Kenya décembre 2007- janvier 2008
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Les émeutes risquent d’affecter le décollage de l’économie du Kenya
20 minutes
Tony Karumba AFP ¦ Manifestation de partisans de Raila Odinga dans un bidonville de Nairobi, le 1er janvier 2008
Les émeutes qui secouent le Kenya depuis les élections générales du 27 décembre risquent d’affecter durablement l’économie d’un pays qui connaissait jusque lors une forte croissance et de toucher toute la population, des habitants des bidonvilles aux chefs d’entreprises.
Généralement considéré comme un pays stable politiquement et ouvert aux investisseurs étrangers, le Kenya affiche un taux de croissance passé de 3% en 2003 à 6,1% en 2006 et le gouvernement table sur une croissance de 6,5% en 2007, selon le Centre kényan des statistiques.
Les sanglantes émeutes qui ont fait plus de trois cents morts depuis les élections générales controversées du 27 décembre ont plongé le pays dans une crise majeure, dont les effets se font déjà sentir sur l’économie nationale.
A Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, ces conséquences ont été immédiates. « Il n’y a plus d’eau et d’électricité depuis une semaine, maintenant il n’y a plus rien à manger », témoigne, Rose, 24 ans, mère de deux enfants.
Non loin de sa bicoque, le marché Toi a été totalement dévasté par les émeutiers. « Il y avait 3.000 commerçants ici, et 3.000 autres personnes employées sur le marché. Si vous comptez leurs familles et les clients, 200.000 personnes dépendaient de cet endroit », explique le président de l’association des commerçants du marché, Ezechiel Rema.
Des millions de shillings (la devise kényane) de nourriture ou de vêtements sont partis en fumée dimanche soir lorsque des émeutiers ont incendié les échoppes appartenant à des membres de l’ethnie kikuyu, dont est issu le président Mwai Kibaki.
Avec les successions de jours fériés et les troubles électoraux, toute l’économie du pays est à l’arrêt depuis une semaine. Les pénuries de carburant commencent à toucher le Kenya, mais aussi des pays voisins comme l’Ouganda.
La plupart des importations des pays de la région des Grands lacs africains transite par le port kényan de Mombasa, lui aussi paralysé.
Face à cette crise, les milieux d’affaires kényans ne cachent pas leur inquiétude. « De telles violences n’augurent rien de bon pour les affaires, car elles induisent des coûts supplémentaires et découragent les investissements », relevait lors d’une récente conférence de presse la présidente de l’association kényane des entreprises, Betty Maina.
« Ce qui est sûr, c’est que la réputation du Kenya a été écornée (…) Mais il est encore trop tôt pour mesurer l’impact (de la crise). Nous verrons comment les marchés réagiront » mercredi à la réouverture de la bourse de Nairobi, relève un banquier étranger établi au Kenya.
Selon l’analyste en chef de Standard Chartered Afrique, Razia Khan, le shilling et les valeurs kényanes pourraient connaître un coup de frein brutal si la violence ne diminue pas et qu’un compromis politique n’est pas trouvé.
« Bien que les performances économiques (du Kenya) aient été bonnes, l’électorat a toujours montré sa préférence pour un changement, et peut-être une impatience sur la lutte contre la corruption », juge l’analyste.
La crise menace aussi directement le secteur du tourisme, en pleine expansion. Les revenus de ce secteur, – gravement touché après les attentats d’Al-Qaïda au Kenya en 1998 et 2002 – sont ensuite passés de 190 millions d’euros en 2002 à 617 millions d’euros en 2006.
Pour ce secteur, les images d’émeutes et les violences qui ont touché Mombasa et la côte kényane ont un effet désastreux.
