Emeutes dans le Guangdong 廣東暴动novembre 2008


Nouvelles émeutes liées à des licenciements
Rfi.fr
26/11/2008
Des employés d’une usine de jouets ont brutalement manifesté, ce mardi dans la région de Canton, après l’annonce du licenciement de plusieurs centaines d’entre eux. Des évènement qui inquiètent les dirigeants chinois, au point d’appeler les responsables locaux à faire preuve de doigté face à ces mouvements sociaux qui se multiplient depuis le début de la crise financière.
C’est encore une fois dans le Guangdong que cette nouvelle émeute a éclaté, entre Canton et Shenzhen. Cela, à la suite de l’annonce d’un plan social dans une usine de jouets fragilisée par la baisse des commandes des pays occidentaux. La société Kaida Toy, propriété d’un groupe hong-kongais, a décidé de licencier plus de 300 employés.
Une annonce qui a déclenché des émeutes à l’interieur et à l’extérieur de l’usine. Des métériels ont été détruits et des affrontement se sont déroulés avec la police. Six personnes ont été blessées et une vingtaine interpellées selon la police.
Un scénario identique s’était produit il y a quelques semaines dans la même région, à l’annonce de la fermeture d’une autre usine de jouets, entraînant la mise au chômage de plusieurs milliers de salariés.
Une nouvelle alerte, alors que les dirigeants chinois reconnaissent leur inquiétude face à ces évènements, au point de réclamer une autorisation avant toute décision de licenciement. La mesure a été mise en application en début de semaine, malgré les critiques de certains entrepreneurs selon lesquels les conséquences risquent d’ètre pires.
En attendant, un des plus hauts dirigeants chinois a récemment demandé plus de compréhension et plus de retenue de la part des autorités locales lorsqu’elles sont confrontées à des mouvements sociaux.
Chine: violentes manifestations d’ouvriers licenciés dans le Sud
26 novembre 2008
PEKIN – Des centaines d’ouvriers du sud de la Chine se sont affrontés avec la police mardi, et ont commis des déprédations dans leur usine, qui venait de procéder à des licenciements, ont indiqué les autorités locales mercredi.
Les troubles ont éclaté à la Kaida Toy Factory, un établissement appartenant à une compagnie de Hong Kong, établi depuis plus de 20 ans dans la région de Dongguan (province du Guangdong) qui est un important centre de manufactures tournées vers l’exportation.
500 ouvriers y ont pris part, sous l’oeil de 1.500 autres, « cassant cinq véhicules de police, pénétrant dans l’usine après s’être battus avec les gardes de sécurité, pour y casser des vitres et détruire des équipements », a indiqué le gouvernement local dans un communiqué.
6 personnes ont été blessées, selon la même source, tandis que 19 ont été interpellées, selon un porte-parole de la police.
Les manifestants « n’étaient pas tous des employés de Kaida Toy Factory », a aussi indiqué le porte-parole de la police, en précisant que la situation était calme mercredi.
Ces violences ont fait suite au licenciement de quelque 380 personnes, avec des conditions de départ différentes, ceux employés depuis plus de sept ans recevant davantage d’indemnités que les autres, a de son côté expliqué un journal local.
« Beaucoup de travailleurs ont trouvé cela injuste », a expliqué au Quotidien de Canton un des employés.
De nombreuses usines ont fermé dernièrement dans la province du Guangdong, dont les industries sont dédiées à l’exportation, un secteur menacé par le ralentissement économique mondial.
Des conditions fiscales moins favorables à partir de 2006 pour les exportations, des coûts plus élevés du travail et des matières premières ont fortement réduit les marges de nombreuses industries, d’autant que celles-ci ont dû adopter des normes de qualité plus élevées à la suite des nombreux scandales ayant entaché la réputation des produits « made in China » ces dernières années.
Le secteur du jouet a été l’un des plus touchés: plus de la moitié des exportateurs de jouets ont mis la clef sous la porte au cours des sept premiers mois de l’année, principalement les plus petits d’entre eux, mais aussi des groupes importants.
