Emeute à la Réunion mars 2009

Heurts à la Réunion : 15 policiers blessés, 16 interpellations
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10/03/2009
Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se poursuivaient mardi en début de soirée après la manifestation contre la vie chère organisée à Saint-Denis de la Réunion. Des projectiles ont été jetés contre les policiers qui ont répliqué à l’aide de gaz lacrymogènes, au niveau d’un barrage routier dans le quartier populaire du Chaudron. Selon la préfecture, 15 d’entre eux ont été blessés et 16 personnes ont été interpellées. Du mobilier urbain, des véhicules administratifs et de nombreuses poubelles ont été détruits ou dégradés, a par ailleurs détaillé la préfecture, qui a également évoqué un début d’incendie dans un bus.
Les incidents ont démarré en milieu de journée devant la préfecture de Saint-Denis, à l’issue d’une manifestation qui a rassemblé entre 7.000 et 10.000 personnes selon les organisateurs (3.000 selon la préfecture). Face à ce regain de tension, le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (Cospar), qui mène la grève, a appelé au calme, tout comme le préfet, qui a ordonné aux forces de l’ordre « d’empêcher tout acte de pillage » et demandé à la population d' »éviter de se mêler aux délinquants ». « Le Cospar n’appelle pas à l’émeute. Il est responsable, il regrette profondément ce qui s’est passé », a ainsi déclaré le secrétaire général de la CFDT-Réunion Jean-Pierre Rivière.
Les négociateurs sous pression
Dans la foulée, le Collectif a annoncé la suspension des opérations coup de poing menées contre des grandes surfaces depuis jeudi dernier, jour où la Réunion a connu une première journée de grève, dans le sillage du conflit social en Guadeloupe et en Martinique. Il n’a pas non plus reconduit son mot d’ordre pour les prochains jours, la prochaine mobilisation étant fixée au 19 mars, date de la journée nationale d’action des syndicats, mais compte poursuivre mercredi les négociations à la préfecture.
Le préfet a demandé aux négociateurs « un accord le plus tôt possible », relevant de « réels résultats obtenus grâce aux efforts de chacun après seulement cinq jours des négociations », dont 150 euros de hausse de salaires, 50 euros de baisse de loyer des logements sociaux et une « baisse importante du prix de la bouteille de gaz et des carburants ». Lundi, les élus réunionnais ont cependant annoncé qu’ils refusaient, contrairement à leurs homologues antillais, de contribuer à l’augmentation des bas salaires dans le secteur privé. Quant au patronat réunionnais, il propose une prime mensuelle de 50 euros pour les plus bas salaires.

Réunion: membres des forces de l’ordre blessés et interpellations à l’issue d’une manifestation
SAINT-DENIS-DE-LA REUNION (AFP) — La seconde journée de grève et de manifestations du collectif contre la vie chère en Réunion a dégénéré mardi en affrontements entre des groupes de jeunes et les forces de l’ordre, dont 15 membres ont été blessés, alors que 16 personnes ont été interpellées.
Ces incidents interviennent cinq jours après la dernière flambée de violences en Martinique et alors que les Antilles françaises sont toujours en proie à une grave crise sociale.
Le Cospar, collectif qui mène le mouvement dans l’île de l’Océan indien, a appelé au calme tout comme le préfet qui ordonné aux forces de l’ordre « d’empêcher tout acte de pillage » et demandé à la population d' »éviter de se mêler aux délinquants ».
A 20H00 (17H00 à Paris), le calme n’était toujours pas revenu à Saint-Denis dans le quartier populaire du Chaudron où des petits groupes de jeunes continuaient à harceler les forces de l’ordre déployées en nombre.
Les incidents ont démarré en milieu de journée devant la préfecture, à l’issue d’une manifestation qui a rassemblé 7 à 10.000 personnes (organisateurs), 3.000 (préfecture). Des pierres ont été lancées contre les forces de l’ordre intervenues pour lever un barrage routier en tirant des grenades lacrymogènes.
Les jeunes se sont alors repliés dans les rues de la ville où ils ont brûlé des poubelles, incendié du mobilier urbain et barré des routes. Pourchassés par les gendarmes mobiles et les policiers, ils ont gagné le Chaudron, à la sortie Est de Saint-Denis où ils ont tenté de s’en prendre à une grande surface. Un policier qui tentait d’intervenir a été roué de coups sous les yeux des habitants.
Le Chaudron avait été en 1991 le théâtre de violentes émeutes qui avaient fait 9 morts, la plupart dans des incendies suite au pillage des magasins.
Face à ces dérapages, le Cospar n’a pas reconduit son mot d’ordre pour les prochains jours, la prochaine mobilisation étant fixée au 19 mars, date de la journée nationale d’action des syndicats. Il a décidé de poursuivre mercredi les négociations à la préfecture.
Le préfet a demandé aux négociateurs « un accord le plus tôt possible », relevant de « réels résultats obtenus grâce aux efforts de chacun après seulement cinq jours des négociations », dont 150 euros de hausse de salaires, 50 euros de baisse de loyer des logements sociaux et une « baisse importante du prix de la bouteille de gaz et des carburants ».
Une vingtaine de militants de la CGTR ont manifesté devant le commissariat de Saint-Denis pour demander la libération d’un des leurs arrêté.
A Saint-Pierre (sud), des manifestants ont fait fermer, sans violence, cinq grandes surfaces. Une de ces opérations a failli tourner au saccage après que les manifestants eurent démoli le portail donnant accès au parking.
Aux Antilles, la Martinique connaissait mardi son 34e jour du mouvement contre la vie chère, avec l’espoir d’un accord global sur la question salariale.
Les négociations, qui ont achoppé lundi soir, devaient reprendre à 15H00 (20H00 à Paris) entre le patronat (Medef et CGPME notamment) et le « Collectif du 5 février ».
La vie reprenait doucement son cours, les élèves retrouvant le chemin des cours, avec de plus en plus de petits commerces et restaurants ouverts, même si des blocages subsistaient autour de grandes surfaces, zones industrielles ou du port.
A la Guadeloupe, premier département d’outre-mer à se lancer dans le mouvement social le 20 janvier, et où un accord de sortie de conflit a été signé au bout de 44 jours, la situation revenait à la normale, à l’exception de quelques piquets dans des entreprises emblématiques, notamment de grande distribution.