Des capitales européennes, mais aussi Washington et Ottawa, ont déconseillé lundi les départs vers le Kenya, tandis que certains tours-opérateurs ont suspendu les voyages prévus. © 2008 AFP
Violences post-électorales au Kenya en 2007-2008
Wikipedia
La crise de violence au Kenya est née suite à l’élections présidentielles du 27 décembre 2007. Un bilan de la police du 25 février 2008 fait état de plus de 1 500 morts depuis le déclenchement des violences. Le conflit a également fait environ 300 000 déplacés.
Le président sortant Mwai Kibaki est déclaré vainqueur alors que les partisans de Raila Odinga, contestent cette réélection en raison de fraudes massives. Cette contestation dégénère en violence dans plusieurs villes du pays où les partisans des deux hommes s’entretuent. Localement, ces violences prennent l’aspect d’un conflit interethnique : les Kikuyu, traditionnels soutiens du président, ont été pris à partie par les partisans de l’opposition.
Chronologie
- 29 décembre 2007: Un dirigeant du Mouvement démocratique orange (ODM) affirme que Raila Odinga a remporté l’élection. Des émeutes éclatent dans l’ouest du pays et dans les bidonvilles de Nairobi, pour protester contre la lenteur du processus de dépouillement et les accusations de fraudes.
- 30 décembre : Raila Odinga accuse le président sortant Mwai Kibaki de fraude sur 300 000 voix. La commission électorale annonce la victoire du président sortant avec 230 000 voix d’avance. Des émeutes éclatent dans le plus grand bidonville Kibera et les grande ville de l’ouest. Mwai Kibaki prête serment alors que l’ODM appelle à rejeter ces résultats.
- 31 décembre : 104 personnes sont tuées à Kisumu et 19 autres à Mombasa. Le président appelle à la réconciliation et s’engage à agir avec fermeté contre les émeutes. 1
- 1 Janvier 2008:Près de la ville d’Eldoret, alors que 300 à 400 personnes s’y étaient réfugiées, une église a été incendiée causant la mort d’au moins 35 personnes. Dans la nuit précédente, 18 personnes avaient été tuées à Eldoret. A Kisumu, 55 personnes ont été tuées et 10 autres sont mortes à Mombasa dans l’incendie criminel de leur maison. L’Union africaine et l’Union européenne ont appelé à la retenue et au dialogue les représentants de chacune des parties. La mission d’observation de l’Union européenne, estimant que les élections n’avaient pas respectées les critères internationaux et régionaux d’élections démocratiques, a demandé une enquête indépendante sur les résultats de la présidentielle[1].
- 2 janvier Le porte-parole du gouvernement, Alfred Matua, a accusé les partisans de Raila Odinga, membre de l’ethnie Luos, d’être impliqués dans un nettoyage ethnique contre les Kikuyu dont fait parti le président. Les partisans de Raila Odinga accuse pour leur part les Kikuyus, de se livrer elle aussi à un nettoyage ethnique[2]. Samuel Kivuitu, président de la commission électorale kenyane a déclaré avoir subi des pressions et ne pas être sûr de la victoire du président sortant[3]. Plusieurs personnalités internationales comme Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat américaine ou le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-Moon ont appelé les deux candidats à la négociation afin de mettre un terme aux violences[4].
- 3 janvier : Le Mouvement démocratique orange avait appelé à un vaste rassemblement de ses partisans du parc Uhuru dans la capitale. Il a été interdit par le gouvernement. Devant le dispositif policier mis en place, l’ODM a décidé de reporter au 8 janvier ce rassemblement. Dans la journée, les forces de police ont dispersé avec des canons à eau des centaines d’opposant cherchant à se rendre au centre de Nairobi. Elles ont tiré en l’air des balles réelles et ont fait usage des gaz lacrymogènes contre les partisans d’Odinga aux abords du bidonville de Kibera. Deux députés de l’ODM, Shabir Shabeer et Olago Aluoch, ont été arrêtés pour incitation à manifester en ville[5].
- 5 janvier : Le président sortant Mwai Kibaki se déclare favorable à un gouvernement d’union nationale
- 6 janvier : Raila Odinga s’est dit prêt à un partage du pouvoir avec le président sortant si celui ci reconnaissait sa défaite[6].
