Bruxelles octobre 2007
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Emeutes à Schaerbeek et Saint-Josse
LE SOIR.Be
Rédaction en ligne mercredi 24 octobre 2007, 21:29
En fin d’après-midi, des heurts impliquant des centaines de jeunes ont éclaté sur les territoires de Schaerbeek et de Saint-Josse sur fond de tension entre les communautés turques, kurdes et arméniennes. Il y a eu une centaine d’interpellations. Des incidents étaient encore constatés vers 20h.
La police a utilisé ce mercredi de puissants jets d’eau pour disperser des centaines de manifestants qui protestaient contre les rebelles kurdes du PKK dans deux quartiers à forte population turque de la capitale.
Brandissant des drapeaux turcs, des jeunes ont scandé des slogans hostiles au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), un mouvement rebelle interdit en Turquie qui figure sur la liste des organisations terroristes de l’Union européenne et qui a récemment attaqué l’armée turque dans le sud-est du pays, selon des images diffusées mercredi soir par les deux télévisions.
Les policiers « ont joué au chat et à la souris » avec les manifestants dans les petites rues du quartier, situé à cheval sur Schaerbeek et Saint-Josse et surnommé la « petite Turquie » en raison de ses nombreux restaurants et commerces tenus par la communauté turque.
Les forces de l’ordre ont également fait usage des véhicules munis de puissantes pompes à eau pour asperger les manifestants et tenter de les disperser. Selon la RTBF, la police a procédé à « une centaine » d’interpellations, la manifestation n’ayant pas été autorisée.
« Le parti terroriste du PKK a perpétré des attentats contre la communauté turque. Ce groupe est subventionné par les pays européens, il faut mettre fin à ça », expliquait sur une télévision un manifestant.
Des SMS interceptés
Ce mardi, la police avait intercepté des SMS échangés au sein de la communauté turque et appelant au rassemblement ce mercredi. Mobilisés par dizaines, les policiers se sont déployés tant à Schaerbeek qu’à Saint-Josse.
En fin d’après-midi, les premiers débordements ont été signalés chaussée de Haecht et place Liedts : en petits groupes, les manifestants ont provoqué les autorités avant de se replier aussi vite. Un jeu du chat et de la souris qui se prolonge encore actuellement.
Pour rappel, la petite commune de Saint-Josse abrite près d’un quart de la communauté turque de Bruxelles ainsi que de nombreux Kurdes et quelques Arméniens. Dès que se produit le moindre soubresaut politique en Turquie, elle importe la violence.
Victime involontaire d’un nationalisme exacerbé, du conflit turco-kurde et du génocide arménien. Dans la nuit de dimanche à lundi, de premiers incidents avaient déjà été enregistrés, le café d’un Arménien installé chaussée de Louvain ayant été saccagé par une dizaine d’individus armés de bâtons et de pierres. Alors, qu’à l’extérieur se trouvait un cortège d’au moins 300 personnes, brandissant drapeaux turcs et étendards des Loups Gris, formation turque ultranationaliste.
A 19 heures, la maison communale et le commissariat de Saint-Josse étaient bouclés par la police. Un immeuble et au moins un commerce avaient subi des déprédations. Un policier a été passé à tabac. A la chaussée de Haecht, les auto-pompes sont entrées en action.
Demannez déplore la situation
Le bourgmestre de Saint-Josse-ten-Noode, Jean Demannez (PS), a appelé au calme mercredi soir, déplorant les incidents qui se sont produits dans sa commune et à Schaerbeek dans l’après-midi et la soirée. Jean Demannez a dit comprendre que la communauté turque veuille exprimer sa solidarité avec la Turquie, dont l’armée a récemment été attaquée par les rebelles kurdes du PKK, et en raison de la situation tendue à la frontière turco-irakienne. « Mais ce qui se passe ce soir n’a aucun sens. Cette manifestation n’a pas fait l’objet d’une demande d’autorisation. Si tel avait été le cas, nous aurions pu l’encadrer avec la police, mais ce n’est plus possible maintenant », a-t-il déclaré.
