Emeute du logement à Annaba – juin 2010

L’antenne administrative et le bureau de poste incendiés

latribune-online.com

22-06-2010

Sidi Salem, une petite localité située à une dizaine de kilomètres du chef-lieu de wilaya de Annaba, est depuis 3 jours le théâtre d’affrontements entre émeutiers et forces de l’ordre suite à de violentes manifestations déclenchées vendredi dernier. La cause de cette protesta est le retard accusé dans le recasement des 3 000 familles vivant depuis plus de 3 décennies dans un baraquement de la cité SAS datant de l’époque coloniale. Les manifestants demandaient que les logements implantés en face du pôle universitaire  achevés et réceptionnés depuis peu dans la commune d’El Bouni leur soient attribués. Ce qui n’était pas prévu par les autorités locales qui ont tracé un programme de relogement des familles vivant dans des conditions précaires s’étalant sur plusieurs mois.
Les manifestants avaient investi la rue et bloqué toutes les voies. Des objets hétéroclites, pneus brûlés, troncs d’arbres et autres blocs de pierre avaient interdit l’accès aux automobilistes empruntant la RN 44 reliant Annaba à El Tarf. La situation a très vite dégénéré suite à l’intervention des forces de sécurité qui avaient usé de grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants et rétablir la circulation. Les échauffourées entre policiers et manifestants ont fait plus d’une vingtaine de blessés dans les 2 «camps» et la tension continuait à monter.
Il «pleuvait» de gros cailloux de partout et les éléments de la police d’intervention étaient parfois obligés de se replier avant de revenir et de gagner du terrain.
Il a fallu plusieurs heures pour pouvoir maîtriser la situation, du moins du côté de la RN 44, où la circulation a été finalement rétablie. Hier, les manifestants sont revenus à la charge, cette fois en force, et ont réussi à incendier l’antenne administrative dépendant de la commune d’El Bouni ainsi que le bureau de poste. Là aussi les forces de sécurité sont intervenues pour rétablir l’ordre en usant de bombes lacrymogènes et de matraques. Plus d’une trentaine de manifestants ont été arrêtés et présentés devant le tribunal d’El Hadjar, et placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur. Ce qui a encore mis le feu aux poudres et la situation a  dégénéré pour, encore une fois, provoquer l’intervention des éléments de la police. Une accalmie toute relative et précaire a caractérisé l’après-midi d’hier, les délégués des émeutiers ont fait le déplacement à Annaba pour être reçus par le chef de l’exécutif.

A Annaba, des émeutiers brûlent l’emblème national et défilent avec le drapeau français

tsa-algerie.com

Samir Rahim

Les émeutes déclenchées samedi par les habitants de la cité Sidi Salem à Annaba se sont poursuivies lundi jusque tard dans la soirée. Pour la première fois, des émeutiers ont brûlé l’emblème national avant de défiler avec le drapeau français à la main devant les éléments de la brigade antiémeutes dépêchés en force sur place. Une information confirmée par Mohamed Ghazi, le wali de Annaba.

En effet, intervenant lors d’une rencontre tenue lundi avec les représentants de la société civile de ce quartier à forte concentration de populations démunies, le wali a exhibé des photos. Elles montrent clairement les manifestants en train de commettre ces actes. Le wali a fustigé la grave dérive de ceux qui, en arborant leur sentiment anti nationaliste, croient impressionner les pouvoirs publics en brandissant les couleurs de l’ex-état colonial et tortionnaire.

Les émeutiers ont également tout saccagé sur leur passage. Criant des slogans hostiles au pouvoir, ils ont incendié le siège de l’annexe communale fraichement inaugurée et l’agence postale après les avoir mises à sac. Mardi, un calme précaire régnait dans le quartier. Plusieurs dizaines d’émeutiers ont été arrêtés. Plusieurs mineurs ont été relâchés, dix huit manifestants ont été présentés devant le procureur de la république du tribunal de El Hadjar.

Des représentants de la société civile à Sidi Salem ont tenté de minimiser cet incident en mettant en avant la misère et la promiscuité dans lesquelles vivent quotidiennement les habitants des bidonvilles de la SAS 2000 et 4000 hérités de la période coloniale.

« L’état a pris l’engagement ferme de recaser les occupants de ces bidonvilles à l’horizon 2011 dans le cadre de la matérialisation des projets de résorption de l’habitat précaire. Nous sommes déjà en mesure de recaser 450 familles. Les 2000 logements actuellement en cours de réalisation leur sont destinés. Pour démontrer notre bonne volonté, un arrêté du wali indiquera que ce sont les familles occupant la SAS qui en bénéficieront. Seule la justice est habilitée à décider du sort des personnes interpellées », a déclaré le wali Mohamed Ghazi.

