Emeute du logement à Diar Echems ديار أيكم (Alger) – 21 septembre 2010

Diar Echems renoue avec les émeutes

elwatan.com

22.09.10

Après sept mois des dernières émeutes, la protestation des jeunes est de retour à Diar Echems

Des jeunes de la cité Diar Echems (El Madania, Alger) ont renoué hier avec la protestation, près de sept mois après les émeutes spectaculaires qu’a connues cette cité après l’exclusion d’une grande partie des habitants du programme de relogement.

C’est vers 13h que plusieurs dizaines de jeunes ont bloqué la rue Les Jasmins menant d’El Madania vers Bir Mourad Raïs, accès principal à ces deux localités où plusieurs institutions et entreprises sont installées. Aux policiers positionnés au niveau de la rue des frères Bouadou, (Bir Mourad Raïs), les jeunes lançaient des pierres. Quelques cocktails Molotov étaient également remarqués. Les murs des abribus se trouvant sur ce tronçon routier ont volé en éclats. Les débris de verre et des pierres de différentes dimensions couvrent la chaussée. Des pneus sont également visibles un peu partout, la fumée se dégageait de plusieurs endroits de cette cité qui a connu des émeutes encore plus violentes en mars dernier et l’odeur du caoutchouc brûlé emplissait les lieux. Le dispositif de sécurité n’a pas franchi la rue Les jasmins.

Les policiers, en tenue, tentaient de calmer les jeunes, d’ailleurs ils se contentaient de demander aux passants de rebrousser chemin. Les automobilistes étaient contraints de faire demi-tour pour ne pas risquer de voir le pare-brise de leur voiture réduit en morceaux. Les raisons de la colère ? En mars dernier, 307 familles occupant des immeubles de la cité Diar Echems (El Madania, Alger) ont été relogées dans des appartements à Djenane Sfari dans la commune de Birkhadem, alors que la cité compte plus de 1150 familles vivant dans des F1 et des F2. Dans certains cas, plusieurs familles vivent sous le même toit. Près de 200 familles, habitant des baraques situées à l’intérieur même de cette cité, ont également bénéficié de ce programme de relogement. Le wali délégué de Sidi M’hamed avait promis au lendemain de cette opération que le restant des familles habitant des F1 et des F2 sera relogé au plus tard au mois d’octobre prochain, «or, explique un jeune homme parmi les protestataires, aucun contact n’a été établi par les autorités locales à ce jour». Les tentatives entreprises par certains représentants du quartier pour se renseigner sur le développement de ce dossier n’ont pas abouti à des délais.

«Nous avons appris que nous ne faisons pas partie du  restant du programme de relogement qui s’achève à la fin de l’année», explique un habitant de cette cité, se référant aux déclarations des responsables concernant cette opération. Le relogement des familles habitant les bidonvilles a également chauffé les esprits de ces jeunes habitants, las d’attendre leur tour d’espérer à une vie plus digne. «Nous habitons depuis les années 1960 dans ce trou à rats. Nous dormons tous dans une seule chambre et on nous demande de patienter encore, alors que d’autres n’ont rien enduré. Il leur a suffi de monter une baraque et de figurer sur la liste des bénéficiaires.» Des propos d’un père de famille qui a du mal à exprimer sa colère face à «cette injustice», «faudrait-il faire autant, ou patienter encore, alors qu’au fond nous sommes convaincus que cette patience n’aboutira à rien ?».

Ces jeunes en colère s’estiment porteurs d’une cause juste. Il suffit peut-être de voir les bâtiments libérés en mars dernier avec leurs façades démolies dans le but de leur agrandissement pour comprendre une partie de la détresse des habitants : les murs externes quasi inexistants sont laissés tels qu’ils l’ont été en mars dernier. Pas un clou en plus. Un décor hideux, avec ces ouvertures anarchiques. Aucune entreprise n’est venue faire des travaux ou au moins placer des barricades, des lieux tout simplement à l’abandon. «Et vous voulez que nous croyions à leurs promesses sans aucune preuve.». Ces jeunes, continuant de lancer des pierres en direction de la rue où des policiers tentaient de gagner un peu plus de terrain, accélèrent leur manifestation vers 16h à la sortie des classes et des heures de pointe, «nous voulons juste exprimer notre colère d’être exclus de notre droit ».

Un des émeutiers n’a pas manqué de préciser que cette manifestation n’a «en aucun cas pour but de bloquer l’opération de déménagement des habitants du bidonville d’El Aloui, à quelques centaines de mètres de Diar Echems. La preuve ? Nous n’avons commencé notre action de protestation qu’après le passage de tous les camions et personnels mobilisés pour cette opération!».

Emeutes à Diars Echems !

elwatan.com

21.09.10

La quartier populaire Diar Echems a de nouveau laissé entendre sa colère. Une centaine de jeunes issus de cette cité populeuse et précaire ont fermé des la matinée de mardi la route menant d’El-Madania à Bir Mourad Rais à coup de pierres et de poteaux arrachés.

La police, qui n’a pas tardé à intervenir, a cherché à reprendre le contrôle de la situation sans tomber dans les affrontements avec les jeunes émeutiers chauffés à blanc. Mais leurs tentatives de disperser les manifestants n’ont pas abouti puisque jusqu’à l’heure où nous mettons sous presse, la circulation routière demeure toujours bloquée en contrebas de Diar Echems.

