’hui, il est difficile de trouver un grain de riz. » La pénurie touche aussi le carburant, les cartes téléphoniques. Les prix des produits de base ont décuplé.
Sur dix boulangeries de la ville, deux seulement ont rouvert dimanche. La première est signalée par une interminable file d’attente placée sous la surveillance de militaires cagoulés. L’accès à la seconde est filtré par les gendarmes. « Tu as cassé, tu ne boufferas pas », dit s’être vu opposer un jeune en quête de pain.
« Ils veulent nous punir d’avoir voté pour le changement », analyse André Moukagni, premier adjoint au maire et responsable local de l’Union du peuple gabonais (UPG), le parti de Pierre Mamboundou. « Le pouvoir tabasse les gens la nuit, il ne fait rien pour rétablir l’approvisionnement », observe un autre habitant.
Les émeutes ont débuté le 3 septembre, peu avant l’annonce de la victoire d’Ali Bongo, au moment où s’est répandue la nouvelle des coups reçus par les leaders de l’opposition lors d’une manifestation à Libreville. Les violences qui ont suivi n’ont étonné personne. L’opposition, incapable de donner un contenu politique à la révolte des jeunes, avait, dans ses meetings de campagne, popularisé un mot d’ordre simple : « Si Ali passe, on gaspille [on casse]. »
Le premier réflexe des émeutiers a été de prendre d’assaut la prison. Puis, ils ont attaqué un commissariat pour y dérober des armes. Depuis lors, trois cents détenus et quelques armes à feu sont dans la nature. La nuit, défiant le couvre-feu, de petits groupes d’émeutiers – 600 jeunes au total, selon le ministre de l’intérieur – érigent des barricades et pillent. « Les autorités ont laissé faire pendant deux jours. Sans doute ne sont-elles pas mécontentes que le désordre s’installe dans la ville de M. Mamboundou », persifle un Français.
Mais la décision de Total de transférer vers Libreville les familles de ses salariés et la mise en sécurité d’autres employés sur des navires, en mer, a inquiété le régime et l’a incité à reprendre la situation en mains. Chacun garde ici la mémoire des émeutes dramatiques de 1990. La production pétrolière avait été stoppée, une mesure inadmissible pour un régime entièrement dépendant de cette manne.
« VOLEZ ! PILLEZ : LE NOUVEAU PRÉSIDENT VA REMBOURSER ! »
Dimanche, le ministre de l’intérieur, Jean-François Ndongou, s’est déplacé à Port-Gentil afin de réaffirmer l’autorité de l’Etat, menaçant d’instaurer l’état de siège si les violences se poursuivaient. « Nous n’allons pas offrir des denrées. Mais nous n’avons pas l’intention d’affamer la population », a-t-il ajouté.
Les violences, si elles ont un aspect crapuleux évident, ne se sont pas exercées au hasard. Tout ce qui symbolise le régime Bongo et ses relations avec la France a été visé. Depuis les supérettes Cécado, dont est actionnaire un dignitaire local du clan Bongo, jusqu’au consulat de France et aux installations de Total-Gabon (salle polyvalente, stations-service), une société dont Pascaline Bongo, sœur d’Ali, est vice-présidente.
Dans cette ville besogneuse et délaissée par les autorités – elle attend depuis vingt-cinq ans le pont qui la relierait à Libreville –, la débauche de moyens déployés par la campagne électorale d’Ali Bongo a exacerbé la colère. Outre les classiques T-shirts, le candidat du pouvoir distribuait des téléphones portables, des clés USB, des stylos et des lampes torche à son effigie.
« L’étalage de ces richesses acquises avec l’argent du contribuable a été insupportable, explique un cadre gabonais. D’autant qu’au même moment, les manifestations de l’opposition étaient systématiquement interdites. Les gens se sont dit que tout allait continuer comme avant. »
En inondant ses partisans de cadeaux et en promettant de transformer Port-Gentil en « petit Dubaï », Ali Bongo ne savait pas qu’il inspirerait l’un des cris de ralliement des émeutiers : « Volez ! Pillez sans vous arrêter : le nouveau président va rembourser ! »

Troisième nuit de violences à Port-Gentil

06 09 2009
De nouvelles violences ont éclaté samedi soir pour la troisième nuit consécutive à Port-Gentil, la capitale économique du Gabon. Dans cette ville où un couvre feu a été instauré de 20 heures à 6 heures, l’armée a dû faire usage de gaz lacrymogènes pour disperser des pillards à Matanda, un quartier populaire situé au sud de la cité.
D’autres pillards, ont été signalés à Salsa, un quartier à l’est de la ville. Ces groupes très mobiles ont installé des barricades sur les principales voies de Port-Gentil pour empêcher les véhicules des forces de l’ordre de circuler. Des affrontements ont aussi eu lieu dans des quartiers du centre-ville de Port-Gentil comme à Sindara, Cocotiers, et Quartier Chic.Un nombre important de militaires s’est également déployé au carrefour du Château où les violences de jeudi et vendredi avaient éclaté, selon la même source. Au moins deux personnes sont mortes depuis l’annonce jeudi de l’élection d’Ali Bongo à la présidence. Les violences post-électorales ont éclaté jeudi à l’annonce officielle de la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle du 30 août. La société pétrolière Total a organisé un «repli temporaire» de ses salariés basés à Port Gentil, dans l’ouest du Gabon, a déclaré à l’AFP une porte-parole du groupe.

Gabon: nouveaux pillages dans la nuit à Port-Gentil, alors qu’Ali Bongo lance un appel au calme

06.09.2009
De nouvelles violences ont éclaté samedi soir, pour la 3e nuit consécutive, à Port-Gentil, la capitale économique du Gabon placée sous couvre-feu. « Nous sommes en train de disperser des pillards », indique une source militaire. Des groupes de pillards ont en outre érigé des barricades sur les principales routes pour empêcher les voitures de police de circuler. Peu avant ces violences, le président nouvellement élu Ali Bongo a dit qu’il voulait « absolument » un retour à la normale. Même si le calme est revenu dans la matinée, de nombreux habitants ont commencé à quitter la ville. (SWISS TXT)

