Emeutes à Ouargla ورقلة mars 2009

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Le siège de la sûreté incendié à Aïn Beïda (Ouargla)عين البيضاء

ffs1963.unblog.fr

1 avril 2009

Alors que les protestataires ont promis de calmer le jeu aussitôt les ralentisseurs posés en début de soirée, la commune de Aïn Beïda, à 6 km de Ouargla, a vécu une nouvelle nuit d’insécurité dimanche. La soirée a, en effet, vu l’agression de plusieurs automobilistes, de passage par Aïn Beïda, auxquels les émeutiers ont imposé leur diktat, pillant les uns, agressant les autres, endommageant leurs véhicules. Un peu plus tard, le nouveau siège de la sûreté urbaine en construction a également été la proie d’un pillage méthodique, puis d’un incendie qui a ravagé les lieux.

Un chauffard tue un sexagénaire Emeutes à Aïn El Beïda (Ouargla)

http://www.lemidi-dz.com

31 Mars 2009

La localité de Aïn El Beïda, dans la wilaya de Ouargla, a vécu hier une journée mouvementée.

Suite à un accident qui a coûté la vie à un sexagénaire, des jeunes ont coupé la RN49, après avoir incendié la voiture du chauffard, avons-nous appris de source locale. Notre source précise que ce n’est pas la première fois que des accidents mortels surviennent sur cet axe routier. Durant toute la journée d’hier, les autorités locales ont tenté, en vain, de convaincre les protestataires de dégager cette voie menant vers Ouargla.

Ce n’est qu’en début de soirée que la situation a commencé à se décanter, selon une source policière qui fait état de la présence de brigades anti émeutes sur les lieux depuis déjà avant-hier. Les échauffourées entre émeutiers et gendarmes, venus en renfort, quoique sporadiques ont duré toute la journée d’hier.

Pour rappel, dans la nuit de samedi à dimanche derniers, un homme âgé d’une soixantaine d’années a été heurté par un véhicule dont le chauffeur a pris la fuite. La victime serait morte sur le coup

Pour crier leur ras-le-bol et mettre fin à une situation qu’ils n’ont eu de cesse de dénoncer, les citoyens de la localité de Aïn El Beïda, en majorité des jeunes, ont érigé des barricades sur plusieurs niveaux le long de cette route qu’ils qualifient «d’axe de la mort». Selon notre source, qui cite une autorité locale, de nombreuses demandes ont été déposées auprès de la mairie pour l’installation de ralentisseurs, mais aucune suite n’y a été donnée.

Mouvement de protestation à Ouargla.Les jeunes de Aïn Beïda bloquent la RN49

30 mars 2009

La commune de Aïn Beïda, à 6 km du chef-lieu de wilaya de Ouargla, a été paralysée durant les dernières 24 heures par un mouvement de protestation organisé depuis samedi soir suite au décès tragique d’un vieil homme de la ville dans un accident de la circulation.

C’est contre la mort absurde d’un paisible vieillard de la localité, qui traversait tranquillement la route, et les dangers des accidents devenus trop fréquents sur la RN49, qui longe le centre-ville de Aïn Beïda de bout en bout, que les jeunes se sont révoltés. Une cinquantaine d’entre eux ont bloqué la route toute la nuit de samedi à dimanche et tout au long de la journée pour signifier leur mécontentement et leur tristesse face à la perte tragique du vieil Ali Zouaouid, percuté samedi soir par un véhicule qui roulait à toute allure en direction de l’aéroport. Le drame est survenu devant les yeux incrédules des jeunes, qui discutaient sur l’esplanade de l’hôtel de ville au moment où la victime, Zouaouid, traversait la rue. Les représailles n’ont pas tardé à se manifester puisque le conducteur du véhicule a été arrêté, sa voiture incendiée.