A l’origine de cette soudaine explosion de violence, la sempiternelle crise de logement. Après une première opération de relogement, les 1200 familles qui sont restées dans les minuscules studios de cette cité,  ne supportent plus d’endurer les souffrances de la promiscuité et du cadre de vie précaire dans cette bâtisse qui date de l’époque coloniale.

« Nous réclamons une solution aux autorités publiques. Nous sommes les premiers qui ont remis sur le tapis le problème du logement à Alger. Nous avons déclenché en premier les premières contestations pour que les pouvoirs publics nous accordent leur attention. Mais, après, on s’est contenté de reloger les familles des baraques. Quant à nous qui croupissons dans des appartements aussi exigus que des trous de rats, plus personne n’est venue nous proposer une solution », dénoncent les habitants de Diar Echems que nous avons joints pour en savoir davantage sur cette nouvelle flambée de violence.

Un cycle de violences qui risquent, toutefois, de ne pas s’estomper car, désormais, les 1200 familles de Diar Echems revendiquent un véritable plan d’action en leur faveur de la part de la wilaya d’Alger. Les promesses, ces familles n’en veulent plus. Et en attendant une quelconque sortie de crise, les jeunes font parler les pierres et les barres de fer.   Celui qui sème la frustration et la précarité ne récolte-t-il pas la violence ?

Ça grogne à Diar Echems

Lexpressiondz.com

22 Septembre 2010

LA DEMANDE DE LOGEMENT À L’ORIGINE DE LA COLÈRE

Les émeutes ont gagné à nouveau le quartier de Diar Echems à Alger dans la matinée d’hier. Les jeunes de cette cité ont fermé la route menant d’El Madania à Bir Mourad Raïs à l’aide de pierres et de poteaux arrachés. La police est intervenue pour rétablir l’ordre même si elle a pris le soin d’éviter l’affrontement. La circulation routière est demeurée bloquée jusqu’à une heure tardive. Les jeunes veulent de nouveaux logements. C’est le même motif qu a suscité leur colère depuis quelques mois. Certaines familles sont déjà relogées et d’autres sont dans l’attente d’être évacuées vers de nouveaux logements. Les autorités ont toujours estimé que ni les émeutes ni les demeures de fortune ne donnaient droit à un relogement.

Par cette action, les habitants veulent attirer l’attention des pouvoirs publics pour les obliger à les reloger. Ils mettent en avant le fait que leurs appartements sont exigus.

Pour soutenir les familles jetées à la rue, les émeutes reprennent à Diar Echams

letempsdz.com

21-09-2010

Des émeutes ont éclaté dans l’après-midi d’hier à Diar Echams (Alger), à quelques encablures du site bidonville Aloui. Les émeutiers ont protesté après que sept familles aient été jetées par les autorités à la rue. Un bulldozer s’est mis à l’œuvre pour raser leurs habitations de fortune.

«L’humiliation de plus» ont crié hier les jeunes du quartier et des cités voisines venus soutenir les «victimes» et défendre ainsi leur cause. «Jeter des femmes et des enfants dans la rue au moment où d’autres personnes bénéficient de logement, cela est inacceptable et nous allons continuer encore notre revendication», crie un jeune entouré d’émeutiers surexcités.

Le chemin dit Ravin de la femme sauvage a été fermé à la circulation pendant une bonne partie de la journée avant que les services de la police antiémeute arrivent et font disperser les jeunes. Ils ont brûlé des pneus et détruit un abribus, des jets de pierres ont aussi contraint les automobilistes à changer d’itinéraire et à faire demi-tour par crainte d’accident ou de blessures qui peuvent survenir à n’importe quel moment.

Les habitants de la cité ont saisi l’occasion aussi pour exprimer au grand jour la situation précaire dans laquelle ils vivent. «Il est vrai que certains de nos voisins ont bénéficié d’un logement décent et les autorités locales et la wilaya d’Alger nous ont promis que notre tour arrivera avant la fin de l’année. Mais voilà qu’ils relogent les habitants de bidonvilles avant nous», a tonné le jeune Samir.

Ce qui a visiblement «chauffé» également les jeunes du quartier de Diar Echams se sont les déclarations du wali délégué de Sidi M’hamed qui avait déclaré dans la matinée d’hier qu’«il reste le quartier de Oued Kniss et celui d’El Afia que nous allons reloger avant la fin de l’année en cours». Ils se sentent exclus.

La réplique des habitants du quartier de Diar Echams s’est faite alors par les jets de pierres et la fermeture de la route menant à Bir Mourad Raïs. «L’exclusion enfante la colère et cela veut dire aussi que nous ne figurons pas dans ce programme», s’est interrogé Nacer, habitant un F2 depuis 1983 avec une famille de huit personnes. Et d’enchaîner : «Une fois de plus, nous crions notre ras-le-bol.

J’ai trois malades à la maison à cause des conditions inhumaines dans lesquelles nous vivons. Nous n’allons pas nous taire, les pouvoirs publics doivent tenir leurs promesses, sinon nous continuons notre revendication avec tous les moyens.»

Les éléments de la police antiémeute ont obtempéré et ont évité de répondre aux provocations pour ne pas ajouter de l’huile au feu. Ce qui est par contre certain, c’est que les habitants vont manifester leur colère par les pierres, étant donné l’absence jusqu’à présent de prise en charge de ce problème récurrent.

~ par Alain Bertho sur 22 septembre 2010.

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