En octobre, Smart Union Group, un groupe de Hong Kong, a ainsi fermé des installations à Dongguan, qui employaient jusqu’à 7.000 personnes.
Les autorités s’inquiètent aujourd’hui de la situation de l’emploi qu’elles jugent « critique » et ont pris une série de mesures pour l’encourager, augmentant les remboursements de TVA sur les exportations et poussant au gel des salaires notamment.
Parallèlement, elles ont demandé aux forces de l’ordre de faire preuve de retenue dans leurs exercice de maintien de l’ordre en cas de grogne sociale.
(©AFP / 26 novembre 2008 09h10)
Pékin face à un sévère coup de frein économique
26.11.08 |
Cinq cents ouvriers chinois en colère ont saccagé les locaux de l’usine de jouets Kaida Toy Factory de Zhongtang (province du Guangdong) et détruit cinq véhicules de police, mardi 25 novembre, pour protester contre les conditions de licenciement de 380 salariés sur les 2 000 qu’emploie l’entreprise.
Cette émeute s’inscrit dans la longue liste des protestations populaires provoquées par le fort ralentissement de l’économie chinoise. Celui-ci s’est traduit par la disparition de la moitié des entreprises exportatrices chinoises de jouets au cours des sept premiers mois de l’année, et par des licenciements massifs dans la province du Guangdong.
Mais le recul des exportations affecte tout autant le secteur textile, l’industrie lourde (acier et ciment) et l’immobilier puisque les prix des logements chinois ont reculé de 3,5 % par rapport au sommet de la fin 2007, selon les statistiques de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
A court terme, les perspectives économiques sont sombres en Chine. La Banque mondiale vient, une nouvelle fois, d’abaisser ses prévisions de croissance, qui a culminé en 2007 à 11,7 % et qui reviendra à 9,4 % cette année.
En juin, elle avait prédit que l’année 2009 verrait une croissance de 9,2 % du produit intérieur brut chinois ; elle ne parie plus que sur 7,5 %. « Les six prochains mois seront difficiles », avertit Louis Kuijs, économiste du bureau de Pékin de la Banque mondiale, qui table sur une contamination de l’ensemble de l’économie chinoise par les secteurs en difficulté.
A elle seule, la chute des exportations et la poussée des importations – qui pourraient excéder les exportations pour la première fois depuis longtemps – amputeraient la croissance chinoise d’un point. Cela n’empêchera pas les réserves de la Chine, qui sont les plus importantes du monde devant les réserves japonaises, de passer de quelque 1 900 milliards de dollars à 2 550 milliards.
Bonne nouvelle pour les consommateurs : les prix devraient s’apaiser grâce à la décrue des cours des matières premières, et l’inflation devrait revenir de 6,5 % au milieu de cette année à 2 %, redonnant un peu de pouvoir d’achat aux ménages.
Malgré la multiplication des émeutes, les experts de la Banque mondiale contestent la thèse très répandue selon laquelle la Chine a besoin d’une croissance d’au moins 8 % pour donner du travail aux millions de migrants qui se sont déplacés des campagnes vers les zones littorales en expansion rapide. Selon eux, cette thèse n’a pas de base scientifique, et le marché du travail restera tendu.
De son côté, l’OCDE est optimiste à long terme, car elle juge que Pékin conduit une politique budgétaire « saine ». Ce qui a permis de lancer, le 10 novembre, un plan de soutien à la croissance associant une politique de grands travaux et des dépenses sociales qui ne menacent pas les finances publiques. Elle voit les exportations chinoises repartir à la hausse à partir de 2010, même si l’inexorable montée des coûts salariaux chinois ne permettra plus à la Chine de tailler des croupières aux industriels du reste du monde dans les mêmes proportions qu’au cours des cinq dernières années.
Alain Faujas