Gabon. Nouvelle nuit de violences, les habitants fuient Port-Gentil
dimanche 06 septembre 2009
De nombreux habitants de Port-Gentil (ouest du Gabon) quittaient dimanche matin leur ville, où un calme relatif régnait après de nouvelles violences survenues dans la nuit malgré le couvre-feu.
« Je préfère quitter Port-Gentil pour sécuriser ma famille », explique un homme rencontré à un débarcadère du sud de la ville où plusieurs centaines de personnes munies de légers bagages se pressaient pour prendre des pirogues.
Vols suspendus
Située sur la presqu’île de Mandji, à une centaine de kilomètres de Libreville, Port-Gentil n’est accessible que par bateau ou avion, aucune route ne la reliant au reste du territoire gabonais. Les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers la ville en raison des violences.
Selon plusieurs témoignages, l’exode a commencé depuis le 3 septembre, au premier jour des violences ayant suivi l’annonce de l’élection à la présidence d’Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo. Au moins deux personnes ont trouvé la mort dans ces violences.
Ne pas revivre les émeutes de 1990
« Nous partons pour éviter de vivre ce que nous avons vécu en 1990 », lorsque la ville a été théâtre de graves émeutes, pillages, incendies de bâtiments publics et privés après la mort suspecte d’un opposant originaire de Port-Gentil, a expliqué Virginie Koumba, une mère de famille.
En 1990, « nous avions connu les violences, la faim, le manque d’eau et d’électricité », ajoute Mme Koumba.
Plusieurs grosses pirogues à moteur, ayant chacune à bord des dizaines de personnes, quitter les embarcadères du Quai-Rivière et du port.
Calme relatif
Dimanche matin, le calme était revenu dans la ville, après des nouvelles violences pour la troisième nuit consécutive malgré le couvre-feu en vigueur de 20h à 6h.
Dans le centre-ville et certains quartiers périphériques, des barricades étaient toujours visibles. La circulation était très fluide et quelques résidents se déplaçaient à pied faute de taxis.
Total a fait évacuer vers la capitale son personnel basé à Port-Gentil
![]()
dimanche 06.09.2009
Après la mort de deux personnes à Port-Gentil, la capitale gabonaise Libreville était hier sous haute surveillance .
Deux personnes sont mortes lors des troubles qui ont suivi l’annonce jeudi de l’élection d’Ali Bongo à la présidence du Gabon. À Port-Gentil, où les deux hommes ont été tués par balle, le foyer Roger-Buttin, un centre social de Total au sud de la ville, a été incendié. Le toit du complexe et un mur porteur se sont effondrés.
La compagnie pétrolière a d’ailleurs organisé un « repli temporaire » de ses salariés basés à Port- Gentil vers la capitale et les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols vers cette ville inaccessible par voie terrestre.
Scrutin à un tour
Le président en exercice de la Communauté des États de l’Afrique centrale (CEEAC, dix pays), Joseph Kabila de la RD- Congo, a appelé les opposants contestant la victoire d’Ali Bongo à rester dans un cadre légal.
Ali Bongo – fils du président Omar Bongo Ondimba décédé en juin alors qu’il dirigeait le pays depuis quarante et un ans – a été proclamé vainqueur de la présidentielle à tour unique du 30 août (avec 41,73 % des voix). Son élection est contestée par deux autres candidats donnés favoris avant le vote et qui revendiquent la victoire.
Au lendemain de la proclamation de sa victoire par la Cour constitutionnelle, Ali Bongo a endossé hier ses habits neufs de président gabonais . C’est un match comptant pour les éliminatoires de la Coupe du monde de football 2010 qui lui a donné l’occasion d’investir ses nouvelles fonctions tandis que des soldats et des forces anti-émeutes avaient érigé un périmètre de sécurité autour du stade.
En France, l’opposition socialiste a reproché hier au gouvernement d’avoir pris parti dans les résultats de ce scrutin. •