Les jeunes ont aussi fermé la route à la circulation pour pousser les autorités à prendre des mesures rapides et concrètes. Ils estiment que « les accidents mortels dus à l’excès de vitesse sont devenus trop nombreux et dans la plupart des cas sur cet axe vital et très fréquenté par les usagers en partance vers Sidi Khouiled, Hassi Benabdallah, l’ancienne et la nouvelle ville de Hassi Messaoud et Touggourt, mais aussi vers In Amenas, Illizi et globalement vers l’est du pays et les frontières algéro-tunisiennes ». L’unique revendication des jeunes, condition sine qua non pour la réouverture de la route à la circulation, consiste en la mise en place de ralentisseurs sur le tronçon qui traverse leur localité comme mesure préventive.

Interrogé à propos des pourparlers lancés par les élus de la commune avec les notables et les parents des protestataires, M. Tlili, le maire de Aïn Beïda, s’est dit « soulagé que le mouvement n’ait pas pris une tournure plus grave et que les jeunes s’en sont tenus à un discours serein concernant les dos d’âne ». Pour éviter que la situation ne dégénère en cette période électorale, il a été fait appel à une entreprise de travaux pour la pose de ralentisseurs dans la journée afin de régler le problème avant la tombée de la nuit.

Par Houria Alioua

A Ouargla, la capitale du Sud algérien, la culture de l’émeute se développe

LE MONDE | 06.04.09

Difficile d’imaginer, quand on arrive à Ouargla, que cette agglomération appartient à la région la plus riche d’Algérie. Ville de garnison et ville-dortoir, ce chef-lieu de wilaya (département) ne paye pas de mine. En dépit des palmiers qui ornent ses avenues, Ouargla fait peine à voir : routes défoncées, ordures disséminées, flaques d’eau boueuses… Attachés à leur localité malgré des conditions de vie difficile, les Ouarglis souffrent d’offrir un tel spectacle. « Le sein nourricier du pays, c’est nous ! Comment peut-on nous laisser dans cet état ? », dit un habitant.

Ouargla, 178 000 habitants, se considère comme la capitale du Sud algérien. C’est d’elle que dépendent Hassi Messaoud et ses ressources en pétrole et en gaz, à 80 kilomètres de là. Et si l’Algérie peut se targuer de disposer de 140 milliards de dollars de réserves de change, c’est grâce à cette région située à 800 kilomètres de la capitale, en plein désert du Sahara.

A quelques jours de l’élection présidentielle du 9 avril, Ouargla n’est pas à la fête. Pas plus qu’à Alger, le scrutin ne soulève d’enthousiasme.

Le taux d’abstention devrait être cependant moins élevé que dans les villes du Nord. Ici, on vote par habitude, par tradition, et « pour les papiers ». Beaucoup redoutent en effet de se voir refuser une carte d’identité, un permis de conduire ou un passeport, s’ils ne peuvent présenter leur carte d’électeur dûment tamponnée. Et puis, dans ces localités du Sud, on respecte encore le raïs (« chef »), d’autant plus que tous les notables de la région – chefs religieux, chefs de tribu, responsables de parti et d’association – ont fait publiquement allégeance au président Bouteflika. Et chaque vendredi, sur injonction du ministre des affaires religieuses, les imams rappellent dans les mosquées de Ouargla et de toute l’Algérie que « voter est un devoir », et boycotter « un acte de trahison ».

A vrai dire, Ouargla ne semble pas attendre grand-chose de l’élection du 9 avril. « Qu' »ils » fassent ce qu’ils veulent mais qu’ils nous laissent en paix », lâche, désabusé, un ingénieur des postes et télécommunications, avant de dénoncer pêle-mêle « la mafia locale », « la corruption », « la mauvaise gestion et l’absence de contrôle des dépenses publiques ». Un sentiment largement partagé dans la ville.

Pourtant, plusieurs chantiers sont en cours, en particulier un projet d’assainissement pour lutter contre la remontée de la nappe phréatique. Mais le désenchantement est tel que la population a du mal à voir les améliorations de sa vie quotidienne, comme le souligne Houria Alioua, correspondant local du quotidien francophone El Watan.

A Ouargla, la frustration est générale. La population s’estime oubliée du pouvoir central et injustement traitée. « Avant Bouteflika, c’était les gens de l’Est qui étaient privilégiés. Maintenant, ce sont ceux de l’Ouest. Nous, nous sommes les ghlass, les laissés-pour- compte. Alger nous méprise ou nous craint », regrette un professeur d’université parlant sous le couvert de l’anonymat.

