Heurts avec la police : Amiens, Marseille, Saint-Dizier, Villiers sur Marne – août 2009
Amiens
Un enfant de 7 ans blessé par un tir de flash-ball ?

27.08.2009
Un enfant de 7 ans pourrait avoir été blessé à l’épaule par un tir de flash-ball, lors d’affrontements entre jeunes et policiers mercredi en début d’après-midi à Amiens. Des examens doivent déterminer si la blessure est due ou non à l’arme utilisée par les policiers.
L’enfant présente un hématome à l’épaule qui justifierait un jour d’ITT (incapacité temporaire totale), affirme le parquet d’Amiens.
«Des examens approfondis sont en cours pour connaître la cause et la nature exactes des blessures et savoir si ce que l’on constate sur l’enfant pourrait ou non avoir été causé par un tir de flash-ball», a-t-on précisé de même source.
Nathalie Skiba, directrice départementale adjointe de la sécurité publique a indiqué que «dans l’état actuel de l’enquête, il n’était pas possible de déterminer si cet hématome de l’enfant est une conséquence d’un tir de flash-ball ou d’un jet de projectile comme un caillou».
D’après les déclarations des policiers, des échauffourées se sont produites mercredi en début d’après-midi dans le quartier Fafet-Brossolette d’Amiens. Une patrouille qui avait pris en chasse un automobiliste ayant refusé de s’arrêter pour un contrôle de son véhicule a été «prise à partie par une trentaine de jeune gens qui les ont copieusement arrosés de cailloux et d’objets divers», selon le parquet.
Un policier a alors fait usage à deux reprises de son flash-ball. «Il affirme n’avoir touché personne et ne pas avoir vu d’enfants parmi les jeunes», souligne le parquet.
Selon Nathalie Skiba, l’agression contre les policiers a été «violente et rapide avec des jets d’objets comme des briques, comme le montrent les impacts sur le fourgon de police» et le policier a «fait usage du flash-ball pour se dégager.»
Marseille
Cité Bassens à Marseille, une centaine d’habitants s’opposent aux policiers

25 août 2009
L’interpellation d’un trafiquant de drogue tourne à l’émeute
Ce n’est un secret pour personne : les forces de l’ordre ne sont pas les bienvenues dans certaines cités de Marseille. Insultes, crachats, jets de pierres sont le lot quotidien des fonctionnaires de police, qui viennent « déranger » les trafics en tous genres. Mais il est rare, à Marseille du moins, que ces actes de rébellion tournent à l’émeute, comme cela s’est produit samedi à la cité Bassens (boulevard Lavoisier, 15e arr.).
Des policiers en intervention ont dû faire face à une centaine de personnes qui ont tenté de les empêcher d’entrer dans la cité. Voici les faits tels qu’ils ont été rapportés par les fonctionnaires de la compagnie de sécurisation des Bouches-du-Rhône, unité mise en place en avril dernier par le ministère de l’Intérieur, dont la mission est précisément de maintenir l’ordre dans les zones difficiles.
Samedi soir, vers 19h30, un équipage de cinq fonctionnaires de cette compagnie patrouille en tenue civile dans la cité Bassens. Les policiers repèrent un trafic de stupéfiants au pied d’un bâtiment. Le vendeur prend aussitôt la fuite, en laissant tomber sa marchandise : pas moins de 63 barrettes de résine de cannabis et 23 sachets d’herbe.
Poursuivi par les policiers, le dealer se réfugie dans un appartement de la cité. Quelques minutes plus tard, son occupante, qui ne connaissait pas le fuyard, laisse entrer les forces de l’ordre. L’individu, caché dans une armoire, est rapidement débusqué. Mais le propriétaire de l’appartement, un homme de 46 ans, fait irruption et s’oppose fermement à l’interpellation de l’intrus. Au point que les policiers décident de demander des renforts.
Des effectifs en uniforme, une dizaine d’hommes, sont immédiatement envoyés sur les lieux. C’est en arrivant à la cité Bassens à bord de leur fourgon, qu’ils découvrent un inquiétant comité d’accueil… Une centaine d’individus, des habitants de la cité, tentent de leur barrer l’accès aux bâtiments. Par centaines, des pierres et autres projectiles sont lancées contre la voiture de police.
Laissant passer la « tempête », les fonctionnaires réussissent finalement à s’extraire du véhicule sans être blessés. Peu à peu, la foule se disperse et les forces de l’ordre peuvent achever leur intervention. Le vendeur de stupéfiants, âgé de 21ans et le propriétaire de l’appartement qui s’était opposé à son interpellation ont été placés en garde à vue.
Saint-Dizier
Heurts dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Dizier
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27 août 2009urs
STRASBOURG — Une trentaine de jeunes se sont opposés à la police et aux pompiers dans la nuit de mardi à mercredi à Saint-Dizier (Haute-Marne), dans le quartier sensible du Vert-Bois, a-t-on appris de sources policières mercredi après-midi.
Appelés pour un incendie de réverbère aux environs de 23h30, les pompiers et policiers « ont été accueillis par plusieurs jets de cailloux », a indiqué Michel Klein, le directeur départemental de la sécurité publique de la Haute-Marne, lors d?une conférence de presse au commissariat de police de la ville, mercredi après-midi.