Port-Gentil encore en proie à la colère
![]()
Des violences ont éclaté pour la troisème nuit consécutive dans la ville côtière, malgré l’appel au calme du président nouvellement élu Ali Bongo.
De nombreux habitants de Port-Gentil quittaient dimanche matin la ville, où un calme relatif était revenu.
La situation ne semble pas s’arranger au Gabon avec une troisième nuit consécutive de violences samedi soir à Port-Gentil, capitale pétrolière du pays. Ce, malgré l’appel au calme d’Ali Bongo, dont l’élection à la présidence contestée par ses rivaux a toutefois été saluée par le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Juste avant que n’éclatent les nouvelles émeutes, Ali Bongo avait déclaré qu’il souhaitait « absolument » que le calme revienne dans le pays. Placée sous couvre-feu après des violences post-électorales qui ont fait au moins deux morts depuis jeudi, Port-Gentil, dans l’ouest du Gabon, est devenue à nouveau le théâtre d’émeutes. Des groupes de pillards très mobiles ont installé des barricades sur les principales voies de Port-Gentil pour empêcher les véhicules des forces de l’ordre de circuler. Un nombre important de militaires s’est également déployé au carrefour du Château où avaient éclaté les violences de jeudi et vendredi.
Bongo sifflé
La société pétrolière Total a quant à elle organisé un « repli temporaire » de ses salariés basés à Port Gentil. Un exemple suivi par de nombreux habitants de Port-Gentil qui quittaient dimanche matin la ville, où un calme relatif était revenu. Les compagnies aériennes ont suspendu leurs vols en raison des violences et Port-Gentil, capitale pétrolière du pays, est inaccessible par voie terrestre.
Des observateurs redoutaient par ailleurs de nouvelles violences au Gabon après la défaite à Libreville de l’équipe nationale de football (2-0) contre le Cameroun sous les yeux d’Ali Bongo samedi soir. Le président a d’ailleurs été copieusement sifflé par les supporters. Toutefois, la capitale gabonaise a été épargnée par les violences et vers 22 heures, le calme régnait sur les grands axes de la ville.
5 septembre
Gabon: violences après la victoire de Bongo, deux morts, appel à la résistance
De Fanny PIGEAUD 5 sept 2009
LIBREVILLE — La situation restait tendue au Gabon, où deux personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle, contestée par l’opposition qui a appelé à « la résistance ».
Les deux morts se sont produites à Port-Gentil, capitale économique et deuxième ville du pays, où les troubles persistaient vendredi soir alors que le calme était revenu à Libreville.
« Mon frère, Mbadinga Boulingui, 33 ans, a reçu une balle dans la tête hier (jeudi) vers 16H00 (15H00 GMT) au quartier de La Balise alors qu’il tentait de rentrer chez lui. Il est décédé aujourd’hui vers 17H00 », a confié vendredi à l’AFP un habitant, joint au téléphone depuis Libreville.
« Juste au moment où j’amenais le corps de mon frère à la morgue, celui d’un autre homme, tué aujourd’hui (vendredi), a été amené », a-t-il ajouté.
Un élu national originaire de Port-Gentil a confirmé à l’AFP la mort de ces deux personnes.
Vendredi le commissariat du Château a été saccagé et brûlé par des manifestants, a constaté un journaliste de l’AFP. Les policiers ont fui et les pillards ont libéré les personnes qui s’y trouvaient en garde à vue, selon des témoignages concordants.
En fin de journée, quelque 250 personnes réparties en petits groupes mobiles ont pillé des commerces dans le quartier de Ngadi, au nord de la ville, selon le journaliste de l’AFP, qui a vu arriver vers 18H30 locales (17H30 GMT) deux véhicules des forces de l’ordre.
Le Foyer Roger Buttin, un centre sportif et social du groupe pétrolier français Total, au sud, était en feu, ont indiqué à l’AFP trois témoins qui ont préféré garder l’anonymat.
Le gouvernement a opéré un « renforcement des mesures de sécurité sur toute l’étendue du territoire gabonais », en attribuant « toutes compétences pour prendre les mesures » requises à des postes de commandement de crise « créés à cet effet », selon un communiqué diffusé jeudi.
Le gouvernement a aussi exhorté les forces de l’ordre à s’abstenir « de violences » dans leur mission et à « réagir avec fermeté et promptitude pour mettre fin au désordre et garantir la sécurité de tous ».
Dans un entretien publié par Le Monde, Ali Bongo, dont la Cour Constitutionnelle a confirmé vendredi l’élection, a appelé l’opposition à accepter « le verdict des urnes » et pointé ses « responsabilités » dans les troubles.
« La compétition est maintenant terminée. Le peuple gabonais ne peut pas être pris en otage », a ajouté le fils du président défunt Omar Bongo, élu, selon les chiffres officiels, avec 41,73% des suffrages pour un mandat de sept ans.
L’Union du peuple gabonais (UPG) de l’opposant Pierre Mamboundou, officiellement arrivé troisième (25,22%) à la présidentielle derrière l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame (25,88%), a appelé à « la résistance ».
« Face à l’oppression, l’UPG se prévaut de la déclaration universelle des droits de l’Homme qui, en pareille circonstance, légitime le recours à la résistance », a déclaré son porte-parole.
L’UPG a fait part de sa « grande préoccupation pour la vie de (son) leader », assurant n’avoir aucune nouvelle de lui depuis la dispersion, jeudi, d’un sit-in devant la commission électorale à Libreville.
Son entourage avait pourtant affirmé jeudi l’AFP à que M. Mamboundou était « en lieu sûr » mais qu’il avait été « blessé à la tête et à l’épaule ».
Dans un communiqué officiel, le gouvernement a indiqué vendredi soir qu’il « ne saurait tolérer la volonté de chaos qui anime certains candidats et leurs militants » qui voudraient « plonger le pays dans les abîmes d’une violence politique ».
Le ministre de l’Intérieur, également chargé de la Défense, Jean-François Ndongou, a déclaré par ailleurs que le Gabon n’avait « pas besoin » de « l’aide militaire de la France », qui y dispose d’un millier d’hommes.
Paris a de nouveau demandé à ses ressortissants d’éviter les déplacements et condamné les violences. « C’est aux autorités gabonaises d’apporter la sécurité dans le pays », a déclaré le porte-parole du quai d’Orsay Eric Chevallier, ajoutant que les militaires français restaient « mobilisés ».

Gabon: 2 morts dans les émeutes
![]()
AFP
05/09/2009
Au moins deux personnes ont été tuées à Port-Gentil, deuxième ville du Gabon, dans les violences post-électorales qui secouent cette cité depuis jeudi, a appris l’AFP hier auprès de la famille d’une victime et des témoins joints depuis Libreville. D’importants troubles se produisaient en soirée à Port-Gentil, la deuxième ville du Gabon, où des habitants entendaient de nombreux tirs lors de l’intervention des forces de l’ordre contre des pillards, un foyer social de Total, notamment, est en feu.

4 septembre
Port-Gentil s’enfonce dans la violence
![]()
Les incidents qui ont suivi la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle se poursuivaient dans la seconde ville du pays ou 2 personnes ont été tuées.
Dans la capitale Libreville, un calme précaire semblait revenu vendredi soir.
La situation restait tendue vendredi au Gabon, où deux personnes ont été tuées dans les violences qui ont suivi la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle, contestée par l’opposition qui a appelé à « la résistance« .
Les deux morts se sont produites à Port-Gentil, capitale économique et deuxième ville du pays, où les troubles persistaient vendredi soir alors que le calme était revenu à Libreville.Dans la ville côtière, le commissariat du quartier du Château a été saccagé et brûlé par des manifestants. Les policiers ont fui et les pillards ont libéré les personnes qui s’y trouvaient en garde à vue. En fin de journée, quelque 250 personnes réparties en petits groupes mobiles ont pillé des commerces dans le quartier de Ngadi, au nord de la ville qui a vu arriver deux véhicules des forces de l’ordre. Le Foyer Roger Buttin, un centre sportif et social du groupe pétrolier français Total, au sud, était en feu.
Le gouvernement a opéré un « renforcement des mesures de sécurité sur toute l’étendue du territoire gabonais », en attribuant « toutes compétences pour prendre les mesures » requises à des postes de commandement de crise « créés à cet effet« . Le gouvernement a aussi exhorté les forces de l’ordre à s’abstenir « de violences » dans leur mission et à « réagir avec fermeté et promptitude pour mettre fin au désordre et garantir la sécurité de tous ».
Gabon : trois stations Total attaquées
![]()
AFP
03/09/2009
Total a indiqué aujourd’hui que trois de ses stations-service avaient été endommagées ou pillées après les incidents qui ont suivi l’annonce des résultats électoraux au Gabon. Par ailleurs, « des manifestants se sont rapprochés de La Grande Concession, un bâtiment de Total Gabon à Port-Gentil, causant des dégâts matériels à proximité mais les bâtiments en eux-mêmes n’ont pas été endommagés », a expliqué une porte-parole.
Le groupe reste « vigilant sur la situation » pour assurer la sécurité de son personnel, a-t-elle dit, refusant de préciser les effectifs du groupe au Gabon. Selon le rapport annuel de Total Gabon, le pétrolier employait 461 personnes dans le pays au 31 décembre 2008.
Au Gabon, une nuit agitée à Port-Gentil