Une chose est sûre : le pouvoir central n’a pas l’intention de laisser s’exprimer des revendications régionalistes. Mais parviendra-t-il à les juguler longtemps ? Un mouvement, baptisé Les Fils du Sahara, a fait son apparition, ces dernières années, et a appelé à une forme de dissidence citoyenne. Des affiches invitant au non-paiement des factures de gaz et d’électricité notamment ont été placardées dans plusieurs localités du Sud.

Tous les deux ou trois mois, Ouargla et les communes limitrophes sont secouées par des émeutes. Des bandes de jeunes chômeurs sortent dans la rue aux cris de : « Où passe l’argent du pétrole ? » Ils bloquent les routes, incendient des voitures, brûlent des pneus, et pillent des bâtiments administratifs. Longtemps confinée aux villes du Nord, en particulier la Kabylie, la culture de l’émeute a donc fini par gagner le Sud algérien.

C’est Ouargla qui a donné le signal en 2003. Hassi Messaoud, El-Goléa, Djanet et Ghardaïa, ont suivi. La semaine dernière, à Ouargla, au lendemain d’une visite du président Abdelaziz Bouteflika, la mort accidentelle d’un octogénaire, tué sur la route par un chauffard, a servi de prétexte. Le conducteur, un militaire, a failli être lynché. L’émeute a duré trois jours.

« Nordistes » et « sudistes » : ces mots sont utilisés quotidiennement à Ouargla et Hassi Messaoud. Une guerre sourde oppose les uns et les autres. Venus le plus souvent d’Alger, de Kabylie, mais aussi d’Annaba ou d’Oran, les « nordistes » sont accusés par les autochtones – les « sudistes », pour la plupart noirs de peau – de leur « voler les emplois » et de « se comporter en colons ».

Cette ségrégation est apparue il y a une vingtaine d’années. Ouargla n’était alors qu’une agglomération de moins de 100 000 habitants. Mais, avec les violences de la « décennie noire », des habitants du Nord ont trouvé refuge dans ce Sud épargné par le terrorisme. Au fil des ans, Hassi Messaoud, avec la hausse des cours du pétrole, s’est en outre transformé en un eldorado où l’argent était supposé couler à flots.

Aujourd’hui, la wilaya de Ouargla compte 630 000 habitants. Ce n’est pas l’Europe qui fait rêver les Ouarglis, mais Hassi Messaoud et ses pétrodollars. Bien que la vie y soit extrêmement dure, chacun rêve d’y faire fortune. Et qu’il faille disposer d’un permis pour entrer dans cette zone sous haute surveillance ne fait que renforcer la frustration ambiante.

Entre apathie et révolte, Ouargla hésite. « Les gens du Sud sont par nature pacifiques. Mais les jeunes sentent bien la crainte qu’ils inspirent aux autorités locales, dit un avocat de la ville. Le pouvoir ne pourra pas se contenter de quelques gestes avec l’espoir d’éteindre les incendies ici et là. Ouargla souffre du même problème que l’Algérie : elle n’est tout simplement pas gérée. »

Florence Beaugé

2008

Emeutes dans les quartiers de Ouargla

22/05/2008
La ville de Ouargla a connu hier des affrontements entre des jeunes du quartier des 80 Logements, situé à l’entrée de Mekhadma.

Constitués en groupes d?une dizaine de personnes chacun, ces jeunes ont coupé la route menant de Sidi Amrane vers les 460 Logements et le centre-ville. La veille, vers 23h, il y a eu des échauffourées dans la même zone, mais les agents de police avaient réussi à disperser la foule. Hier vers 15h30, de nouveaux affrontements ont été déclenchés mais se sont calmés une heure après sans aucune arrestation ni victime. Ce nouveau mouvement de violence est dû, selon nos informations, à l?intervention du wali de Ouargla lors de l?émission télévisée « Mountada Attilivisioune » diffusée le 10 mai dernier. Ce dernier avait qualifié de tout-venant les citoyens qu?il avait reçus lors des deux premières années de son mandat, que la sous-traitance avait disparu et que le problème de l?emploi est entièrement pris en charge, qualifiant de discorde entre deux familles les dernières émeutes de Ouargla. Entre-temps, les habitants de Saïd Otba, localité à 5 km de Ouargla, avaient barré la route jeudi dernier, brûlant un camion et traumatisant des citoyens dans leurs véhicules dont une femme enceinte admise à l?hôpital après un choc.

