Affrontements à Tremblay en France juin 2009


Autopsie d’une nuit d’émeutes à Tremblay-en-France
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01.07.09
Les procès-verbaux ont la sécheresse des comptes-rendus judiciaires. Mais, à travers les récits donnés par les policiers de terrain, ils décrivent la violence et l’intensité des affrontements intervenus dans la nuit de samedi 27 à dimanche 28 juin à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis).
Il est minuit trente, et trois gardiens de la paix en patrouille remarquent « un groupe d’une cinquantaine » de personnes. « Les individus se déplacent en groupe unifié et jettent sur la voie publique de multiples fumigènes, feux de Bengale et autres mortiers pyrotechniques », raconte un policier.
Un avocat, Me Arié Alimi a déposé plainte contre X pour « violences volontaires » commises lors de l’interpellation de son client, un jeune homme de 23 ans, au cours de la nuit d’émeutes à Tremblay-en-France le 28 juin. Dans un premier temps, le lycéen, qui avait pris la fuite, avait été suspecté d’avoir participé aux jets de projectiles – mais les policiers n’ont pas pu le reconnaître. Ceux-ci l’ont ensuite accusé de s’être rebellé. Jugé en comparution immédiate, mardi 30 juin, il a été relaxé faute de preuves. Selon son avocat, il a été victime de « plusieurs coups de matraque », de « nombreux coups de pieds » et de « violents coups de poings » portés lors de l’interpellation. Un certificat médical évoque des « douleurs dentaires » et à l’épaule.
Sans le savoir, ils seraient arrivés sur les lieux alors que deux groupes d’adolescents ont décidé de « jouer à la guerre » – entre eux – en s’envoyant des fusées et des pétards, nous explique une source du quartier, très bien informée. L’arrivée de la patrouille aurait modifié le programme et les deux groupes se seraient alliés contre l’ennemi policier.
« Dissimulés dans la pénombre » d’un petit bois, des « individus » tirent un premier « mortier » – un feu d’artifice dangereux lorsqu’il est utilisé à tir tendu. Mais les émeutiers ratent le véhicule.
GRENADES LACRYMOGÈNES
Dans les minutes qui suivent, cinq autres véhicules de police arrivent en renfort. A 0 h 43, de nouveaux tirs de « fusées » sont signalés. « L’emplacement où se trouvent les individus est nimbé de fumigène », relate le gardien de la paix. Un autre équipage indique que des jeunes ont été aperçus avec un « paintball ». La situation étant jugée trop dangereuse, les policiers reçoivent alors « instruction » de « se replier le plus rapidement possible ». « Nous sommes la cible de tirs de mortiers encore plus nourris », poursuit le fonctionnaire qui rejoint « tant bien que mal » ses collègues.
Les assaillants, le visage masqué sous des capuches ou des cagoules, se dissimulent derrière des voitures et dans des bosquets. De nouveaux renforts de police arrivent. Des pierres, des bouteilles en verre pleuvent sur les forces de l’ordre. Un « flot incessant » de « mortiers » – près d’une centaine selon notre source locale, une cinquantaine selon la préfecture – explosent dans un bruit assourdissant. Les policiers se déplacent avec difficulté, se replient, chargent.
Au début, les fusées « atterrissent aléatoirement », note un brigadier. Mais les émeutiers améliorent leur visée : « Nous sommes la cible de plus en plus précise des tirs de mortiers », s’alarme l’officier. Son équipage riposte en lançant douze grenades lacrymogènes et en tirant avec le flashball.
Des patrouilles se réfugient sous un abribus mais sont visées par une fusée qui « explose juste au dessus nos têtes ». Un fonctionnaire est légèrement blessé à l’oreille. En face, les émeutiers se sont scindés « en plusieurs groupes très mobiles nous amenant à recevoir des tirs de mortiers provenant de plusieurs fronts », précise un gardien de la paix.