04/09/2009
Après une poussée de contestation provoqué par l’annonce des résultats de l’élection présidentielle jeudi 3 septembre, le Gabon a connu une nuit de violences et de pillages dans la nuit de jeudi à vendredi à Port-Gentil, pendant que le calme était revenu à Libreville
La situation demeure tendue au Gabon depuis la proclamation, jeudi 3 septembre au matin, de la victoire d’Ali Bongo aux élections présidentielles. Les émeutes qui avaient éclaté dès l’annonce des résultats dans la capitale économique du pays, Port-Gentil, se sont poursuivies dans la nuit du jeudi 3 au vendredi 4 septembre, en dépit du couvre-feu qui avait été décreté.
Des commerces ont été pillés et des stations-essence détruites dans la plupart des quartiers périphériques de la cité portuaire. Ces exactions ont été commises par plusieurs groupes de pillards actifs jusqu’au petit matin. Selon le commissaire du commissariat central de police de Port-Gentil, vingt-trois personnes, dont un Camerounais, ont été interpellées dans la nuit, et, selon le poste de commandant mixte de la ville, une trentaine d’autres émeutiers, âgés de 14 à 30 ans, ont été également arrêtés.
« Tous les commerces fermés »
Vendredi matin, la situation semblait trouver un début d’apaisement. Les quartiers résidentiels et le centre-ville étaient sécurisés, et les forces de l’ordre effectuaient des patrouilles dans l’ensemble de la ville. Cependant, la vie était loin d’avoir retrouvé son cours normal. La circulation dans les rues de la ville était extrêmement réduite, aucun taxi n’était visible, et tous les commerces étaient fermés. En revanche, le calme régnait vendredi matin à Libreville.
Réagissant aux événements observés depuis l’annonce des résultats, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a précisé que la France ne prévoyait pour l’instant « pas du tout d’opération de rapatriement », mais que « tout est prêt pour la faire éventuellement ». Jeudi 3 septembre, des opposants, qui accusent Paris d’avoir soutenu Ali Bongo, s’en étaient pris aux intérêts français, notamment à Port-Gentil, où le consulat de France a été incendié, et où des installations des groupes industriels Total et Schlumberger on été prises pour cibles.
« La France n’a pas de candidat »
Bernard Kouchner a également précisé que la France acceptera le résultat de l’élection présidentielle, une fois les éventuels recours examinés. « Il y a eu à peine de retard dans la préparation et le déroulé des élections, tout ça s’est fait au grand jour, la France n’est pas intervenue, la France n’avait pas de candidat, la France n’a pas de candidat », a-t-il expliqué. Le scrutin a été très surveillé et les missions d’observation se sont dites « satisfaites », a-t-il encore ajouté.
Néanmoins, il a rappelé que la victoire d’Ali Bongo, fils du défunt président Omar Bongo, n’était pas encore définitive puisque des recours peuvent être déposés devant la Cour constitutionnelle du Gabon. Selon des résultats officiels, Ali Bongo, 50 ans, a remporté l’élection à un tour du 30 août avec 41,73% des suffrages, devant l’ex-ministre de l’Intérieur André Mba Obame (25,88%), et Pierre Mamboundou (25,22%).
La France, ancienne puissance coloniale, dispose d’un millier de militaires au Gabon, et environ 10.000 Français y sont établis.

Gabon : de nouvelles violences cette nuit

04.09.2009
De nouvelles violences et des pillages se sont déroulés dans la nuit de jeudi à vendredi à Port-Gentil, la capitale économique du Gabon, malgré le couvre-feu instauré jusqu’à dimanche. Des commerces ont été pillés et des stations-essence détruites dans la plupart des quartiers périphériques de la cité portuaire par plusieurs groupes de pillards.
Vingt-trois personnes, dont un Camerounais, ont été interpellées dans la nuit, a déclaré à l’AFP le patron du commissariat central de police de la ville, le lieutenant-colonel Nguima Mambinga. Et selon le poste de commandant mixte de Port-Gentil, une trentaine d’autres émeutiers, âgés de 14 à 30 ans, ont été également arrêtés.
Les Français contraints de rester chez eux
Alors qu’Ali Bongo a été officiellement déclaré vainqueur de l’élection présidentielle au Gabon, les incidents visant la France se sont multipliés jeudi. Le consulat général de France de Port-Gentil (sud-ouest) a été incendié en début d’après-midi par des partisans de l’opposition. Trois femmes auraient été blessées autour du consulat. Parmi elles, une employée du groupe franco-américain Schlumberger a été «sérieusement blessée» indiquait à l’AFP un porte-parole du groupe pétrolier. Cette employée – de nationalité polonaise – était «en cours d’évacuation pour recevoir des soins» dans l’après-midi. Ses jours ne sont pas en danger.
Des troupes françaises du 6e Bataillon d’infanterie de marine ont pris place devant le consulat de France où la situation était redevenue calme en fin vers 18 heures. A la mi-journée, la France a néanmoins appelé ses ressortissants à ne pas sortir de chez eux.
Des scènes de pillage ont également été signalées dans plusieurs magasins du centre-ville de Port-Gentil, seconde ville du pays, située à une centaine de kilomètres de la capitale Libreville. Ont notamment été touchés les échoppes attenantes au grand supermarché situé près du consulat.
La France prise pour cible
Les manifestants qui s’en sont également pris aux commerces d’immigrés ouest-africains dans le quartier ont joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre tout l’après-midi. Trois stations service Total de la ville ont par ailleurs été pillées ou endommagées. Des manifestants ont également causé des dégâts à proximité d’un bâtiment Total. Le groupe reste «vigilant sur la situation» pour assurer la sécurité de son personnel, a indiqué une porte-parole du groupe. Près de 460 personnes sont employées par le groupe pétrolier au Gabon.
Agé de 50 ans, Ali Bongo, fils du président défunt Omar Bongo a remporté l’élection anticipée du 30 août avec 141 952 voix, soit 41,73% des suffrages, selon le ministre de l’Intérieur Jean-François Ndongou. Il devance l’ancien ministre de l’Intérieur André Mba Obame, qui a obtenu 88 028 voix et 25,88% des suffrages, et l’opposant historique Pierre Mamboundou, qui a recueilli 85 797 voix et 25,22% des suffrages. La Cour constitutionnelle doit encore valider le résultat du scrutin. Au total, 357 402 des 807 402 inscrits ont voté, selon les chiffres donnés par le ministre. Les adversaires d’Ali Bongo revendiquaient la victoire, estimant son élection impossible.
Ali Bongo officiellement élu
Peu après la proclamation de ces résultats, des incidents se sont également produits dans le centre de Libreville, la capitale. Dans le quartier Plein-Ciel (Nord), des carcasses de voitures étaient visibles sur la voie expresse qui ceinture la ville, tandis que des jeunes tenaient des discours hostiles à Ali Bongo et à la France, accusée d’avoir «imposé» aux Gabonais le fils du président Omar Bongo Ondimba, décédé en juin, après 41 ans de pouvoir. «Les Blancs, on va les tuer !», «On en a marre de ces Français, il faut les chasser, les tuer !», menaçaient-ils. Les entreprises françaises implantées au Gabon représenteraient 35% de l’économie.
Pierre Mamboundou, candidat malheureux à l’élection présidentielle aurait été blessé par des policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser un rassemblement de l’opposition devant le siège de la Commission électorale.
Des «incompréhensions» au sein de la commission électorale
Ali Bongo a promis jeudi d’être «le président de tous les Gabonais» dans un discours prononcé peu après l’annonce de son élection. Mais un conseiller du candidat André Mba Obame a affirmé qu’il ne reconnaissait pas le résultat, précisant que ce dernier était «en sécurité dans un lieu tenu secret».
Le retard qu’a pris la proclamation du vainqueur a été justifié par «une certaine difficulté à s’accorder sur la procédure de validation des résultats» entre les membres de l’assemblée plénière de la Commission électorale nationale autonome et permanente (Cénap), a déclaré son président René Aboghé Ella, à la télévision publique RTG1. Attendue dans la soirée de mercredi, la proclamation avait ensuite été repoussée à 3 heures, heure française. Par la voix du secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet, la France avait «appelé au calme», demandant aux candidats de «respecter ce qui va être dit par la commission».
Soucieuse de protéger ses ressortissants, la France assure n’avoir soutenu aucun candidat, ni préféré le fils Bongo à ses adversaires. «La France n’est pas intervenue, la France n’avait pas de candidat, la France n’a pas de candidat», a encore martelé ce matin, sur l’antenne de RTL, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Mais au Gabon, la visite, l’an dernier à Paris, d’Ali Ben Bongo, reçu par Nicolas Sarkozy et Claude Guéant, avait un peu plus accrédité les liens du futur président avec la France, pays où «Baby Zeus» a passé une partie de sa jeunesse et fait toutes ses études.