2007

Les émeutes reprennent à Ouargla

22/11/2007

Les édifices publics et certains quartiers de la ville sont pris pour cible
Les émeutes reprennent à Ouargla

Lundi soir, la recette des impôts de Sidi Amrane a été attaquée par des personnes encagoulées qui ont tabassé son gardien et incendié les archives.

Des faits qui rappellent les événements de 2004. Il est désormais connu que l’incendie de la recette des impôts d’alors a servi les intérêts de certains mauvais payeurs. La violence a repris mardi soir avec des affrontements directs entre les éléments des brigades antiémeute et les jeunes de Mekhadma qui ont plongé l’artère principale de ce quartier jouxtant les plus importantes cités du centre-ville dans le chaos. Les émeutiers voulaient à tout prix quitter le carrefour Sidi Amrane-Mekhadma vers la ville en passant par les principales maisons closes de la zone qu’ils comptaient incendier, selon nos informations. Mais la police n’a eu de cesse de les cantonner dans leur quartier et quadriller le secteur grâce aux effectifs déployés en début d’après-midi et à l’usage massif de bombes lacrymogènes dont les relents ont circulé dans l’air toute la nuit mais aussi de coups de feu afin de disperser les groupes constitués autour du portail de la cité Sonelgaz et des édifices publics y attenants. L’affrontement auquel ont participé des dizaines de jeunes s’est prolongé sans relâche de 18h30 à 2h du matin, ce qui a poussé de nombreux citoyens à déserter la rue et chercher des lieux de parking sécurisés pour leurs voitures en dehors de leurs quartiers afin d’éviter la casse méthodique appliquée par les jeunes déchaînés. Les quartiers chauds de la ville restent encore sous haute surveillance grâce aux renforts sécuritaires arrivés des villes limitrophes sur réquisition du wali. L’effort des autorités locales se concentre sur la reprise en main de la situation durant la nuit grâce au dispositif sécuritaire et aux tentatives de conciliation entre les quartiers ennemis (la Silice et Saïd Otba) et les pourparlers pour la libération des détenus. Mais la persistance de l’agitation laisse penser que le mouvement de colère ne s’est pas encore apaisé. Après la révocation de M. Messaoudi, directeur régional de l’Agence nationale de l’emploi (ANEM), sur lequel s’est focalisée la colère des jeunes, ces derniers semblent brandir de nouvelles revendications tues durant les rencontres avec les officiels. Outre la libération sans conditions des cinq derniers détenus arrêtés dans le sillage de ces événements, les émeutiers veulent s’en prendre aux maisons closes des 324 logements. De son côté, le wali a décidé de rompre le silence pour s’adresser directement aux citoyens de la wilaya sur les ondes de la radio locale et appeler à l’implication des parents pour le contrôle des agissements de leurs enfants, surtout que des mineurs et des repris de justice côtoyaient les chômeurs durant les événements.

Houria Alioua

4 blessés, 30 arrestations et des biens saccagés. Expédition punitive au centre-ville de Ouargla

19 novembre 2007

Tout a commencé samedi vers 20h quand les cris d’une foule en furie se sont fait entendre. « Allah Akbar » pour certains, injures pour d’autres, la bande venue d’une palmeraie toute proche, à mi-chemin entre Saïd Otba, haï El Boustene et la Silice, a contourné le mur de la caserne située à la lisière du quartier résidentiel pour s’adonner à un saccage méthodique de tout ce qui était à portée de main, particulièrement les voitures, les petites épiceries et un bureau d’études.