Des renforts policiers de tout le département arrivent. Aux fusées, répondent les grenades lacrymogènes et les flashballs. « Le groupe d’individus effectue des tirs de mortiers vers les habitants de l’immeuble », note un gardien de la paix. A 0 h 55, une fusée tombe sur balcon et provoque un début d’incendie. Les forces de l’ordre appellent les pompiers et évacuent l’immeuble dans l’urgence.
Les « mortiers » tombent dans tous les sens. Un groupe de policiers en civil tente alors « de prendre le groupe de vandales à l’envers ». Les « individus hostiles », composés « principalement de jeunes hommes, âgés de 16 à 20 ans, de type africain », les aperçoivent.
Nouveaux jets de projectiles. Il est 1 h 25. « Sommes alors dans l’obligation, afin de protéger notre intégrité physique, de riposter à l’aide de nos (flashballs) et de nos bâtons de défense », relate un policier. Les émeutiers s’éparpillent, les forces de l’ordre reprennent progressivement le contrôle du quartier.
Tremblay-en-France – Police attaquée au mortier de feu d’artifice
http://www.web-libre.org
29 juin 2009
Samedi soir, ce n’était pas encore le 14 juillet mais à Tremblay-en-France, dans le 93, des policiers en patrouille ont été la cible de plusieurs dizaines de jeunes dans une cité sensible, « les Grands Ensembles ». Dans la nuit, les jeunes « très bien organisés » selon la police, leur ont envoyé des fumigènes et des projectiles tirés avec des mortiers de feux d’artifice. Ces mortiers sont interdits dans le département de Seine-Saint-Denis et la patrouille de police était présente sur les lieux pour empêcher les jeunes gens de les utiliser. La situation étant tendue, des tirs se sont produits, atteignant un balcon où se trouvaient des matières inflammables. Un début d’incendie a été facilement résorbé. Ces mortiers sont utilisés pour tirer des feux d’artifice mais leur emploi visant directement des personnes peut être très dangereux… D’une dizaine au départ, les jeunes se sont vite regroupés pour devenir une centaine face aux policiers. Ces derniers ont aussitôt appelé des renforts. Toujours selon la police, les jeunes étaient approvisionnés en munitions par d’autres qui circulaient en scooter et visiblement ils voulaient « s’en prendre délibérément à des fonctionnaires de police ». Après le déploiement de nouveaux policiers, la tension est retombée. Chez Alliance, syndicat de police, on évoque « le ras-le-bol des policiers » en demandant une très grande sévérité à Michèle Alliot-Marie et à Brice Hortefeux. Aucune victime n’est à déplorer et un jeune homme a été arrêté.
Des policiers attaqués au mortier de feu d’artifice
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28/06/2009
Une patrouille de police a été prise à partie samedi soir par plusieurs dizaines de jeunes « très bien organisés », dans une cité de Tremblay-en-France.
Leur but était « de s’en prendre délibérément à des fonctionnaires de police », affirme une source policière.
Les faits se sont déroulés dans la cité HLM sensible des « Grands Ensembles », à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis. Une patrouille de police a été prise à partie dans la nuit de samedi à dimanche par des jeunes gens qui ont envoyé contre elle des projectiles et fumigènes tirés avec des mortiers de feux d’artifice, sans faire de blessé. Selon la préfecture, la police était arrivée sur les lieux parce que les jeunes étaient en train d’utiliser ces mortiers, interdits dans le département, pour tirer des feux d’artifice.
La situation s’est aussitôt tendue. Les jeunes ont alors dirigé les mortiers vers la police, envoyant des projectiles et des fumigènes, selon la source policière. Des tirs ont atteint, sur la façade d’un immeuble, un balcon où étaient stockées des matières inflammables, ce qui a provoqué un début d’incendie sans gravité, rapidement maîtrisé, a dit la préfecture. Ces engins servent, selon la police, à lancer traditionnellement des feux d’artifice mais, « lancés à tir tendu en visant des personnes« , peuvent « s’avérer très dangereux« . Leur usage n’est pas une « première » dans les quartiers sensibles, a noté la source policière, selon laquelle les jeunes « se sont retrouvés une cinquantaine puis une centaine » face aux policiers, qui ont appelé des renforts.