3 septembre
Gabon : Libreville verrouillée, Port-Gentil en surchauffe

3 septembre 2009
Après la déclaration des résultats de l’élection présidentielle gabonaise du 30 août dernier, de nombreuses échauffourées ont éclatées dans les deux principales villes du pays, Libreville, la capitale administrative, et Port-Gentil, la capitale économique. L’armée et la gendarmerie ont rapidement maîtrisé la situation à Libreville et depuis 13 heures, la ville est totalement vide, quadrillée seulement par les forces l’ordre. Port-Gentil, par contre, a connue ses plus violentes émeutes depuis les événements de 1990.
L’annonce de la victoire d’Ali Bongo Ondimaba avec 41,73% des voix et la défaite cuisante de ses opposants, ceux-ci ne récoltant que 25,88% pour André Mba Obame et 25,22% pour Pierre Mamboundou, a déclenché la colère des militants des deux opposants. A Libreville, des incidents se sont produits dans au moins deux quartiers populaires. A Plein-Ciel (nord), des carcasses de voitures calcinées étaient visibles sur la voie expresse, qui ceinture la capitale, ont constaté des journalistes de l’AFP. Des jeunes tenaient des discours hostiles à Ali Bongo et à la France, qu’ils ont accusée d’avoir « imposé » aux Gabonais le fils du président Omar Bongo. A Nkembo (est), « des gens cassent ce qui peuvent », a affirmé par téléphone à l’AFP Benjamin Ngouan, un habitant du quartier. Nos correspondants dans ces quartiers nous confirment qu’ils sont confinés chez eux et que l’armée leur “conseille“ fermement de ne pas sortir.
Plus tôt dans la matinée, la tension était montée d’un cran avec la dispersion brutale du sit-in de l’opposition place du 12 Mars, face à l’entrée de la Cité de la Démocratie où siégeait la Cenap. À cette occasion, la plupart des leaders de l’opposition, présents sur place depuis la veille au soir, ont été blessés dans la bousculade. Bien qu’il soit impossible pour le moment d’obtenir des nouvelles sur la santé de ceux-ci, on sait que Pierre Mamboundou, «blessé à la tête et à l’épaule est en lieu sûr», par son entourage qui dit préparer une déclaration. André Mba Obame aurait lui aussi été brutalisé, ainsi que Zacharie Myboto. Ces informations n’étant pas confirmées sont à prendre avec circonspection. Il est en effet très difficile de se déplacer dans Libreville et les informations obtenues par téléphone sont souvent hautement fantaisistes.
Le clan du l’ex-ministre de l’Intérieur ne reconnait pas le résultat officiel du scrutin, affirme à l’AFP un de ses conseillers. «Le procès-verbal de la Cénap (Commission électorale nationale autonome et permanente) n’a pas été signé par les représentants de l’opposition», ajoute-t-il. «Le procès-verbal (des résultats) lu par le ministre de l’Intérieur (Jean-François Ndongou) n’est donc pas légal», poursuit-il, indiquant qu’André Mba Obame était «en sécurité dans un lieu tenu secret».
Les troubles à Libreville n’ont pas duré très longtemps, rapidement réprimés par les forces de l’ordre. Ils se sont limités à quelques quartiers populaires et on ne cite aucune victime, pas même du côté des manifestants.
À Port-Gentil, des manifestation ont commencé pensant même la lecture des résultats par le ministre de l’Intérieur. Voyant que leur candidats allait perdre, des militants de l’UPG, le parti de Pierre Mamboundou au sein de l’ACR, sont sorti dans la rue et ont attaqué la prison de Port-Gentil, libérant les prisonniers avant de se diriger vers le centre, où des barricades ont été dressées avec des carcasses de voitures. Peu après, La chancellerie détachée de la France à Port-Gentil a été incendié. Selon l’AFP, des éléments de l’armée française ont pris position au Consulat de France de Port-Gentil, incendié par la foule dans la matinée. Total et Schlumberger auraient aussi fait l’objet d’attaques. Une employée du groupe franco-américain Schlumberger, de nationalité polonaise, a été «sérieusement blessée» à la suite de manifestations à Port-Gentil, indique à l’AFP un porte-parole du groupe de services pétroliers. «Elle est en cours d’évacuation pour recevoir des soins mais ses jours ne sont pas en danger», précise-t-il. En dépit de l’intervention des forces de l’ordre, la situation demeurait extrêmement tendue toute l’après-midi. Les boxes de petits commerce attenant au grand supermarché à proximité du consulat ont aussi été pillés. Les manifestants, qui s’en sont également pris aux commerces d’immigrés ouest-africains dans le quartier, jouaient au chat et à la souris avec les forces de l’ordre.
Antoine Lawson, journaliste gabonais à Libreville, attend de voir comment les choses vont évoluer. Il explique à 20minutes.fr: « Je suis allé voir les lieux stratégiques de la ville, où pourraient commencer les débordements. Ils sont quadrillés par la police anti-émeutes. Pour le moment, les deux autres candidats n’ont pas fait de déclarations officielles. Les choses vont certainement monter en puissance à ce moment là. On pourra voir la tendance des réactions à la fin de l’après-midi. » Cependant, rien n’a filtré jusqu’à 18 heures et il est peu probable que les opposants s’expriment publiquement avant vendredi matin.
Le tout nouveau président a prononcé un discours peu après l’annonce de sa victoire. «En ce qui me concerne, je suis et je serai toujours le président de toutes les Gabonaises et de tous les Gabonais. (…) Je suis et je serai toujours au service de tous sans exclusive», déclare Ali Bongo, 50 ans, à son quartier général de campagne, près du centre-ville de Libreville. «A tous les électeurs dont je n’ai pu bénéficier des suffrages, je voudrais qu’ils soient profondément rassurés de ce que je n’en éprouve et n’en éprouverai aucun ressentiment à leur égard», poursuit-il.