Le massacre a duré plus d’une heure. Etant témoin et victime de ces exactions injustifiées et injustifiables aux yeux des paisibles habitants du quartier et des enfants terrorisés par ce mouvement de masse inattendu à cette heure habituellement calme, celle du dîner, c’est chrono à la main qu’on a observé de la terrasse la scène. Cinq voitures stationnées devant les domiciles de leurs propriétaires ont été mises à sac et fracassées à coups de pierres et de gourdins par les assaillants. Ceux qui ont accouru à leurs portes et au-delà pour appeler à l’aide et protéger leurs biens ont été menacés de mort et lapidés de gros cailloux s’ils s’évertuaient à sortir de chez eux. Les jeunes du quartier en essayant d’avoir le fin mot de l’histoire ont été roués de coups. Quatre d’entre eux ont été évacués à l’hôpital Mohamed Boudiaf pour y subir des soins d’urgence suite à leurs blessures pour n’en sortir que tard dans la nuit. Un cinquième a été traqué dans la cage d’escalier d’un bâtiment et sauvé à la dernière minute par un voisin. Les services de l’ordre sont arrivés après le départ des agresseurs pour prendre les dépositions et faire leur constat photos à l’appui. En effet, leur rapport fait état de l’irruption nocturne d’une trentaine de personnes âgées entre 16 et 35 ans à la Silice. Cette descente fait suite à une altercation dans la matinée entre deux collégiens du CEM du 11 Décembre situé dans le même quartier, l’un demeurant à la Silice et l’autre à Saïd Otba. Le premier a déposé plainte pour violence auprès de la police.

2004

Les émeutes reprennent à Ouargla

lundi 8 mars 2004.

Les jeunes ne sont pas satisfaits des mesures prises par le gouvernement

Des jeunes manifestants ont coupé hier, en début d’après-midi, la route nationale qui relie Hassi Messaoud à Ouargla. Juste au niveau du barrage permanent de police, où sont délivrés les laissez-passer, à une dizaine de kilomètres d’Aïn El Beïdha.

« La circulation est coupée dans les deux sens, les jeunes filtrent les véhicules qu’ils laissent passer, les autres automobiliste sont sommés de rebrousser chemin. Les manifestants très nombreux ont décidé de passer la nuit là-bas et de bloquer la route tout le temps qu’il faudra », raconte un habitant d’Ouargla que nous avons joint hier par téléphone. Selon ce témoin, les jeunes prêts à en découdre ne semblaient nullement impressionnés par les brigades antiémeutes mobilisées pour faire dégager la route.
Le choix du lieu de rassemblement n’est pas fortuit puisque c’est au niveau de ce barrage permanent que sont contrôlés et délivrés les laissez-passer pour entrer dans la ville de Hassi Messaoud. Un document exigé même aux enfants natifs de la région et que la population veut voir supprimé. C’est d’ailleurs l’une des revendications principales de la plate-forme d’Ouargla remises aux autorités locales et aux représentants du gouvernements qui s’étaient déplacés spécialement pour « écouter les jeunes ».

Des jeunes qui ont le sentiment d’avoir été bernés par le Chef du gouvernement. Hier, les chômeurs ont, une fois encore, réinvesti les rues d’Ouargla pour, cette fois-ci, manifester leur colère face aux promesses non tenues du gouvernement Ouyahia. Les slogans qu’ils ont scandés lors des marches pacifiques et les rassemblements qu’ils ont improvisés hier à travers la ville l’expriment clairement. « Samedi après-midi, nous avons pris la décision de sortir dans la rue après que l’on a pris connaissance du compte-rendu du Conseil du gouvernement qui s’était tenu jeudi dernier. Ils se sont moqués de nous ! », témoigne H. L., un des représentants de jeunes que nous avons contactés hier.
Il justifie le recours aux manifestations par le fait que durant toute la semaine dernière les autorités locales ont laissé croire aux chômeurs qu’il y avait possibilité de travail et qu’il suffisait d’aller s’inscrire à l’assemblée populaire communale (APC). « Dans toutes les mairies des communes où il y eu des émeutes et même dans les autres, les chômeurs se sont inscrits dans l’espoir d’une embauche immédiate. Il s’est avéré que ce n’était qu’un subterfuge pour nous faire patienter. Pourtant les ministres avaient promis. Nous avons fait ce dimanche matin des rassemblements pacifiques devant le siège de la mairie et de la wilaya, mais j’avoue que nous n’allons pas contenir longtemps notre colère », poursuit notre interlocuteur qui indique que plusieurs interpellations de jeunes ont eu lieu ces derniers jours. Un fait qui a agacé la population. Tout comme le dernier Conseil du gouvernement consacré, entre autres, au gel des entreprises de sous-traitance.

