Affrontements à Montreuil juilet 2009

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Affrontements Montreuil: RSF proteste après la garde à vue d’un journaliste

15.07.09

Reporters sans Frontières a protesté mercredi, dans un communiqué, contre le placement en garde à vue d’un stagiaire du Monde lors d’affrontements à Montreuil (Seine-Saint-Denis) lundi, dénonçant la « multiplication des pressions policières » à l’encontre des journalistes.

Un journaliste stagiaire du Monde, Adrien Morin, a témoigné dans le quotidien être resté toute la nuit en garde à vue bien qu’il ait répété être journaliste, après avoir été interpellé lors d’une manifestation ayant donné lieu à des heurts entre policiers et manifestants.

« Nous tirons, depuis de nombreux mois, la sonnette d’alarme face à la multiplication des pressions policières sur les journalistes en France, mauvaise élève de l’Europe en la matière », déclare RSF, qui déplore que les autorités fassent « la sourde oreille ».

« Les forces de l’ordre doivent exercer leurs mandats dans le strict cadre défini par la loi, et dans ce cadre seulement. Dans le cas contraire, policiers et gendarmes doivent être poursuivis », ajoute RSF, qui juge que « l’impunité dans ces affaires d’interpellation abusive de journalistes est une menace pour les libertés publiques ».

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L’action de la police critiquée au lendemain d’affrontements à Montreuil

De Erwann LUCAS-SALOUHI – 14 JUILLET 2009

MONTREUIL (AFP) — Au lendemain de heurts lors d’une manifestation lundi soir à Montreuil (Seine-Saint-Denis), l’action de la police est de nouveau critiquée, après le dépôt de plainte d’un jeune homme affirmant avoir perdu un oeil atteint par un tir de flashball des forces de l’ordre.0

Lundi soir, 250 à 300 personnes, selon la police, 500 à 600 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté à Montreuil pour protester contre « l’usage excessif de la force » après la blessure subie à l’oeil le 8 juillet par Joachim Gatti, 34 ans, lors d’un rassemblement de soutien à des expulsés d’un squat.

Malgré la volonté affirmée par certains d’en découdre, la majorité des manifestants souhaitait que la marche se déroule dans le calme, selon les organisateurs. Une cinquantaine de participants étaient casqués: « nous voulons par ce signe montrer que nous devons nous protéger si nous souhaitons manifester. C’est symbolique », avait dit à l’AFP l’un des organisateurs, souhaitant conserver l’anonymat.

Après un premier face à face assez tendu entre forces de l’ordre et manifestants, marqué par des tirs de mortiers de feu d’artifice et de fusées en direction des gendarmes mobiles, les organisateurs ont modifié le parcours de la manifestation et les forces de l’ordre ont fait preuve de retenue, évitant que la situation ne dégénère, a constaté un journaliste de l’AFP.

Mais peu avant 21H00, un nouveau face à face s’est produit: les forces de l’ordre ont chargé la queue de la manifestation, plaquant des manifestants contre des murs et utilisant leurs matraques, entraînant une réplique de nombreux manifestants avec des jets des projectiles, de chaises et de peinture, selon le journaliste de l’AFP. Les forces de l’ordre ont alors utilisé des gaz lacrymogènes.

Selon la préfecture, l’ordre de charger a été donné suite au jet de projectiles divers, tels que boules de pétanques, bâtons ainsi que quelques pavés.

Dominique Voynet, maire (Verts) de Montreuil, a déclaré à l’AFP que tous les témoignages « s’accordent à dire que la police a cherché à disperser la manifestation alors que celle-ci se déroulait dans le calme ».

Auparavant, Mme Voynet avait souhaité sur France Info une « enquête indépendante » sur les violences lors de cette manifestation, envisageant de saisir la commission nationale de déontologie de sécurité.