- 7 janvier : Des responsables de la police annonce sous couvert d’anonymat le bilan d’au moins 600 morts alors que le gouvernement fait état de 486 morts. La Conférence internationale pour la région des Grands lacs africains (CIRGL) qui réuni 11 pays de la sous-région considère que certaines de ces violences s’apparentent à du « nettoyage ethnique et de génocide ». le Mouvement démocratique orange (ODM) a annulé les manifestations prévues le 8 en raison de la venue prochaine du président en exercice de l’Union africaine (UA), John Kufuor[7].
Le président sortant Mwai Kibaki a invité le leader de l’ODM Raila Odinga à « une rencontre pour un dialogue visant à la fin des violences dans le pays, à la consolidation de la paix et à la réconciliation nationale »[8].
- 8 janvier : Raila Odinga a déclaré ne vouloir rencontrer le président sortant que dans le cadre d’une rencontre menée sous l’égide du président en exercice de l’Union africaine John Kufuor. Le président ghanéen est arrivé à Nairobi pour tenter une médiation[9]. Mwai Kibaki a annoncé la nomination partiel de son gouvernement, avec au poste de vice-président Kalonzo Musyoka, candidat arrivée en 3e position lors de l’élection présidentielle. Cette nomination a été qualifiée de manœuvre et de plaisanterie par Raila Odinga[10]
- 9 janvier : le président ghanéen, président en exercice de l’Union africaine a rencontré à plusieurs reprises les deux protagonistes Mwai Kibaki et Raila Odinga [11].
- 10 janvier : Constatant son échec de sa tentative de médiation, John Kufuor a passé le relais à l’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan[12]
- 11 janvier : Après l’échec de la médiation de l’Union africaine, le Mouvement démocratique orange (ODM) a annoncé la reprise des manifestations pour contester la réélection du président sortant Mwai Kibaki[13]. Elle a annoncé des manifestations dans 30 villes pendant trois jours, du 16 au 18 janvier. Les autorités ont immédiatement déclarées ces manifestations illégales[14].
Vue de Nairobi, la capitale du Kenya
- 12 janvier : L’Union européenne, les États-Unis et les Nations unies ont lancé chacun des appel aux responsables politiques kenyans afin de sortir de la crise[15].
- 15 janvier : Kenneth Marende, candidat du Mouvement démocratique orange (ODM) a été élu président de l’assemblée nationale en obtenant 105 voix contre 101 au candidat de parti présidentiel Francis Ole Kaparo[16].
- 16 janvier : Malgré l’interdiction, des manifestations se sont déroulées dans plusieurs villes du pays, rassemblant plusieurs centaines de participants à Nairobi et Kibera, et un millier à Kisumu où la police a tué 3 personnes. À Eldoret des barrages ont été érigés par des opposants au président. À Mombasa, 150 jeunes ont dressé des barricades et enflammé des pneus[17]. Moses Wetangula, ministre des Affaires étrangères, a affirmé dans un communiqué que les « chefs d’État et personnalités africaines sont les bienvenus au Kenya pour faciliter le dialogue entre les responsables politiques en vue d’une solution durable à la situation politique actuelle dans le pays» [18].
- 17 janvier : le groupe d’observateurs du Commonwealth a rendu son rapport final et conclut que le processus entamé à la fermeture des centres de vote ne répondait pas aux critères internationaux[19].
- 20 janvier : Dans un entretien à l’hebdomadaire Jeune Afrique, la prix Nobel de la paix Wangari Muta Maathai appelle à un partage du pouvoir entre le président sortant et le chef de l’opposition[20].
- 23 janvier : L’ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a commencé, sa médiation au Kenya alors que les violences se poursuivent. Au moins 780 personnes ont été tuées depuis le début de la crise<ref<Kenya : Kofi Annan commence sa médiation sur fond de violences, Le Monde.fr 23 janvier 2008</ref>.