Les manifestants, qui se sont rassemblés à partir de 17H00 sur la place Liedts, à Schaerbeek, ont été dispersés par la police. De nombreuses personnes ont obtempéré, mais un important groupe de jeunes s’est confronté aux forces de l’ordre, qui auraient déjà interpellé une centaine de fauteurs de troubles. Certains lançaient des pierres ou brandissaient des bâtons. Des véhicules ont aussi été incendiés, selon M. Demannez. Dans la rue de Liedekerke (Saint-Josse), les manifestants ont saccagé un café.
Des incidents étaient encore constatés à 20H00.
« Des incidents ont lieu sur quasi tout le territoire de Saint-Josse, mais aussi à Schaerbeek », a confirmé M. Demannez. « Des jeunes se déplacent en petits groupes. Il ne s’agit pas uniquement de jeunes provenant de nos communes ou de personnes manifestant pour la Turquie. Il y a aussi des jeunes qui cherchent seulement la bagarre ».
(Avec AFP)
Graves émeutes turques à Bruxelles
DH Info
Des extrémistes turcs ont tout cassé, hier soir à Saint-Josse et Schaerbeek. Une dizaines de policiers blessés
SCHAERBEEK/ST-JOSSE Imaginez une bande d’extrémistes flamands manifester leur colère contre les francophones – ou l’inverse – de façon plus qu’agressive dans le centre d’Istanbul (Turquie) en pleines négociations gouvernementales… Les autorités turques crieraient au fou. Hier, ce sont les loups qui se sont lâchés dans les environs de la place Liedts à Schaerbeek et, surtout, de la place Houwaert à Saint-Josse.
Visiblement manipulés par quelques Loups gris (extrémistes de droite turcs), plusieurs centaines de jeunes – entre 700 et 1.000 selon la police – se sont réunis sur ces deux places à forte concentration turque pour dénoncer les attaques du PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan en opposition armée contre le gouvernement turc. Avertis par SMS, ils ont commencé à affluer vers 17 h. Pour se retrouver à plusieurs centaines sur la place ten-noodoise. « Il y avait beaucoup de jeunes, nombreux étaient encagoulés », décrit un riverain qui avait déjà vu les balcons du quartier fleurir de drapeaux turcs la veille. « J’ai aussi vu des enfants, certains âgés de moins de dix ans. Ils tenaient leurs mères par la main… Une tentative d’arrestation a provoqué un début d’émeute » , poursuit ce témoin privilégie, « blessant des policiers ».
De fait, en début de soirée, certains Turcs ont caillassé les forces de l’ordre, pris une voiture de police en grippe, brisé quelques portes vitrées d’entrées des logements sociaux teen odois, brûlé des voitures et, de nouveau, saccagé un café dans la rue de Liedekerke, toujours à Saint-Josse. Bref, une sacrée panique dans un quartier bouclé de part en part par les camions de police et auto-pompes.
En fin de soirée, le chef de corps de la police de la zone Schaerbeek, Saint-Josse, Evere David Janssenne annonçait qu’une dizaine de policiers avaient été blessés, dont trois grièvement. « Les forces de police ont procédé à une centaine d’arrestations », expliquait-il, néanmoins satisfait par le fait que les manifestants n’aient pas réussi à atteindre les ambassades, dont celle des Etats-Unis toute proche. À Schaerbeek, la police avait, un peu plus tôt dans la soirée, activé ses pompes à eau et chargé sur les manifestants, répondant aux jets de pierres en tout genre. Elle a aussi procédé quelques interpellations même si les bandes étaient visiblement très mobiles, se déplaçant rapidement entre les deux places. Trois tramways ont par ailleurs été endommagés tandis qu’un chauffeur du bus ainsi que deux ou trois passagers 61 ont été agressés… Le bourgmestre de Schaerbeek Bernard Clerfayt (FDF) avait pourtant clairement expliqué à la communauté turque que toute manifestation n’ayant pas fait l’objet d’une demande à la commune était interdite. « Nous avons lancé des messages aux radios turques, dans leurs journaux. Nous avons prévenu tout le monde qu’il était hors de question de laisser des tels événements se dérouler sur notre territoire, qu’il n’était pas question d’autoriser cette manifestation » , a expliqué le maïeur. La communauté turque était donc prévenue. Ils n’en ont pas tenu compte. Hier soir, vers 22 h, une quarantaine de jeunes squattaient encore la place Houwaert. Ils venaient d’arracher un panneau de métal qu’ils ont balancé au milieu de la place. Des faits similaires ont été constatés à Anvers hier soir. 200 Turcs ont manifesté dans le centre-ville sans provoquer aucun incident…
93 interpellations après les émeutes
L’intervention des policiers, mercredi dès 14 heures à la place Liedts, à Scharbeek, aurait permis d’éviter des incidents plus graves
BRUXELLES Au total, 93 personnes ont été privées de liberté, mercredi soir, dans le cadre des incidents à Saint-Josse et Schaerbeek commis à la suite du rassemblement de ressortissants turcs à la place Liedts à Schaerbeek, a-t-on appris jeudi au cours d’un point presse organisé par les bourgmestres des Communes de Saint-Josse, Schaerbeek et Evere.