Une douzaine de personnes ont été interpellées et relâchées, selon elle. Parmi elles, un journaliste stagiaire du Monde, Adrien Morin, a raconté au journal être resté toute la nuit en garde à vue bien qu’il ait répété être journaliste, ajoutant avoir entendu les policiers traiter deux manifestants interpellés de « sales gauchos ».

En début de manifestation, une lettre de Joachim Gatti avait été lue, affirmant que le 8 juillet, des policiers ont tiré volontairement au flashball, le blessant lui et quatre autres personnes. « Le tir aurait été enclenché sans viser. Mais c’est justement tout le problème, car cela semble démontrer qu’il n’y a pas eu de respect des procédures », a ajouté Mme Voynet.

Rappelant que, depuis le début de l’année, plusieurs personnes ont été blessées au flashball en Seine-Saint-Denis, Mme Voynet s’est inquiétée d’un éventuel « sentiment d’impunité dans la police ». « Je ne suis pas en mesure de dire si des consignes ont été données ou non, mais dans tous les cas, c’est très grave », a-t-elle dit à l’AFP.

La préfecture s’est refusée à tout commentaire « dans un souci d’apaisement », rappelant que l’inspection générale des services (IGS, police des polices) était chargée d’une enquête sur la blessure de Joachim Gatti.

Montreuil: Affrontements après une manifestation contre les violences policières

13.07.09 |

Plusieurs centaines de manifestants, qui s’étaient regroupés lundi en fin d’après-midi à Montreuil pour protester contre les « violences policières », ont affronté les forces de l’ordre pendant près d’une heure a constaté un journaliste de l’AFP.

La manifestation a débuté vers 19H00 à la Croix de Chavaux, non loin de l’ancienne clinique radiologique près de laquelle un jeune homme a été blessé suite, d’après différents témoins présents au moment des faits, à un tir de flashball qui l’aurait atteint au visage, lors de l’expulsion de squatters.

Un premier face à face tendu s’est produit entre forces de l’ordre et manifestants, non loin de la mairie, durant lequel ces derniers ont tiré à l’aide de mortiers de feu d’artifices et de fusées en direction des gardes mobiles qui n’ont pas répliqué.

Dans un souci d’apaisement, les organisateurs de la manifestation ont cherché à modifier le parcours pour éviter que le face à face ne se prolonge, repartant vers la Croix de Chavaux.

Un nouveau face à face s’est produit peu avant 21HOO au niveau du marché de la Croix de Chavaux, forces de l’ordre et manifestants se trouvant de part et d’autres.

Les forces de l’ordre ont alors chargé la queue de la manifestation, entraînant la réplique de nombreux manifestants par des jets de projectiles, de chaises et de peinture.

Les gardes mobiles ont par la suite chargé à plusieurs reprises, faisant également usage de gaz lacrymogènes et procédant à diverses interpellations.

Peu avant la manifestation, Dominique Voynet, maire (Verts) de Montreuil, avait exprimé lors d’un point presse son espoir quant à « la discrétion et à la retenue des forces de l’ordre lors de cette manifestation ».

« La police doit avoir le comportement le plus exemplaire possible et le plus respectueux des droits et des libertés » a par ailleurs déclaré Mme Voynet, qui a tenu a préciser qu’il n’y avait « aucune volonté d’attaquer la police, simplement les comportements non acceptables et non acceptés par la hiérarchie ».

Les manifestants protestaient contre l’expulsion mercredi de plusieurs squatters qui occupaient une ancienne clinique, au cours de laquelle un jeune homme affirme avoir perdu un oeil, à la suite d’un tir de flash-ball par les policiers.

Le Parti Socialiste a demandé lundi que l’Inspection générale des services (IGS) de la police et la Commission nationale de déontologie de la sécurité « puissent faire toute la lumière » sur ce « grave incident ».

D’après la mairie de Montreuil, la victime, Joachim Gatti, fait partie du mouvement autonome qui dénonce notamment la cherté des loyers à Paris et dans certaines banlieues parisiennes.

~ par Alain Bertho sur 14 juillet 2009.

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