Emeutes à Annaba : plusieurs blessés et des arrestations

tsa-algerie.com

20 06 2010

Samir Rahim

Après une première tentative d’émeutes hier samedi empêchée par les éléments de la brigade anti émeutes, des centaines d’habitants du bidonville de Sidi Salem sont revenus aujourd’hui à la charge. Ils ont repris possession de la voie publique pour protester, selon eux, contre la décision des autorités locales d’implanter leurs futurs logements sur les hauteurs de la commune de El Bouni. Ils revendiquent des logements achevés de la cité implantée en face du pôle universitaire El Bouni, à 5 km de la commune chef lieu de wilaya.

Après avoir dressé des barrages composés d’objets hétéroclites, incendié des pneus et paralysé la circulation automobile sur la RN 44 Annaba- El Tarf, les émeutiers, majoritairement des jeunes, ont lancé des projectiles sur les éléments des forces de l’ordre présents en force, blessant plusieurs d’entre eux.  Ces derniers ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène avant de se lancer à la poursuite des émeutiers et procéder à l’arrestation de plusieurs d’entre eux.

Plusieurs femmes et des personnes âgées incommodées par l’inhalation du gaz ont été évacuées sur le centre hospitalier universitaire de Annaba. On dénombre également beaucoup de blessés parmi les émeutiers et les policiers. Selon des sources policières, plusieurs émeutiers ont été interpellés. Parmi eux, certains –dont le nombre n’a pas été précisé- ont été présentés devant le procureur de la république du tribunal de El Hadjar. Ils ont été placés sous mandat de dépôt.

Le ghetto qui s’est trompé de slogan le 20 Juin, 2010

Lematindz.net

20 06 2010

Sidi Salem s’est révolté le jour où l’on pavoisait d’avoir tenu en échec l’Angleterre et qu’on supputait que l’équipe nationale devait opter pour l’offensive contre les Etats-Unis et inscrire des buts puisque le règlement du Mondial prévoit le recours au goal-average général en cas d’égalité de points.

C’est qu’au bidonville, on ne recevait pas l’APS et personne n’y sut alors que « l’espoir renaissait à l’est du pays après le nul des verts face à l’Angleterre », comme nous l’annonçait l’agence de presse officielle, celle-là dont le président Bouteflika est le rédacteur en chef.

« A Constantine, Batna, Jijel, Annaba, Sétif, Bordj Bou Arreridj ou Skikda, la nuit sera verte » Verte ? Dans le ghetto de Sidi Salem, dans la commune d’El Bouni, près d’Annaba, on ne lit pas l’APS, et des centaines de personnes en colère ont envahi la voie publique, dressé des barrages sur l’autoroute, fermé le tronçon menant à l’aéroport Rabah Bitat et, tout cela, non pas aux cris de « One, twoo, three, viva l’Algérie » mais sous un slogan bizarre : « Assez du bidonville ! Nous voulons être recasés ! »

En période de Coupe du monde, il ne faut pas se tromper d’anxiété. La nation, absorbée par le prochain duel Bougherra-Donovan, ne doit pas se fourvoyer à penser aux basses épreuves d’ici-bas. A-t-on idée de crier « Nous voulons être recasés ! », au  lendemain du match nul face à l’Angleterre, quand le grand mot d’ordre national est « Maâk ya elkhadra » et que la question-clé tourne autour de la titularisation de Boudebouz et du repositionnement de Matmour face aux USA ? Mais c’était des gens qui ne lisent pas l’APS, qui ne savent donc pas que « l’espoir renaît à l’est du pays après le nul des verts face à l’Angleterre ». En période de Coupe du monde, il ne faut se tromper d’anxiété, mais pas de slogan, non plus, ni de manifestation : la rue n’est tolérée que pour crier sa joie de fan, pas sa colère d’exclu. La méprise peut, d’ailleurs, coûter cher. A ceux qui investissent la rue en période  de Coupe du monde en vociférant autre chose que « One, twoo, three, viva l’Algérie », l’Etat réserve un châtiment à base de trique et de gourdin. Plus de 20 émeutiers de Sidi Salem arrêtés et traduits devant le juge d’instruction près le tribunal d’ El Hadjar. Quinze policiers blessés par des jets de pierres et des cocktails Molotov.