Toujours selon cette source, les agresseurs étaient « approvisionnés en munitions » par des camarades à scooter et « très bien organisés« , leur but étant « de s’en prendre délibérément à des fonctionnaires de police« . Les présumés affrontements ont duré « assez longtemps » avant que le calme ne revienne et que des renforts policiers soient déployés sur place. Un jeune a été arrêté. Thierry Mazet, d’Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), a exprimé le « ras-le-bol des policiers » face à la « multiplication des incidents et violences » à leur encontre. Il réclame la « plus extrême sévérité à notre ancienne ministre de l’Intérieur (Michèle Alliot-Marie) aujourd’hui garde des Sceaux et à notre nouveau ministre de l’Intérieur » Brice Hortefeux.
Des mortiers de feux d’artifice tirés contre les policiers
Leparisien.fr
28.06.2009
Cours de la République, à Tremblay-en-France. Côté jardin, le bois et ses promeneurs paisibles du dimanche ensoleillé. Côté cour, à deux pas, les «Grands ensembles», une cité comme les autres en Seine-Saint-Denis, où la nuit de samedi à dimanche a été «très chaude», selon l’expression d’un riverain, entre quelques jeunes et des policiers.
Tard dans la soirée, des riverains excédés par le bruit, les pétards, alertent la police. Dès son arrivée, la patrouille est prise à partie. Le quartier est éclairé par des fumigènes tirés avec des mortiers de feux d’artifice. Au dernier étage d’un des bâtiments de la cité, la façade d’un appartement, noircie par la fumée, témoigne encore de la violence du samedi soir. Le balcon a volé en éclats. D’après la police, des matières inflammables y étaient stockées. Ce qui a provoqué un début d’incendie sans gravité, rapidement maîtrisé.
«On avait l’impression d’être dans une grande manifestation ou un film», raconte un commerçant, sous couvert d’anonymat. Lui comme d’autres voisins ont vu et entendu ce qui s’est passé, mais ne veulent pas témoigner publiquement. «La police a lancé des bombes lacrymogènes et a tiré avec des flash balls ; les jeunes ripostaient avec des projectiles», raconte un père de famille d’origine africaine, cloué à sa fenêtre toute la nuit. Ce n’est pas nouveau, il y a quelques jours une voiture a brûlé sur le parking. Des affrontements avec la police sont quotidiens».
Derrière ces bâtisses de quelques étages, trois retraitées devisent tranquillement au square. «Allez voir à la maison de retraite et vous dira si on peut y dormir paisiblement la nuit», tonne l’une d’elle, «très remontée» par la violence de la veille.
D’après la préfecture, la police était arrivée sur les lieux parce que les jeunes étaient en train d’utiliser ces mortiers pour tirer des feux d’artifice. La situation s’est aussitôt tendue. Les jeunes ont alors dirigé les mortiers vers la police, envoyant des projectiles et des fumigènes, affirme de son côté une source policière qui parle d’une centaine de jeunes «organisés» ayant participé à cet affrontement. Dimanche après-midi, l’un d’entre eux a été arrêté, selon la préfecture, qui rappelle que ces mortiers sont interdits dans le département.
Ces engins sont destinés à lancer des feux d’artifice mais, «lancés à tir tendu en visant des personnes», peuvent «s’avérer très dangereux», selon la police, affirmant, cependant, que leur usage n’est pas une «première» dans les quartiers sensibles.
Samedi soir, toujours selon la police, les «agresseurs étaient approvisionnés en munitions par des camarades à scooter et très bien organisés, leur but étant de s’en prendre délibérément à des fonctionnaires de police». Les affrontements ont duré «assez longtemps» avant que le calme ne revienne et que des renforts policiers soient déployés sur place. Les jeunes, quant à eux, accusent la police de «les chercher» tous les jours.