Depuis son quartier général de campagne, à Libreville, il a exhorté ceux qui contestent sa victoire à l’élection présidentielle gabonaise d’accepter le verdict des urnes et à ne pas la contester dans la rue. « La compétition est maintenant terminée. Il existe des instances pour les recours », a-t-il confié. « C’est devant ces instances que doivent se tourner ceux qui ont des réclamations à faire ». Pour lui, « le peuple gabonais ne peut être pris en otage, le peuple gabonais ne doit pas être exposé et personne n’a le monopole ni du peuple ni de la rue ». Et de poursuivre à l’adresse des opposants, « tout ce que je peux suggérer, c’est que chacun accepte le verdict. S’étant prêté au jeu, connaissant les règles du jeu à l’avance, chacun doit accepter le verdict des urnes ».
Faute de moyens de communication, en dehors des télévision et radio d’État qui restent muettes sur la situation, les rumeurs les plus folles circulent dans la ville par le biais des téléphones portables. Fermés depuis le matin, la plupart des magasins ont toutefois prévu leur réouverture vendredi matin.
La victoire d’Ali Bongo saluée par des émeutes au Gabon
![]()
03 septembre 2009
Sitôt les résultats du scrutin de dimanche dernier connus et Ali Bongo Ondimba proclamés élu avec 41,73% contre un peu plus de 25 % pour l’opposant Pierre Mamboundou,les partisans de ce dernier ont attaqué la prison , libéré les détenus de la capitale économique et érigé les barricades dans le centre ville
En milieu d’après-midi , les Forces des Polices nationales ont dépêché sur place un hélicoptère pour sécuriser , entre autres, le Consul de France dans cette ville .
Le spectre des années 90 plane donc sur ce fief de l’opposition. La seule différence se trouvant dans la dénomination du leader. Hier c’était Pierre-Louis Agondjo. Aujourd’hui c’est Pierre Mamboundou qui cristallise la situation.
Dans les deux cas de figure,Port-Gentil est la ville martyre.
Nul doute que Gouvernement qui s’est réuni en Conseil ce jour décrété des mesures de sécurisation de biens et des personnes .Comme en 90 .
Le ministre de l’Intérieur Jean François Ndoungou vient d’annoncer les résultats de l’élection présidentielle de dimanche dernier, Ali Bongo Ondimba tire le jack pot avec 41,73% des suffrages tandis que l’ancien ministre de l’Intérieur et candidat indépendant André Mba Obame caracole à 25,88%, avec la particularité d’être majoritaire à la capitale, le leader de l’UPG Pierre Mamboundou bouclant le trio de tête avec 25,22%
La proclamation des résultats a nécessité deux heures de lecture au ministre Jean François Ndoungou. Ali Bongo Ondimba est donc à 50 ans, le nouveau président de la République et succède à Omar Bongo Ondimba, mort à Barcelone en juin dernier.
Ainé des garçons d’une descendance pléthorique, prénommé Alain à sa naissance à Brazzaville, puis Ali Ben depuis la conversion de son défunt père à l’Islam en 1973 , le tout nouveau président du Gabon a été formé dans un pensionnat cévenol et le collège reconnu comme « huppé » de Neuilly-sur-Seine avant de conclure par les études de droit à Paris 1.
Ministre des Affaires étrangères durant trois ans (1989-1991), puis de la Défense nationale depuis 1999, Ali Bongo Ondimba est marié à Sylvia Valentin, fille d’un imminent assureur français.
Ali Bongo, fils du défunt président Bongo, est le nouveau chef de l’Etat élu du Gabon.
Nos sources le donnaient vainqueur avec un score ne dépassant pas la barre de 39%, l’ancien candidat du PDG a fait mieux en se hissant à 41,73%.
Le scrutin de dimanche dernier a en outre fait une principale victime : l’effondrement au niveau électoral de Zacharie Myboto qui n’a pas réussi à franchir le taux de 5% de suffrages.
Ibrahim Zoumano et Marc Massamby/ Gabonpage Libreville, 03/09/2009 à 16:56:28