- 22 janvier : le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a condamné « les violations massives des droits de l’Homme commises au cours des dernières semaines » et « demandé qu’une enquête approfondie soit menée en vue d’identifier les responsables de ces violations et de les traduire en justice »[21]
- Une manifestation de soutien au président Mwai Kibaki rassemblant des centaines de personnes à Nairobi a été dispersée par la police qui a eu recours aux gaz lacrymogènes[22].
- 24 janvier : Le président sortant Mwai Kibaki et l’opposant Raila Odinga se sont rencontrés à l’initiative de l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan. L’ancien secrétaire général des Nations unies a dénoncé la poursuite de la violence l’ « usage excessif de la force par la police » [23].
- 27 janvier : Les violences se multiplient dans la Vallée du Rift où 40 personnes ont trouvées la mort. À Naivasha, 14 personnes ont péri, brûlées vives[24]. Alors qu’au moins 116 personnes ont trouvées la mort depuis le 25 janvier, l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, médiateur de l’Union africaine, a rencontré à Nairobi Raila Odinga et les responsables du Mouvement démocratique orange (ODM)[25]
- 28 janvier : Des manifestations ont dégénérées dans l’ouest du pays. A Kisumu, la police a tiré en l’air et fait l’usage de bombe lacrymogène. Un manifestant aurait été tué[26].
- 29 janvier : Un député de l’opposition, Melitus Were, a été tué dans la nuit du 28 au 29 à Nairobi. Des affrontements ethniques ont éclatés dans le bidonville de Kibera[27].
- 30 janvier : La police aurai reçu ordre de tirer pour tuer les pillards, les incendiaires et les personnes portant des armes ou bloquant les routes[28]. Un rassemblement s’est tenu à Nairobi rassemblant des Kenyans appelant à la fin des violences qui ont fait au mois 850 morts.
- 31 janvier : Un deuxième député du Mouvement démocratique orange (ODM), David Kimutai Too, a été tué à Eldoret[29]
- 1er février : Kofi Annan a annoncé la signature d’un accord entre les deux camps prévoyant notamment des mesures pour mettre un terme aux violences et un calendrier des négociations[30].
- 11 février : Kofi Annan a invité « les équipes de négociateurs à reprendre les discussions en dehors de Nairobi dans le but de parvenir à un accord sur les importantes questions politiques dans les prochaines 48 à 72 heures » et leur a demandé de ne pas parler des négociations en cours avec l’extérieur[31].
- 12 février : Kofi Annan a annoncé à l’ouverture d’une séance d’information au Parlement sur l’avancée des pourparlers la création d’une « commission indépendante qui sera chargée d’enquêter sur tous les aspects de la présidentielle »[32].
- 13 février : alors que les négociations se poursuivent, Kofi Annan a, devant le parlement, proposé la constitution d’un gouvernement de grande coalition chargé pendant deux ans avant la tenue d’une élection présidentielle. Le camp présidentiel a rejette cette proposition[33].
- 14 février : les partisans du président et l’opposition sont arrivé à un accord qui prévoit la rédaction d’une nouvelle constitution d’ici un an[34].
- 15 février : Kofi Annan annonce qu’un accord global est très proche, annonçant une reprise des négociation pour le 19 février[35]. La police a annoncé l’ouverture d’enquêtes sur plus de 200 personnages locaux, dont des hommes politiques, des leaders religieux et des hommes d’affaires, soupçonnés d’avoir financé ou incité aux violences, certains suspects ayant été interpellés[36].
- 20 février : Anyang Nyongo, secrétaire général du parti de Raila Odinga, l’ODM, a souhaité le Parlement soit convoqué d’ici une semaine pour voter les réformes nécessaires dans la constitution pour appliquer les propositions de la médiation. Il a menacé de reprendre les manifestations si le parlement n’était pas convoqué[37].