Dimanche, le syndicat Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), a exprimé le «ras-le-bol des policiers» face à la «multiplication des incidents et violences» à leur encontre. Il réclame la «plus extrême sévérité à notre ancienne ministre de l’Intérieur (Michèle Alliot-Marie), aujourd’hui garde des Sceaux, et à notre nouveau ministre de l’Intérieur».
Dans le quartier des Grands Ensembles, la majorité des habitants tremblaient encore dimanche à l’idée d’un nouvel affrontement.
La police attaquée au mortier de feu d’artifice dans le 93
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AFP, le 28/06/200
BOBIGNY – Des policiers ont essuyé des tirs de mortiers de feux d’artifice ce week-end à Tremblay-en-France (Seine-Saint-Denis), un mois et demi après des tirs de Kalachnikov contre leurs collègues à La Courneuve, suscitant l’inquiétude des syndicats de police face à de telles attaques.
Une patrouille de police a été prise à partie dans la nuit de samedi à dimanche, dans la cité des « Grands Ensembles » à Tremblay-en-France, par des jeunes qui ont envoyé contre elle des projectiles et fumigènes tirés avec des mortiers de feux d’artifice, sans faire de blessé, selon une source policière.
Un jeune a été arrêté, selon la préfecture de Bobigny, tandis que la source policière évoquait la participation d’une centaine de jeunes « organisés« .
Selon la préfecture, la police était arrivée sur les lieux où des jeunes utilisaient ces mortiers, interdits dans le département, pour tirer des feux d’artifice. La situation s’est aussitôt tendue et les jeunes ont dirigé les mortiers vers la police, selon la source policière.
Ces engins servent à lancer des feux d’artifice mais « lancés à tir tendu en visant des personnes« , peuvent « s’avérer très dangereux« , selon la police.
Leur usage n’est pas une « première » dans les quartiers sensibles, a noté la source policière, ajoutant que les jeunes étaient « approvisionnés en munitions » par des camarades à scooter et « très bien organisés« , leur but étant « de s’en prendre délibérément à des fonctionnaires de police« .
Les policiers « en ont ras la casquette de subir cela au quotidien« , a réagi Nicolas Comte, secrétaire général de l’union syndicale CGP-FO et Unité Police (syndicat majoritaire). Pour Thierry Mazet, d’Alliance (second syndicat de gardiens de la paix), il y a un vrai « ras-le-bol des policiers » face à la « multiplication des incidents et violences » à leur encontre.
Le dimanche 17 mai, à la cité des « 4.000 » de La Courneuve, des tirs à l’arme de guerre – une Kalachnikov de calibre 7,62 mm – avaient été essuyés par un fourgon de police convoyant deux gardés à vue, lors d’un guet-apens tendu par plusieurs personnes.
Durant de l’attaque, un des deux gardés à vue, arrêté un peu plus tôt dans la soirée pour des jets de projectiles sur un véhicule de police, avait tenté de prendre la fuite avant d’être rattrapé.
Ce dimanche, trois personnes, deux hommes de 24 ans et une femme de 21 ans, ont été mises en examen à Bobigny pour ces tirs à la Kalachnikov, l’un d’eux étant poursuivi pour « tentative de meurtre en bande organisée sur officiers de police« , ce qui est passible de la réclusion à perpétuité.
Ce type de violence, très rare en banlieue parisienne, avait suscité une vive émotion, notamment parmi les forces de l’ordre.
Après les incidents de Tremblay-en-France, M. Comte s’est inquiété du risque que des « phénomènes de guérilla urbaine » se multiplient « à l’approche de l’été« .
Samedi soir, des échauffourées ont opposé des policiers à une centaine de jeunes au Val Fourré, à Mantes-la-Jolie (Yvelines), sans faire de blessé, selon une source policière. Des policiers effectuant un contrôle d’identité ont été pris à partie et ont dû appeler des renforts pour se dégager, dispersant les jeunes par des tirs de gaz lacrymogène et de flashball (arme tirant des balles en caoutchouc).