Gabon : manifestations et violences après la victoire d’Ali Bongo
3 septembre 2009
Au moment de l’annonce de la victoire d’Ali Bongo à l’élection présidentielle gabonaise, des incidents ont éclaté dans au moins deux quartiers de Libreville, la capitale. A Port-Gentil, capitale économique et fief de l’opposition, le consulat général de France a été incendié…
Au nord de Libreville, dans le quartier Plein-Ciel, des carcasses de voitures gisent sur la voie express qui ceinture la capitale gabonaise. Sur la route, des barrages abandonnés, des poubelles renversées et des restes de statues brisées. Le chef de l’opposition Pierre Mamboundou a été gravement blessé au cours des heurts avec la police.
Les jeunes scandent des slogans hostiles à Ali Bongo et à la France. Ils accusent Paris d’avoir « imposé » aux Gabonais le fils du président Omar Bongo, décédé en juin après 41 ans de pouvoir. « Les Blancs, on va les tuer ! (…) On en a marre des Français, il faut les chasser, les tuer ! « , ont notamment pu entendre les journalistes présents sur place.
L’accès à ce quartier est d’ailleurs fortement déconseillé par des soldats de la Garde républicaine et des gendarmes, qui se sont déployés un peu partout à travers la ville.
Près de la Cité de la Démocratie, où avait lieu la proclamation officielle des résultats de la présidentielle, des poubelles ont également été renversées. A Nkembo, quartier populaire de l’est de Libreville, la foule en colère semble casser ce qui lui tombe sous la main, les kiosques notamment.
Consulat général de France incendié
A Port-Gentil, des partisans de l’opposant Pierre Mamboundou ont attaqué la prison et libéré les prisonniers. Manifestants et détenus se sont ensuite dirigés vers le centre-ville, où des barricades ont été dressées à l’aide de carcasses de voitures dans plusieurs rues de la ville, tandis que des pneus étaient brûlés sur la chaussée.
Le consulat général de France a été pris d’assaut et incendié. Des installations du groupe pétrolier Total et de la société Schlumberger ont également été prises pour cibles par les manifestants.

