Cergy : articles presse et internet
A Cergy, des violences ignorées par les médias
Cergy 17 juin 2007
LEMONDE.FR | 22.06.07 |
A l’exception du Parisien, les médias traditionnels n’ont pas relayé l’information sur les violences qui ont éclaté à l’issue du festival 100 Contests de Cergy. L’article du quotidien, dans sa déclinaison locale du Val-d’Oise, est daté du mardi 19 juin. Ce texte se base sur le témoignage d’une jeune habitante de Cergy. Il a été repris de nombreuses fois. Des blogs d’extrême droite s’en sont saisis, en changeant le titre qui évoque les « scènes d’émeutes banales, cachées par les médias ».
Dès lundi 18 au matin, le mensuel étudiant Contrepoint avait lui aussi traité l’information sur son site. Cet article précise le déroulement des événements de la soirée, depuis le « premier mouvement de foule lié à une petite échauffourée » jusqu’aux « pistolets à grenaille, hache, barres de fer ». Son auteur regrette qu’un « festival gratuit » ait « pris cher ». Ce lien vers ce texte se retrouve dans plusieurs sites d’information locale, comme Cergyrama ou encore sur des blogs. L’opposition municipale, regroupant les « non-inscrits, l’UDF et l’UMP », s’est elle aussi émue, sur son site Internet Cergy ensemble, des « désordres prémédités » de cette manifestation culturelle.
SUR LES SITES DE PARTAGE DE VIDÉOS
Lors des « violences » de la gare du Nord, en mars dernier, les témoins avaient diffusé des vidéos amateurs, réalisées à l’aide de téléphones portables. Ces documents ont parfois été repris par les télévisions et largement diffusés sur les sites de vidéos communautaires. Dans le cas de Cergy, seules deux vidéos témoignent des événements.
Lorsque les violences commencent, le concert est déjà annulé et la foule venue assister au spectacle est clairsemée. Un des organisateurs, que l’on devine sur scène, appelle au micro la sécurité à faire « sortir les gens de la scène » et se demande « ce que fait la police ».
100 CONTESTS : festival des violences urbaines ?
Par Thibaud Pombet
Dans Conscience libre
Le Lundi 18 juin 2007 à 13:49
Dimanche soir à Cergy, le show de clôture de “100 CONTESTS“, festival international des cultures urbaines, s’est terminé en émeute généralisée. La pluie pourtant abondante n’a pas su refroidir les ardeurs de bandes rivales qui voulaient en découdre sans prêter attention au public nombreux présent pour assister au concert gratuit.
Des débuts prometteurs
Nous sommes à Cergy-Pontoise, banlieue du 95, où quelques quartiers sont en rivalité au sein même de la ville. C’est la 4ème édition du festival, mais la première d’envergure internationale. Le lieu est agréablement propice à un tel éventail des pratiques urbaines : vue sur notre belle capitale et sur l’Oise, proximité de la forêt et grand espace à ciel ouvert. Bref ! Tout s’annonce pour le mieux, et de nombreuses festivités se déroulent sans heurts durant les trois premières journées. Au programme : compétitions de basket, BMX, expression libre en graffiti, training dans des skate park, trial et, pour le côté musical, de nombreuses têtes d’affiche prévues.
Si la violence excelle, le rap en est l’étincelle…
Après deux jours de festival, le rap français est à l’honneur le dimanche avec la Mafia K’1 Fry, Youssoupha, Philemon, La Fouine ou encore Casey… Vers 21h, deux animateurs de Generations annoncent la soirée : le public semble conquis.
Peu à peu, des personnes du public prennent à partie les artistes sur scène : les animateurs tentent de calmer les esprits… L’atmosphère devient tendue, premier mouvement de foule lié à une petite échauffourée. Les stands de ventes sur le site ferment leurs tentes alors que le concert tente de reprendre.
Un deuxième mouvement de foule plus important, une vague de gaz lacrymogène, quelques coups de feu. Tout se précipite, des cannettes en verre volent, des pierres sont jetées. On se croirait presque dans une reconstitution historique de film, avec deux clans se faisant face.
Les renforts arrivent !!!