Jeudi dernier, lors de sa réunion avec l’exécutif, le Chef du gouvernement a chargé le ministre du Commerce d’élaborer un texte abrogeant la réglementation des entreprises de sous-traitance. Et instruit le ministre du travail pour que les inspections du Travail élaborent des dossiers sur les opérateurs ayant violé la législation du travail et traduisent les négriers devant les tribunaux. Des résolutions jugées insuffisantes par les représentants des jeunes et des chômeurs chargés du suivi de l’évolution de la situation après les promesses faites il y a une semaine par Tayeb Louh et Djamel Ould Abbès à des centaines de jeunes à la salle Sedrata à Ouargla.

« Les décisions du gouvernement ne veulent rien dire, elles vont prendre un temps fou pour se réaliser, ce n’est pas ce que l’on attendait, c’est de la démagogie ! les ministres ont menti », affirme un élu de l’APW qui n’écarte pas une recrudescence de la violence dans les tout prochains jours si aucune des revendications n’est pas immédiatement satisfaite. Pour rappel, la semaine dernière deux ministres de la République dépêchés à Ouargla pour apaiser une population exacerbée par l’injustice, l’exploitation et le chômage avaient annoncé un certain nombre de mesures immédiates prises par le Chef du gouvernement en réponse à des revendications que les jeunes avaient exprimées par la violence, et ce, le jour même de la visite du Président dans cette ville.

Après six jours de violences et d’émeutes, Tayeb Louh et Djamel Ould Abbès, respectivement ministre du Travail et de la Sécurité sociale, et ministre de l’emploi et de la solidarité nationale, avaient annoncé le gel des sociétés de sous-traitance, la suppression du laissez-passer pour Hassi Messaoud, le renforcement de l’agence de l’emploi et la priorité aux enfants de la région pour le recrutement. Ils avaient également annoncé que d’autres décisions importantes allaient être prises lors du Conseil du gouvernement de ce jeudi.
L’engagement des ministres de la République a calmé les émeutiers. Après une semaine de violentes émeutes et de confrontations avec les Unités de sécurité républicaines (USR), les jeunes ont « abdiqué » en attendant de voir.

Hier, les Ouarglis ont décidé de s’emparer de la rue, de dresser des barricades pour faire aboutir leurs revendications. Ils ne sont pas les seuls a avoir choisi ce mode d’expression pour se faire entendre d’un pouvoir autiste. La colère gagne la rue à Batna, Bouira, Biskra, El Oued et bien d’autres villes encore.

Spontanément, les populations se soulèvent pour crier leur misère, leur malvie, la marginalisation, l’injustice et les abus de pouvoir. A Aïn El Beïdha, Touggourt, Hassi Messaoud, à Ouargla, dans le sud du pays, comme à Aïn Laloui, Djebbahia, et Ouled Rached, à Bouira au Centre, ou encore à Azab, Guelma, Mila, Jijel, à l’Est, et dans plusieurs localités de l’Ouest, les citoyens dressent des barricades, brûlent et saccagent tout ce qui représente l’Etat, y compris les portraits du Président de la République lors de ses visites officielles.

Depuis plus de trois ans, d’Est en Ouest, du Nord au Sud, les Algériens se soulèvent pour revendiquer leurs droits. Et plus que jamais à l’approche des élections.

Saïda Azzouz, Le Matin

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~ par Alain Bertho sur 6 avril 2009.

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