- 21 février : Les négociations se poursuivent, les deux partes s’entendant pour la création d’un poste de Premier ministre pour Raila Odinga. Les prérogatives restent à déterminer, l’ODM souhaitant un poste de Premier ministre doté de larges pouvoirs exécutifs, les partisans du président sortant celui d’un Premier ministre sans responsabilité exécutive[38].
- 25 février : Un nouveau bilan de la police fait état de plus de 1 500 morts depuis le déclenchement des violences. Le conflit a également fait environ 300 000 déplacés[39].
- 28 février : signature d’un accord de partage du pouvoir entre le président Kibaki et l’opposant Odinga, pour résoudre la crise.
Références]
- ↑ Kenya: au moins 35 personnes brûlées dans une église, 306 morts depuis l’élection, Afp, 2 janvier 2008
- ↑ Le président kényan accuse Odinga de nettoyage ethnique, Reuters 2 janvier 2008
- ↑ The East African Standard, cité par Courrier international du 2 janvier 2008
- ↑ Mobilisation diplomatique pour empêcher le Kenya de sombrer dans le chaos, Afp, 2 janvier 2008
- ↑ Dans Nairobi en état de siège, l’opposition reporte son grand rassemblement, Afp, 3 janvier 2008
- ↑ Kenya: le chef de l’opposition prêt à un partage du pouvoir, sous condition, Afp, 6 janvier 2008
- ↑ Au moins 600 morts dans la crise kenyane, dernier jour de médiation américaine, Afp, 7 janvier 2008
- ↑ Le président Kibaki invite son rival Odinga à une rencontre vendredi, Afp, 8 janvier 2008
- ↑ Odinga refuse de rencontrer Kibaki en tête à tête au Kenya, Reuters 08 janvier 2008
- ↑ Kibaki nomme un gouvernement « d’ouverture », rejeté par Odinga, Afp, 9 janvier
- ↑ Kibaki nie toute crise, l’Union africaine cherche une solution, Afp, 9 janvier 2008
- ↑ Kenya: échec de la mission de l’Union africaine, Kofi Annan prend le relais, Afp, 11 janvier 2008
- ↑ L’opposition kenyane va reprendre ses manifestations, Reuters 11 janvier 2008, cité par Le Monde.fr
- ↑ Les Kényans se préparent à une probable nouvelle semaine de troubles, Afp, 13 janvier 2008
- ↑ Appels de la communauté internationale face à la crise au Kenya, Reuters, 12 janvier 2008 cité par Le Monde.fr
- ↑ L’opposition conquiert le perchoir et se prépare à manifester, afp, 15 ajnvier 2008
- ↑ Heurts entre manifestants et policiers au Kenya, 3 morts, Reuters 16 janvier 2008
- ↑ Les médiateurs africains sont les bienvenus au Kenya, selon le gouvernement
- ↑ Commonwealth: les élections au Kenya n’ont pas répondu aux critères internationaux, xinhua19/ juillet 2007
- ↑ Wangari Maathai « Seule solution : le partage du pouvoir », jeune Afrique, 20 janvier 2008
- ↑ L’Union Africaine dénonce des violations des droits de l’Homme, Kofi Annan attendu , Afp, 22 janvier 2008
- ↑ La police disperse par la force des manifestants pro-Kibaki à Nairobi, Afp, 22 janvier 2008
- ↑ Crise au Kenya : premier face-à-face Kibaki-Odinga « encourageant », selon Annan, Afp, 24 janvier 2008
- ↑ 40 nouveaux morts dans l’ouest, dont 14 personnes brûlées vives, Afp, 28 janvier 2008
- ↑ Poursuite des violences dans le Rift, Annan rencontre Odinga, Afp, 27 janvier 2008
- ↑ Chaos dans la vallée du Rift, émeutes à Kisumu, Reuters 28 janvier 2008
- ↑ Un député abattu à Nairobi, les violences se poursuivent, reuters, 29 janvier 2008
- ↑ Kenya: la police a ordre de « tirer pour tuer » les pillards, Afp, 30 janvier 2008
- ↑ Un deuxième député kenyan tué, poursuite des médiations, Reuters, 31 janvier 2008
