Chasse aux prostituées à المسيلة M’sila – 6 juillet 2011

Expéditions punitives contre des «prostituées» à M’sila : la chasse aux sorcières est ouverte

elwatan.com

07.07.11

M’sila.De notre envoyé spécial

Il y a autant de détermination que de colère dans les propos de ces voisins d’immeuble de la cité Chebilia, à M’sila, chef-lieu de wilaya d’un Hodna qui respire la misère et la mal-vie. Chebilia est une cité populeuse, crasseuse, plantée au cœur même de la ville de M’sila. Une cité comme il y en a tant en Algérie. C’est dans ce décor de béton et de poussière qu’un effroyable drame a failli se produire il y a cinq jours.

D’abord, les faits. Selon les témoignages que nous avons recueillis auprès des habitants de ce quartier, c’est en fin d’après-midi du samedi 2 juillet que des centaines de jeunes, en provenance de toutes les cités environnantes, se sont rassemblés au bas d’un immeuble situé sur la principale artère de la ville de M’sila. Ils veulent chasser la dénommée R., habitant le troisième étage. Son appartement est connu pour être un lieu de rendez-vous un peu plus que galants. R. roule en 4×4 de luxe et fait travailler plusieurs filles. «Tous les quinze jours, il y a une relève. Des filles nouvelles arrivent, les anciennes partent», dit un habitant de l’immeuble. Les voisins et les riverains sont écœurés par ce commerce indigne qui se fait sous les yeux de leurs épouses et de leurs enfants. La dénommée R. est décrite comme une maquerelle arrogante, tellement sûre de ses appuis dans les hautes sphères locales qu’elle ne cherche même pas à cacher qu’elle pratique le plus vieux métier du monde. Les rendez-vous se font par téléphone. Le client arrive au bas de l’immeuble où l’attend le fils aîné qui l’escorte jusqu’au troisième étage, comme s’il s’agissait d’un membre de la famille. Toutefois, le manège ne dupe personne. Dans l’appartement, ce sont quatre à cinq filles aux mœurs aussi légères que leurs tenues qui s’occupent des désirs des clients de cette Madame Claude du Hodna.

Ce samedi soir, la foule est déterminée à en finir avec ce lieu de débauche au milieu de leur cité. Un ultimatum est donné à la dame au 4×4. Elle a 24 heures pour plier bagage et vider les lieux. R. ne l’entend pas de cette oreille. «Je ne pars pas, je fais ce que je veux, allez vous faire f…», telle est sa réponse suivie d’un chapelet d’injures et d’insanités, selon des témoins présents sur les lieux.
Dans un immeuble voisin, une autre femme, de la même vieille corporation que madame R. a reçu le même ultimatum. Elle a plié bagage et s’est éclipsée discrètement. Sous la pression de la foule qui n’a cessé de grossir, la maquerelle du 3e étage finira par partir dans la nuit. L’assaut est alors donné. L’appartement est brûlé, mais les flammes menacent de s’étendre aux étages supérieurs qu’elles lèchent allégrement. «J’étais au cinquième étage avec mes enfants, mais on a réussi à nous faire sortir», dit un père de famille visiblement marqué par l’épreuve. Le pire a été évité de justesse. Après les témoignages des uns et des autres, nous décidons de monter au troisième étage. La cage d’escalier est dans un état indescriptible. «Elle a toujours été ainsi. Cela ne date pas de l’incendie», dit l’un des résidants. Les murs sont noirs de fumée et le sol de l’appartement est jonché de vêtements et d’objets. Même les cadres des portes sont calcinés. Lire la suite…

 

~ par Alain Bertho sur 7 juillet 2011.

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