Quatre-vingt-cinq personnes ont été arrêtées administrativement et 8 judiciairement, dont 3 ont été mises à disposition du parquet de Bruxelles. Parmi ces trois suspects, un seul est majeur.
Sur les 85 personnes arrêtées administrativement, 21 sont domiciliées en dehors des communes de Saint-Josse, Schaerbeek et Evere et 10 en dehors de l’agglomération bruxelloise.
Six policiers ont été blessés, dont quatre plus sérieusement. Un véhicule de police a été bloqué par une voiture avenue Jottrand à Saint-Josse. Des pierres ont été jetées par des jeunes en direction du véhicule policier et trois agents ont été frappés à coups de barre de fer. Les policiers ont été contraints de pousser avec leur voiture d’autres véhicules pour se frayer un chemin et s’enfuir.
Les trois policiers ont été admis à l’hôpital d’où ils sont ressortis durant la nuit. Ils subiront une incapacité de travail d’une durée indéterminée.
Les trois occupants de la voiture qui a bloqué le véhicule de police ont été interpellés de même que deux auteurs présumés de jets de pierre.
Un autre policier a été mis au sol et frappé par une dizaine de personnes à la rue de Liedekerke à Saint-Josse. Des lésions ont été constatées au niveau du cou, selon la police. Le policier subira également une incapacité de travail à durée indéterminée.
Parmi les manifestants, la police n’a pas eu connaissance de blessés.
Au niveau matériel, des dégâts ont été provoqués à du mobilier urbain, à des véhicules ou encore à des trams de la STIB. Les lieux stratégiques comme l’ambassade des Etats-Unis ou les commerces arméniens ou kurdes ont été épargnés en raison de la forte mobilisation des forces de l’ordre.
La police locale de la zone Bruxelles-Nord a indiqué jeudi que l’intervention des policiers mercredi dès 14 heures à la place Liedts, à Scharbeek, où étaient attendus 2.000 personnes, a permis d’éviter des incidents plus graves.
Le bourgmestre de Schaerbeek, Bernard Clerfayt, a rappelé que la manifestation n’était pas autorisée. En raison des incidents qui avaient déjà éclaté à Saint-Josse et à Bruxelles dimanche soir, les autorités communales qui avaient eu vent du projet de rassemblement avaient décidé de mettre en place un dispositif policier important.
Quelque 200 policiers ont été mobilisés mercredi soir sur la zone de police de Bruxelles-Nord (Schaerbeek, Saint-Josse et Evere) et 150 sur la zone de Bruxelles-Ixelles. Quatre arroseuses de la police fédérale avaient amenées sur place mercredi.
L’objectif du rassemblement était double selon le bourgmestre de Schaerbeek. Les manifestants avaient l’intention de se rendre à l’ambassade des Etats-Unis et de saccager les établissements kurdes ou arméniens.
Les appels au rassemblement ont été lancés par sms, internet et des chaînes de télévision turcophones qui émettent depuis l’Allemagne. De nouveaux sms appelant à un rassemblement jeudi soir et samedi circulent dans la communauté turque bruxelloise. Les autorités communales de Schaerbeek et Saint-Josse ont averti que le dispositif policier sera maintenu durant les prochains jours.