- ↑ Accord au Kenya pour mettre fin à la violence, Panapress, Afrik.com samedi 2 février 2008
- ↑ Annan invite les parties à négocier au secret en dehors de Nairobi, Afp, 11 février 2008
- ↑ La médiation met sur pied une commission d’enquête sur les élections, Afp, 12 février 2008
- ↑ La « grande coalition » d’Annan irrite le camp présidentiel, Afp 13 février 2008
- ↑ Accord pour une nouvelle Constitution au Kenya avant un an, Reuters 14 février 2008
- ↑ Un accord global est « très proche » selon Annan, afp, 15 février 2008
- ↑ Kenya : enquête sur des personnages impliqués dans les violences post-électorales, Xinhua, 15 février 2008
- ↑ Kenya: l’opposition menace de reprendre les manifestations, afp, 20 février 2008
- ↑ Kenya: un Premier ministre en discussion, craintes de nouvelles violences, Afp, 21 février 2008
- ↑ Kenya: plus de 1.500 morts lors des violences post-électorales, reprise des pourparlers, Afp, 25 février 2008
- ↑ IRIN, Kenya : c’est l’économie et non le tribalisme qui explique la crise, Des analystes battent en brèche les idées reçues, Afrik.com 14 janvier 2008
Emeutes meurtrières après la réélection de Kibaki
Les résultats officiels et définitifs des élections présidentielles sont tombés dimanche, confirmant la réélection de Mwai Kibaki, et aussitôt des émeutes ont éclat. Notamment à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi, fief du candidat de l’opposition de même que tous ses bastions dans le pays. Au total, au moins 12 personnes ont été tuées à travers le pays par la police, portant à 18 le nombre de morts depuis jeudi, jour du scrutin.
Un immense panache de fumée noire s’élève à la nuit tombée dans le ciel de Nairobi, tandis qu’un hélicoptère de la police survolait le bidonville et que la police anti-émeutes avait bouclé les accès menant à Kibera, tirant en l’air pour tenter de contenir la foule. Dans un quartier voisin de Kibera, des maisons flambaient, incendiées par les émeutiers. « C’est le chaos ici« , a pour sa part raconté la police de la province Occidentale (dans l’ouest du pays). A tel point que le gouvernement kényan a ordonné dimanche soir la suspension de la diffusion en direct par les radios et télévisions des reportages sur les émeutes. La police a interdit en fin de soirée un rassemblement de l’opposition prévu lundi après-midi à Nairobi, menaçant d’arrestation son chef Raila Odinga si la manifestation avait lieu.
L’opposition appelle les Kenyans à rejeter les résultats
Si les Etats-Unis ont aussitôt félicité Mwai Kibaki, l’UE a émis des doutes sur la crédibilité de la présidentielle et Londres a fait part de « réelles inquiétudes sur les irrégularités » du scrutin. Mais déjà Mwai Kibaki, 76 ans, a prêté serment. Le président sortant Mwai Kibaki a été réélu face à son principal rival et chef de l’opposition Raila Odinga. L’opposition crie au scandale et dénonce les fraudes du scrutin. « Le résultat du président Kibaki a été gonflé d’au moins 300.000 voix« , affirme-t-elle, disant avoir des preuves. La différence de voix entre les deux candidats est de quelque 231.000 voix. L’opposition a même décidé de tenir sa propre cérémonie, appelant les Kenyans à rejeter les résultats.
De premières émeutes avaient secoué samedi les principales villes de l’ouest du Kenya et Nairobi. Barricades, jets de pierres sur les forces de l’ordre et pillages de magasins s’étaient multipliés, à l’annonce des estimations des résultats de la présidentielle.