Non ce ne sont pas des renforts policiers, mais de nombreux protagonistes qui arrivent par bandes, avec des objets divers : pistolets à grenaille, hache, barres de fer, bout de bois avec des clous… La situation semble stagner pendant près d’une demi heure.
MAIS QUE FAIT LA POLICE ? Pas grand-chose pour le moment, un escadron de CRS est mis en déroute par des jeunes de 14 à 20 ans. Les agents de sécurité du site sont débordés.
Le Parisien Mardi 19 juin
L’événement Cergy
«C’ÉTAIT TOTALEMENT irréel. » Hier après-midi, Maud, qui vit depuis dix ans près de la gare RER de Cergy-Saint-Christophe, n’en revenait toujours pas. De chez elle, vers 22 h 30, dimanche, elle a assisté aux scènes d’émeutes qui ont frappé son quartier une partie de la nuit.
La pharmacie a été littéralement éventrée, ses armoires renversées, les vitres de la brasserie l’Escale n’ont pas résisté aux coups et aux projectiles de toutes sortes, ni le hall de la gare. Pas une cabine téléphonique, ni un arrêt de bus n’ont été épargnés.
Hier, les commerçants, écoeurés, s’affairaient à effacer les stigmates de cette nuit de violences. Le patron du café entame le nettoyage, tandis que le personnel de la pharmacie tente de remettre un peu d’ordre pour rendre sa boutique accessible. « L’activité reprend dès demain matin (NDLR, aujourd’hui) », promet le pharmacien. A la SNCF, on estime à dix jours le délais pour remettre la gare en état et sécuriser les guichets.
Les premiers affrontements ont commencé en soirée à quelques centaines de mètre de là, au festival des cultures urbaines 100 Contests, organisé tout le week-end sur l’esplanade de l’Axe majeur.
« Tout a coup, il y a eu de gros mouvements de foule », raconte Ben, un participant. « Il y avait principalement deux bandes de 150 à 200 personnes venues régler leurs comptes, avance Philippe. On s’est réfugié en haut des bosses réservées aux démonstrations de BMX pour se protéger. En quelques instants, les jeunes se sont fait des armes avec tout ce qu’ils trouvaient sur leur passage, en arrachant des planches, en volant de force les outils des techniciens du festival… » « Il y avait des dizaines de gars qui couraient dans tous les sens les visages cachés par leur sweat, ajoute un autre. J’ai même entendu trois ou quatre détonations. Ces personnes sont inconscientes, déchaînées et dans ces moments, elles se moquent des conséquences. » Plusieurs témoins parlent aussi de machettes et même d’une hache…
Vers 21 h 30, le festival est prématurément stoppé. Les mouvements de foules hostiles, dispersés par des gaz lacrymogène, se poursuivent vers la gare RER, où les forces de l’ordre prennent position. Des images filmées par un spectateur montrent un énorme nuage blanc au-dessus de la place des Colonnes et des jeunes casseurs encagoulés se déplaçant par groupes de 10 à 20. Les participants désirant regagner leurs domiciles se sont retrouvés avec eux à la gare, seule possibilité pour quitter Cergy, les chauffeurs de bus du Noctilien ayant fait valoir leur droit de retrait après les premiers incidents de la veille… A quelques dizaines de mètres de là, élus et habitants se retrouvent retranchés au gymnase des Roulants où s’achève la soirée des législatives. A l’extérieur, une voiture de la police municipale part en fumée. La SNCF interrompt le trafic entre 22 h 45 et 23 h 30 sur la station RER, les voies ferroviaires étant envahies par les jeunes.
« C’était chaud. C’était impossible de sortir de la gare par l’entrée normale et on a dû escalader un talus puis les grilles », raconte Baptiste, 18 ans, venu du Val-de-Marne. La circulation rétablie, les incidents se poursuivent à Cergy-Préfecture, où des vitrines sont brisées et une voiture endommagée.
CERGY, HIER A 1 HEURE. Vitrines, cabines téléphoniques et arrêts de bus détruits, véhicules incendiés, c’est le triste bilan d’une nuit qui aurait dû restée festive. Plus de cent vingt policiers ont été mobilisés dans la soirée de dimanche pour essay (LP/C.G)