Gabon/présidentielle: le consulat de France de Port-Gentil incendié
![]()
3 septembre 2009
PORT GENTIL, Gabon — Le consulat général de France de Port-Gentil (sud-ouest), a été incendié par des partisans de l’opposition peu de temps après la publication des résultats de la présidentielle du 30 août au Gabon remportée par Ali Bongo avec 41,73% des voix, a constaté l’AFP.
Plusieurs magasins du centre ville étaient en train d’être pillés, a également constaté le correspondant de l’AFP.
Peu avant, des partisans de l’opposant Pierre Mamboundou, qui est arrivé en troisième position du scrutin avec 25,22% des voix, ont attaqué la prison de Port-Gentil et libéré les prisonniers avant de se diriger vers le centre où des barricades ont été dressées alors que les résultats de la présidentielle sont en cours de publication.
Plusieurs centaines de jeunes, partisans de Mamboundou et de son parti l’Union du peuple gabonais (UPG) ont forcé à 10H30 locales (9H00 GMT) les portes de la prison de la capitale écononomique pour libérer les détenus, dont le nombre était difficile à évaluer.
Des barricades ont été dressées à l’aide de carcasses de voiture dans plusieurs rues de la ville. Des pneus ont été brûlés sur la chaussée.
Depuis mercredi, plusieurs centaines de partisans de l’UPG observaient, dans l’attente de la publication de l’élection, un sit-in au Carrefour Château, près de la prison.
Fief historique de l’opposition, Port-Gentil a connu des scènes d’émeutes au début des années 90, lors du passage au multipartisme.
Bongo victorieux, la rue gabonaise s’en prend à la France
jeudi 03 septembre 2009
Ali Bongo, 50 ans, fils du défunt président Omar Bongo, a remporté l’élection présidentielle anticipée du 30 août au Gabon avec 141 952 voix, soit 41,73 % des suffrages. Il a aussitôt promis d’être « le président de tous les Gabonais ».
Ali Bongo devance l’ancien ministre de l’Intérieur André Mba Obame qui a obtenu 88 028 voix et 25,88 % des suffrages et l’opposant historique Pierre Mamboundou qui a recueilli 85 797 voix et 25,22 % des suffrages. Ces deux candidats qui revendiquaient la victoire à cette élection, ne reconnaissent pas les résultats proclamés.
L’annonce de ces résultats a été précédée par une opération des forces de l’ordre gabonaises qui ont dégagé les abords du bâtiment qui abrite la Commission électorale, après s’être déployées dans toute la ville. Les bérets rouges et les forces anti-émeutes ont tiré des grenades lacrymogènes sur la foule des opposants à Ali-Bongo ; certaines sources font état de tirs à balles réelles qui auraient fait des victimes. Parmi elles figure Pierre Mamboundou, blessé « à une épaule et à la tête ».
Le sort de Pierre Mamboundou et d’André Mba Obame, l’autre candidat qui revendiquait la victoire, est toujours incertain. Certains de leurs proches assuraient, hier en déput d’après-midi, qu’ils étaient en sûreté ; mais André Mba Obame auraient été interpelé, tout comme le directeur politique de l’UPG, arrêté à son domicile par des hommes encagoulés. Même incertitude sur le bilan humain : des témoins parlent de « blessés graves », d’autres de morts (les chiffres varient de 2 à 8).
Cette répression et l’annonce de la victoire d’Ali Bongo ont provoqué la fureur des opposants. Des heurts ont vite éclaté. A Oyem dans le nord du pays, les scènes de violences se sont multipliées, des magasins ont été incendiés par la foule surexcitée dénonce un « putsch » du parti au pouvoir pendant plus de quarante ans. Dans le quartier populaire de Nkembo, dans l’est de Libreville, « des gens cassent ce qu’ils peuvent. Ils ont cassé des kiosques. Il y a du désordre », a confirmé un habitant.
A Port-Gentil, le cœur économique du pays, la prison a été investie et les prisonniers libérés ; des magasins ont été pillés et des militants de l’UPG (le parti de Pierre Mamboundou) ont construit des barricades. Toujours à Port-Gentil, le consulat de France a été incendié ; les immeubles des entreprises françaises comme Schlumberger et Total attaqués. Une auto-école et des entreprises appartenant à des Français ont été détruites.
Le sentiment anti-français commence à s’intensifier. A Libreville, ce matin, des jeunes tenaient des discours hostiles à Ali Bongo et à la France, accusée d’avoir « imposé » aux Gabonais le fils du président Omar Bongo Ondimba, décédé en juin, après 41 ans de pouvoir. « Les Blancs, on va les tuer ! », « On en a marre de ces Français, il faut les chasser, les tuer ! », menaçaient-ils.
Tensions au Gabon après la victoire d’Ali Bongo à la présidentielle
3 septembre 2009
LIBREVILLE, Gabon — La situation était tendue jeudi au Gabon, où Ali Bongo Ondimba, fils d’Omar Bongo, a remporté l’élection présidentielle. Le candidat du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), a obtenu 41,7%, devançant André Mba Obame (25,8%) et Pierre Mamboundou (25,2%), a annoncé le ministre de l’Intérieur Jean-François Ndongou. Ces résultats ont été immédiatement contestés par l’opposition, tandis que quelques incidents anti-français ont été signalés à Port-Gentil.
A Libreville, Pierre Mamboundou, qui avait déjà dénoncé « une farce frauduleuse », a été blessé par des policiers qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser un rassemblement de l’opposition devant le siège de la Commission électorale, selon Louis-Gaston Mayila, chef du parti UPNR allié à M. Mamboundou. A Port-Gentil (sud-ouest), capitale économique du pays, c’est la France, accusée d’avoir soutenu le fils d’Omar Bongo, qui a été visée. Le consulat de France a été partiellement incendié, alors que les groupes Total et Schlumberger ont été visés.
Face aux accusations de fraude lancées par l’opposition, Ali Bongo a estimé que les recours devant les instances compétentes étaient la seule voie légale, rejetant les appels à la contestation dans la rue. « La compétition est maintenant terminée. Il existe des instances pour les recours », a-t-il déclaré. « Le peuple gabonais ne peut être pris en otage, le peuple gabonais ne doit pas être exposé et personne n’a le monopole ni du peuple ni de la rue ».
Et de poursuivre à l’adresse des opposants: « Tout ce que je peux suggérer, c’est que chacun accepte le verdict. S’étant prêté au jeu, connaissant les règles du jeu à l’avance, chacun doit accepter le verdict des urnes ».
Par ailleurs, alors que le consulat de France à Port-Gentil a été attaqué par des manifestants, le Quai d’Orsay a précisé qu’aucune évacuation de ressortissants français n’était envisagée. « Il n’y a pas du tout d’évacuation en ce moment » et « nous assurons la sécurité de nos ressortissants », a-t-on indiqué au ministère des Affaires étrangères.
Les manifestants ont pillé des magasins voisins, emportant avec eux des réfrigérateurs et des postes de télévision. Ils ont également pénétré dans la prison et libéré des détenus, selon Dianney Madztou, un journaliste local.
« L’annonce des résultats provisoires a provoqué des troubles autour de notre chancellerie, qui a été incendiée et je sais aussi que les groupes Total et Schlumberger (…) ont été attaqués, qu’il y a eu des gens qu’il a fallu sortir de là, ce que les troupes gabonaises ont fait », a dit le chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner. « Nous condamnons très fermement ces atteintes à l’ordre public et nous sommes prêts à aider les ressortissants français s’il en était besoin. Pour le moment, il n’y en a pas besoin », a-t-il souligné. La France dispose de 980 militaires au Gabon.
Le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet a assuré pour sa part sur RTL que la France ne s’était en aucun cas impliquée dans le scrutin. Il a souligné que le consulat de France à Port-Gentil avait été « partiellement endommagé », et que les attaques contre la concession Total et un immeuble où est installé le groupe Schlumberger s’étaient produites « dans le même périmètre », « sur un secteur géographique isolé ». Il a appelé les ressortissants français à rester confinés chez eux pour l’instant.
A Dakar, des étudiants gabonais se sont attaqués à l’ambassade du Gabon, bousculant le garde qui se trouvait à l’entrée. Une forte explosion a été suivie par un bruit de verre brisé, alors que le bâtiment semblait avoir été incendié. « Nous voulons le changement », a déclaré un étudiant. « Cette élection est une fraude ».
Dix-huit candidats étaient en lice à l’élection présidentielle, organisée dimanche, devant désigner le successeur d’Omar Bongo, décédé en juin après un règne sans partage de 41 ans sur le Gabon. Quelque 816.000 électeurs étaient appelés aux urnes, sur une population d’un million et demi d’habitants, dont 40% est âgée de moins de 15 ans. Ali Bongo était présenté comme le favori du scrutin.
Tensions dans les rues de la capitale gabonaise
![]()
03/09/2009
Des troubles ont éclaté au Gabon après la victoire d’Ali Ben Bongo -contestée par les deux pricipaux rivaux et ses partisans-. La France appelle au calme et conseille aux ressortissants français de rester chez eux.
La France a appelé au calme après les incidents qui ont suivi l’annonce officielle des résultats de l’élection au Gabon, remportée par Ali Ben Bongo, fils du défunt chef de l’état.
« La France appelle au calme et au respect des institutions jusqu’au bout. S’il doit y avoir des contestations, il faut que ça se fasse devant les institutions qui sont prévues pour ça », a déclaré le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet dans un entretien téléphonique.
« Les dispositions sont en place pour que la sécurité des Français soit assurée. On a pris des mesures de confinement, il est recommandé aux Français de rester chez eux », a-t-il ajouté.
Bernard Kouchner confirme l’information de l’EXPRESS.fr
La France est en contact avec plusieurs des candidats à l’élection présidentielle, dont les trois principaux (Ali Bongo, André Mba Obame et Pierre Mamboundou), selon les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
« On reçoit des coups de téléphone des trois candidats, et de plus nombreux que cela. « J’espère qu’ils s’arrangeront comme ils l’ont toujours fait au Gabon », a-t-il dit.
Le ministre a confirmé que Pierre Mamboundou serait apparemment blessé lors des incidents entre l’armée et les partisans, selon l’information recueillie par LEXPRESS.fr.
D’après son entourage, qui prépare une déclaration, l’opposant a été « blessé à la tête et à l’épaule » lors de la dispersion.
Ces déclarations viennent après la confirmation par Bernard Kouchner que le consulat français à Port-Gentil, dans le sud-ouest du Gabon, a été incendiée. Des installations du groupe pétrolier français Total et de Schlumberger, société de services pétroliers, ont aussi été prises pour cibles par des manifestants.
« La chancellerie détachée de la France à Port-Gentil a été incendiée par des personnes non identifiées », a dit le ministre des Affaires étrangères, cité par une porte-parole. « Total et Schlumberger ont aussi fait l’objet d’attaques », a-t-il ajouté.
Des troubles ont éclaté au Gabon à l’annonce de la victoire -contestée par les deux pricipaux rivaux et ses partisans- d’Ali Ben Bongo.
Environ 10000 Français au Gabon
Alain Joyandet a précisé que 70 à 80 militaires français avaient été « sollicités », lors des incidents à Port-Gentil.
La France dispose d’une base militaire au Gabon, avec un millier d’hommes. Environ 10.000 ressortissants français sont établis dans le pays.
En matière militaire, le ministre a précisé que la France n’avait pour l’instant pris aucune « mesure de grande ampleur ». « Pour l’heure à Libreville (la capitale du pays), il n’y a aucun intérêt français mis en cause », a-t-il ajouté.