Il n’est pourtant pas très loin, le baraquement Sidi Salem, à 6 km seulement du chef-lieu de la wilaya, 3000 familles qui vivent, la majorité depuis plus d’une cinquantaine d’années, dans la misère, sous les grosses villas des parvenus qui surplombent Annaba, Sidi Salem, un amas de taudis gangrené par le stupre, où règne la drogue et la prostitution, si proche et si loin de la grande ville. Si proche que la vertu y avait capitulé depuis longtemps devant l’insoutenable voisinage du luxe et de la débauche. Si proche que la maudite proximité du plaisir et de la luxure avait fini par avoir raison de la fragile morale prolétaire. Les faubourgs de Annaba sont à deux pas, avec leurs restaurants chics et leurs cabarets et tous les soirs, les  jeunes du bidonville s’ébahissaient devant le spectacle du gratin annabi s’empiffrant et s’encanaillant dans ces repaires du faste et de la trivialité ; tous les soirs, jusqu’à ce que la chasteté du pauvre pliât devant le luxe insolent qui la narguait. Les filles se mirent alors à vivre avec la tentation de faire commerce de leur corps et les garçons avec celle de chaparder leur part de rêve. Oui, Sidi Salem, un jour de Coupe du monde, si proche et si loin, loin de tout, de la vie, de Annaba, de la mer… La mer est ailleurs, là-bas, derrière la ville et le ciel y est toujours gris. Sidi Salem, procession de façades sales qui serpentent vers l’enfer. Un immense reptile en tôle oublié des hommes, décoré de linge qui sèche à longueur d’année, de paraboles qui aident à rêver d’une autre vie et de tags rouges : « Nabila, je t’aime ! »
« L’espoir revient à l’est, la nuit sera verte », a écrit l’APS.
Mais à Sidi Salem, on ne reçoit pas l’APS. Alors, la nuit n’y sera pas verte, cette nuit encore, le ghetto troquera sa pudibonderie contre l’encanaillement. Les dévots laisseront la place aux vauriens, les miséreux aux crapules, les gueux aux proxénètes, les parias aux dealers. La cité redeviendra tripot clandestin, lupanar souterrain, royaume obscur de l’inavouable, territoire secret des plaisirs glauques et des vices mortifères. Filles de joie, poivrots et toxicomanes feront tourner un joint inépuisable ou un verre de mauvais vin, à hurler d’une jouissance arrachée au mauvais sort et d’une rage échappée de leurs poitrines résignées… A hurler, rire et pleurer, couteau à la main, à hurler, chanter et s’épancher, à laisser tournoyer autour d’eux le monde ingrat, tournoyer…, tournoyer, au rythme de la ronde des paumés, celle du joint et du verre de vin qui pirouettent entre les lèvres…, tournoyer, tournoyer jusqu’à ce que cette voix sourde vienne mettre fin à la nuit : « Allahou Akbar, il n’y a de divinité que Dieu ! »
Les aurores puritaines !
La vertu reprendra alors ses droits dans la cité alanguie.
Sous les grosses villas des parvenus, le ghetto renouera, impuissant, avec sa déchéance et rouvrira, aux sarcasmes du monde, le spectacle de sa  piteuse nudité.
Sur les cendres de la nuit mal éteinte, dans l’odeur tenace du vin et de la drogue, la mosquée s’ouvrira aux hommes pour un instant de mirage et de piété. Ils quitteront leurs taudis pour un univers de stuc, de grossières imitations de zelliges et de mosaïques factices ; sous la majesté de la maqsura kitsch et des charpentes en faux cèdre, ils se prosterneront près de l’oreille de Dieu et le supplieront de n’être plus de ce monde quand arrivera ce jour maudit où leurs enfants les libéreront.

Violents affrontements à Sidi Salem (Annaba)

Letempsdz.com

Une quinzaine de blessés et 10 émeutiers arrêtés

19-06-2010

La cité Sidi Salem, située à l’est de Annaba, a été le théâtre hier de violents affrontements entre une centaine de jeunes manifestants et les forces de sécurité suite à une manifestation de colère des habitants qui exigeaient l’octroi de logements sociaux.

Le mouvement de protestation, qui a débuté à 10h30, au niveau des baraquements «de la SAS», un site voué à la démolition et dont les occupants attendaient leur recasement, a rapidement pris de l’ampleur pour dégénérer en véritable émeute populaire.

Ceci après que ces derniers, rejoints par des jeunes chômeurs, aient entrepris de marcher vers les autres quartiers de la cité avant d’en bloquer l’accès au moyen de pneus brûlés et de blocs de pierre. Des échauffourées ont ensuite opposé les manifestants déchaînés aux forces de police venues les disperser.

On dénombre une quinzaine de blessés parmi les policiers et les habitants alors que les brigades anti-émeute ont procédé à l’arrestation de 10 manifestants, affirment des témoins oculaires. Selon des sources proches de la wilaya d’Annaba,

les habitants du site «de la SAS» entendaient exiger par cette démonstration de force l’obtention d’un quota de logements nouvellement réceptionnés par l’APC d’El Bouni, au niveau de la zone mitoyenne au pole universitaire. Au moment où nous mettons sous presse, la situation reste tendue dans cette partie de la ville.

~ par Alain Bertho sur 20 juin 2010.

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