Nuit meurtrière au Kenya
JDD Lundi 31 Décembre 2007
Le bilan des affrontements entre manifestants et forces de police ne cesse de s’alourdir au Kenya, au lendemain de la proclamation contestée des résultats de l’élection présidentielle. Selon les médias, 124 personnes seraient mortes depuis samedi. Le couvre-feu a été imposé ce lundi matin par le gouvernement dans plusieurs quartiers de Nairobi et le spectre d’une guerre civile apparaît.

Nairobi, notamment ses bidonvilles, est le théâtre de violentes émeutes. (Reuters)
Le Kenya s’embrase après l’officialisation de la réélection du président Mwai Kibaki. Au moins 124 personnes ont trouvé la mort lors d’émeutes dans la nuit de dimanche à lundi, selon un dernier bilan donné par la télévision KTN. A Kisimu, un bidonville de Nairobi, ce sont 46 corps criblés de balles qui ont été amenés à la morgue dans la nuit, a rapporté un employé.
Pour mettre fin au chaos, la police a instauré un couvre-feu lundi matin dans ce fief de Raila Odinga, le leader de l’opposition, qui conteste le résultat. La même mesure a été prise pour le bidonville de Mathare, qui a été le théâtre de violentes manifestations. La police a fait savoir qu’elle tirerait à vue sur les contrevenants, rapporte des témoins. A Korogocho, un autre bidonvilles, d’autres témoins disent avoir vu une quinzaine de cadavres.
Odinga appelle à une manifestation de masse jeudi
Lundi matin, l’ambiance était tendue à Nairobi. Les rues sont désertées par les badauds comme par les véhicules, tandis que des camions anti-émeutes et des voitures de police quadrillent la capitale et stationnent aux points stratégiques du centre-ville. Dans son message du Nouvel an, Kibaki s’est engagé à renforcer la sécurité à travers tout le pays. « Le pays vient de procéder à des élections libres et équitables. Mon gouvernement, en intensifiant les mesures de sécurité à travers le territoire, fera preuve de fermeté envers ceux qui troublent la paix« , a-t-il affirmé. Cela n’a pas empêché un groupe de jeunes de manifester dans le bidonville de Kibera, qui, avec 750 000 habitants, est l’un des plus importants d’Afrique. Des échauffourées ont été également signalées dans d’autres quartiers de la capitale et dans l’ouest du pays.
Par ailleurs sept cadavres ont été découverts à Nakuru, dans le centre du pays; quatre autres ont été retrouvés dans le village de Cheber, dans la même région. Pour la police, ces personnes sont mortes lors d’affrontements entre groupes politique rivaux et non dans des affrontements avec les forces de sécurité. L’écart serré – 230 000 voix, un record depuis l’indépendance du pays en 1963 – entre le président sortant Mwai Kibaki et son adversaire Raila Odinga, a engendré des doutes sur le bon déroulement du scrutin présidentiel et attisé la colère des partisans de ce dernier. Odinga a dénoncé des « élections frauduleuses« .
Le spectre du Rwanda
Il appelle d’ailleurs ses partisans à manifester en masse, jeudi à Nairobi, pour dénoncer l’issue du scrutin. « Nous allons appeler à un rassemblement dans le parc Uhuru le 3 janvier où nous attendons un million de Kenyans« , a-t-il déclaré lundi à la presse. Sa formation avait lancé un appel à la mobilisation dès ce lundi, mais la manifestation a été interdite. Les conditions sont réunies pour que le pays vive de nouveaux jours de violences.
Désormais, c’est le spectre d’un génocide comparable à celui du Rwanda en 1994 qui surgit. Alfred Muta, le porte-parole du gouvernement a lui-même évoqué ce douloureux passé. La violence met en effet principalement aux prises l’ethnie des Luos, pro-Odinga à la communauté Kikuyu, pro-Kibaki.