« La BAC (brigade anti-criminalité) a appelé l?unité territoriale de quartier et, ensemble, ils sont revenus. Les jeunes les attendaient avec des battes de base-ball », a-t-il poursuivi. « Manifestement, ils étaient là pour en découdre ».
Quelques véhicules ont été « écornés » par les jets de cailloux, dont l?un d?un journaliste local, qui se trouvait sur place.
Les incidents se sont prolongés jusqu?à 3h30 du matin, lorsque deux véhicules ont été incendiés.
« Les incidents n?ont toutefois fait aucune victime », a précisé le directeur départemental de la sécurité publique.
En octobre 2007, le quartier du Vert-Bois avait déjà été le théâtre de violentes échauffourées entre les forces de l’ordre et des jeunes. Une quarantaine de jeunes encagoulés avaient notamment attaqué un fourgon de la brigade anti-criminalité à coup de barres de fer.
La date du procès, dont l?instruction est désormais close, doit être prochainement fixée, a indiqué une source policière.
« On est à des années-lumière de ce qui s?est passé à l?époque », a voulu tempérer le sous-préfet de Saint-Dizier, Jean-Guy Mercan, lors de la conférence de presse.
Une enquête confiée à la police de Saint-Dizier et au SRPJ de Reims est en cours, alors que les forces de l?ordre n?ont pour l?instant procédé à aucune interpellation.
« Parmi ceux identifiés formellement mardi soir, notamment grâce aux caméras vidéos installées dans le quartier, aucun n?est mis en examen dans le dossier de 2007 », a assuré Michel Klein.
Des dispositions « à titre préventif » seront prises ce mercredi soir, a par ailleurs indiqué le sous-préfet de Saint-Dizier. « 45 hommes en plus viennent compléter le dispositif normal », soient 65 CRS et gendarmes mobiles. « On va saturer la zone en policiers », a complété le directeur départemental de la sécurité publique.
Selon le premier adjoint au maire de la commune, Philippe Bossois, les faits de délinquance ont baissé de moitié dans le quartier du Vert-Bois, depuis 2007.
« Mais ces derniers jours, nous avons constaté plus de feux de poubelles que d?habitude », a noté Michel Klein, qui n?avance pas de cause particulière à ce regain de violence.
Dans la nuit de dimanche à lundi, cinq voitures et un scooter avaient déjà été incendiés dans le quartier du Vert-Bois.
Villiers sur marne
Procès sous tension après les incidents de Villiers
http://www.leparisien.fr
Deux jours après les échauffourées entre jeunes et forces de l’ordre à Villiers-sur-Marne, quatre personnes étaient jugées hier à Créteil sous haute surveillance policière.
27.08.2009
Ambiance tendue hier au tribunal de Créteil. Quatre hommes âgés de 18 à 22 ans étaient jugés dans le cadre de la procédure de comparution immédiate après des affrontements entre jeunes et forces de l’ordre survenus lundi après-midi à Villiers-sur-Marne (voir notre édition de mardi). Pour ce procès, plusieurs dizaines de policiers ont été mobilisés.
Les quatre jeunes étaient poursuivis pour violences en réunion avec usage et menace d’une arme sur personnes dépositaires de la force publique.
Lundi après-midi, les policiers de la brigade anticriminalité de Chennevières interviennent dans la cité de Hautes-Noues pour interpeller un mineur de 17 ans. Le jeune homme, qui s’est enfui d’un centre éducatif fermé, est également recherché pour des violences volontaires sur une jeune fille.
« On veut faire un exemple »
L’arrestation se passe mal. Le mineur se débat, distribue les coups et un attroupement de jeunes se forme pour empêcher l’interpellation. Aux jets de bouteilles en verre, d’un fauteuil et même d’un vélo, les forces de l’ordre répliquent par des tirs de flash-ball.
Une vingtaine de véhicules de police sont appelés en renfort. Bilan : une habitante du quartier touchée par un tir de flash-ball, six policiers légèrement blessés et quatre interpellations.
Lors des débats, qui se sont déroulés dans le calme en présence de nombreux amis et membres des familles des prévenus, le procureur s’est interrogé : « Peut-on accepter que des fonctionnaires qui interviennent pour arrêter une personne qui est recherchée pour des violences ne puissent pas accomplir leur mission et soient pris à partie ? » Et le parquet de requérir quatre à six mois de prison ferme pour deux prévenus et une peine d’enfermement avec sursis pour les deux autres. « Il n’y a rien dans ce dossier qui accuse mes clients, a martelé M e Christophe Mounzer, avocat de deux des prévenus. Le parquet a requis de la prison avec sursis contre eux, mais où sont les charges ? On veut faire un exemple. Je demande la relaxe. »
Quelques instants avant, ses clients, deux médiateurs bien connus à Villiers-sur-Marne s’étaient étonnés de leur présence dans le box : « On n’a rien fait. Au contraire, on a essayé de calmer les choses. Les policiers nous connaissent. On ne comprend pas ce qu’on fait ici, mais on s’excuse. » Le jugement était attendu tard dans la soirée.