Conflit social à la Réunion: Un gendarme mobile blessé par balle
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11.03.09
Un gendarme mobile a été blessé par un tir de carabine à Saint-Denis de la Réunion, dans la nuit de mardi à mercredi, selon la préfecture.. De violents affrontements ont opposé forces de l’ordre et casseurs en plusieurs endroits de l’île.

Mobilisation en baisse à La Réunion, des incidents éclatent
Par Reuters, publié le 10/03/2009
SAINT-DENIS DE LA REUNION – Plusieurs milliers de personnes ont manifesté mardi à la Réunion contre la vie chère, mais la mobilisation, dans le sillage des Antilles, semble déjà marquer le pas.
En marge de ce mouvement, des incidents entre jeunes et forces de l’ordre ont éclaté dans le quartier populaire du Chaudron, à Saint-Denis.
Jeudi dernier, de 15.000 à 30.000 personnes s’étaient mobilisées pour réclamer, entre autres, une augmentation de 200 euros des bas salaires et la baisse des prix de certains produits de consommation courante.
Selon le Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives de la Réunion (Cospar), les manifestations dans les deux plus grandes villes de l’île, Saint-Denis et Saint-Pierre, ont réuni mardi un total de 10.000 personnes.
La police évoque de son côté 3.000 manifestants à Saint-Denis et entre 2.000 et 2.500 à Saint-Pierre.
Sur les banderoles, on pouvait lire: « Le Medef doit payer« , « Réunionnais, soyez solidaires! » ou encore « Ti kréol kont gro profitèr » (« Petits créoles contre gros profiteurs« ).
En fin de manifestation, des affrontements ont opposé manifestants et forces de l’ordre devant la préfecture à Saint-Denis. Quelques projectiles ont été jetés contre les policiers, qui ont répliqué à l’aide de gaz lacrymogène.
Une partie des manifestants se sont ensuite dirigés à pied vers les quartiers est de la ville, incendiant sur leur passage des poubelles et jonchant la route de galets et de branches d’arbres pour perturber la circulation.
TENSION DANS LE QUARTIER DU CHAUDRON
La tension est montée dans l’après-midi autour d’une grande surface du quartier du Chaudron qui venait de fermer ses portes, comme l’ensemble des magasins du quartier. Selon la police, une trentaine de jeunes ont réussi à y piller le rayon hi-fi.
En début de nuit, la police faisait état de « quelques groupes de jeunes » encore action dans cette zone.
Une vingtaine de personnes ont été interpellées et on comptait 15 blessés dans les rangs de la police, selon le commissariat de Saint-Denis.
Dans un visible souci d’apaisement, le préfet de la Réunion avait annoncé lundi soir les baisses des prix de la bouteille de gaz et des carburants qui prendront effet mercredi, ce qui pourrait expliquer une mobilisation en berne.
De plus, cette nouvelle journée de mobilisation se déroule après le début des vacances scolaires.
« Si nous faiblissons, on va se perdre dans des négociations qui n’en finiront pas« , a déclaré Ivan Hoareau, porte-parole du Cospar, dans son discours devant les manifestants de Saint-Denis.
En milieu d’après-midi, le Cospar a appelé à l’interruption des opérations « coup de poing » contre la grande distribution jusqu’à mercredi, date de la reprise des négociations sur les prix et les salaires.
Dans un communiqué, le préfet Pierre-Henry Maccioni a demandé au collectif de suspendre ce type action et dit craindre « des tentatives d’acte de pillage organisé« .
Les négociations ont commencé vendredi sur la base de 62 revendications présentées par le Cospar.
Lundi, les élus réunionnais ont annoncé qu’ils refusaient, contrairement à leurs homologues antillais, de contribuer à l’augmentation des bas salaires dans le secteur privé.
L’accord signé en Guadeloupe la semaine dernière prévoit une contribution de 50 euros des collectivités locales à l’augmentation des salaires inférieurs à 1,4 Smic, l’Etat apportant 100 euros et les employeurs 50 euros.
Le patronat réunionnais propose une prime mensuelle de 50 euros pour les plus bas salaires.
« Le Medef avance 50 euros sans charges, c’est-à-dire moins de 25% de l’effort demandé, ce n’est pas assez« , a estimé Ivan Hoareau.
Edité par Yves Clarisse