Deadly Kenya protests could get worse.
With death toll at 135 already, opposition wants 1 million in streets
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updated 10:45 a.m. ET Dec. 31, 2007
NAIROBI, Kenya – Kenya’s president threatened a tough crackdown Monday as rioters rampaged for a third day to protest what they called his sham re-election — a bloody convulsion threatening what has been East Africa’s most stable and prosperous democracy.
At least 135 Kenyans were reported killed in violence that flared from the shantytowns of Nairobi to resort towns on the sweltering coast. Opposition leaders set the stage for more turmoil by calling for a million people to rally against President Mwai Kibaki.
In the slums of Nairobi, rioters waved machetes and shouted “Kibaki must go!” while police beat protesters with clubs, fired off tear gas and shot live bullets in the air. Much of the country was at a standstill, with shops closed and many people hunkered inside their homes.
We are ready to die and we’re ready for serious killings,” 24-year-old James Onyango, who lives in Nairobi’s Kibera slum, said as homes and shops around him burned.
While there are no strong policy differences between the two camps, the bloodshed exposed tribal resentments that have long festered in Kenya, where Kibaki’s Kikuyu people — the largest group — are accused of turning their dominance of politics and business to the detriment of others. Political loyalties are often tribal-linked, and ethnic gangs were reported attacking rival groups.
The opposition candidate, Raila Odinga, a member of the Luo tribe, called for 1 million people to march Thursday on the capital’s Uhuru Park, where protesters seeking multiparty democracy massed in the early 1990s.
“We are calling for mass action,” said Odinga, who led Kibaki in opinion polls before Thursday’s ballot as well as in early election returns until his lead suddenly evaporated as official figures came out over the weekend. “We will march wearing black arm bands because we are mourning.”
Kibaki, in a New Year’s message to Kenyans, called “for healing and reconciliation,” but he warned that his government would “deal decisively with those who breach the peace by intensifying security across the country.”
Shoot-to-kill orders?
Three police officers independently told Associated Press journalists that they had been ordered to shoot to kill to stop rioters. A government spokesman denied such an order was given.
Teams of riot police deployed in the capital’s Kibera and Mathere shantytowns, blocking people from marching on the largely deserted downtown.
In one neighborhood, a woman and her four young children ran from their home retching after police fired tear gas into the building.
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“We were just hiding from the shots,” said Dorothy Nyangasi, frantically pouring water over the eyes of her 6-month-old son.
Other people said they had not been able to find food since shops closed Thursday for the election. One woman shouted “Hungry! Hungry!” at passing journalists.
Ethnic fighting was evident in Nairobi’s sprawling slums, where the neighborhoods are often divided along tribal lines. Kenya’s Red Cross said that many of the dead were killed in ethnic clashes and that gangs were even checking on the tribal affiliations of Red Cross workers trying to help the injured.
Riots also raged in opposition strongholds in western Kenya, the tourism-dependent coast and the Rift Valley. In the port city of Mombasa, protesters looted shops and shouted “No Raila, no peace!”, using the first name of Odinga, whom they support. The death toll across the country stood at 135, based on accounts from police, morgues and witnesses.
Odinga appealed to his supporters not to “ethnicize” the disputed election result, and he compared Kibaki to a military dictator who “seized power through the barrel of the gun.”
Allegations of rigging were fueled by the fact that the opposition won most of the parliamentary seats in Thursday’s vote.
The U.S. government, which has allied with the Kenyan government against Islamic militants in the region, joined others in questioning the validity of official results Sunday that declared Kibaki the election winner.
The State Department expressed serious concerns about what it called irregularities in the vote count. Tom Casey, deputy spokesman at the State Department, suggested the United States was not ready to recognize any winner.
“I am not offering congratulations to anybody because we have serious concerns about the vote count,” he said. “What’s clear is that there are some real problems here and that those need to be revolved in accordance with their constitution and in accordance with their legal system.”
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