Emeutes en Martinique février 2009

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Martinique: les violences se poursuivent à Fort-de-France

FORT-DE-FRANCE (AFP) — Cinq heures après le début des violences de la nuit de mercredi à jeudi, Fort-de-France n’avait toujours pas retrouvé le calme à 2H30 (7H30 à Paris).

Après une relative accalmie, les jeunes casseurs se sont déployés à la sortie nord de la ville où une voiture a explosé après avoir été incendiée. Selon un témoignage diffusé sur RCI, l’immeuble abritant les locaux de la Sacem a été particulièrement visé et notamment un cybercafé. Situé au rez-de-chaussée, le « Cyberdéliss » connu des internautes foyalais a été saccagé avant d’être incendié.

L’arrivée des forces de l’ordre a donné lieu à des tirs de grenades lacrymogènes incommodant les habitants d’un immeuble voisin. Selon un responsable de la sécurité de la ville de Fort-de-France, une voiture a été incendié aux abords du boulevard du Général de Gaulle. En outre, plusieurs commerces ont été pris pour cible dans le quartier de Terresainville. C’est le cas d’un magasin de pièces détachées pillé et d’un magasin de pneus incendié.

Selon ce responsable, les forces de l’ordre ont procédé à des interpellations. L’accès au centre ville de Fort-de-France était rendu très difficile en raison de certains barrages érigés par les casseurs et des controles de police.

Plusieurs témoignages recueillis sur les ondes de RCI ont fait état de groupes de jeunes armés, braquant des automobilistes à l’aide de fusil à pompe ou à canon scié, avant de leur voler leur voiture.

Un caméraman de presse a raconté à l’AFP avoir été entouré par une trentaine de jeunes à moto qui s’apprêtaient à dévaliser un magasin de matériel hifi déjà visité dans la nuit de mardi à mercredi. Ce cameraman a ajouté s’être trouvé nez à nez avec un adolescent d’à peine 15 ans lui intimant l’ordre de quitter les lieux au plus vite.

Nouvelle nuit de violences en Martinique, négociations en Guadeloupe

FORT-DE-FRANCE (AFP) — Fort-de-France était confrontée à une nouvelle nuit de violences mercredi dans la soirée. Sur plusieurs artères de la ville, des barrages ont été érigés avec des poubelles, dont certaines étaient en feu.

Les négociations ont repris mercredi en Guadeloupe entre le préfet, les médiateurs du gouvernement, le patronat et le LKP, alors que l’exécutif a mis une nouvelle proposition sur la table pour tenter de mettre un terme à la grève générale.

A Fort-de-France, comme la veille, des détonations résonnaient à intervalles réguliers dans la ville d’où montaient des fumées et des odeurs des gaz lacrymogènes.

Les rideaux métalliques d’au moins trois grandes surfaces ont été éventrés. Une voiture a été lancée contre l’hypermarché Carrefour Dillon. Selon un témoignage diffusé sur les ondes d’RCI, la voiture avait été dérobée à son propriétaire par un groupe de jeunes à moto. Les forces de l’ordre sont intervenus pour protéger l’hypermarché. Elles étaient encore présentes sur le parking de l’hyper peu après 23H00 locales (04H00 à Paris).

A une cinquantaine de mètres de là, des jeunes avaient pris position le long de l’entrée de l’autoroute. Certains avaient en main des cocktail molotov. Toujours au quartier Dillon, les casseurs ont utilisés un tracteur pour pénétrer dans le magasin « Intersport » avant que la police n’intervienne. Selon des témoignages recueillis auprès de journalistes sur place, un autre magasin d’articles de sport a reçu la visite des casseurs qui se sont enfuis à moto avec des vêtements de sport.

Le centre ville de Fort-de-France semblait mieux protégé que la veille. Selon un responsable de la sécurité de la cité, les policiers sont parvenus à déjouer plusieurs tentatives de pillage de magasins. Néanmoins et selon des journalistes sur place, sur le boulevard du Général de Gaulle, les gardes mobiles ont repoussé des jeunes, vers un quartier en hauteur de la ville basse, en utilisant du gaz lacrymogène.

Tout au long de la soirée, des jeunes encagoulés ont sillonné les rues avec une très grande mobilité en jouant au chat et à la souris avec les forces de l’ordre.

Les négociations ont repris mercredi en Guadeloupe, toujours enfoncée dans la grève, entre le LKP, le patronat et l’Etat qui a proposé un « revenu supplémentaire temporaire d’activité » en réponse au montage mis sur la table par le collectif intersyndical.

Initialement, les discussions devaient reprendre à 11H00 (16H00 à Paris) mais finalement le rendez-vous a été fixé à 15H00. Selon Elie Domota, figure de proue du LKP, l’Etat avait demandé un délai afin de peaufiner les nouvelles mesures qu’il comptait soumettre aux partenaires sociaux.

Juste avant le début de la réunion, Matignon a ainsi proposé un Revenu supplémentaire temporaire d’activité (RSTA) avec 80 euros mis par l’Etat jusqu' »à l’horizon 2011″ avant un retour au revenu de solidarité active (RSA).

A cela viendrait s’ajouter un « bonus » des entreprises de 50 à 90 euros exonérées de toutes charges salariales et patronales et enfin une participation autour de 50 euros des conseils général et régional pour arriver « à peu près » aux 200 euros réclamés par le LKP depuis le début du conflit.

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« Nous craignons un gros déchaînement de violence cette nuit à Fort-de-France »

25.02.09

Depuis la nuit du mardi 24 février, la tension est encore montée d’un cran en Martinique : pillages de boutiques, barrages en flammes, une trentaine d’interpellations par la gendarmerie, le carnaval annulé par crainte de voir la fête dégénérer… Les Martiniquais contactés par LeMonde.fr ont le sentiment que ces violences auraient pu être évitées, « si on n’avait pas laissé pourrir la situation ». « Pas de quoi s’étonner », estime Thierry Mabouia, 37 ans, chef d’entreprise à Fort-de-France. « Tout le monde s’attendait à ce que la situation dégénère, on se demandait seulement quand ça allait arriver. Bien sûr, tous ces actes de délinquance, menés par des petits de 14 ans entraînés par des plus grands, sont condamnés par la population. Tout le monde est contre ici ! » Le jeune Martiniquais est néanmoins conscient que la situation ne pouvait pas évoluer autrement, avec le peu d’avancées dans le dialogue social. « Toutes les négociations trainent en longueur, les gens ne peuvent plus circuler à cause des barrages et de la pénurie de carburant, les esprits s’échauffent. Ces jeunes sont issus de classes sociales très défavorisées, ils profitent du climat de désarroi pour voler ce qu’ils peuvent. On n’avait jamais vu ça, du moins pas à ce point, même si le ras-le-bol général a déjà conduit des jeunes à piller des enseignes l’année dernière. » Pour Thierry, il est important de ne pas faire d’amalgame. « Ces jeunes sont désœuvrés, ils n’ont pas d’autres options pour survivre, et ce n’est en aucun cas une violence raciale qui est en train de s’installer. Il s’agit d’un ras-le-bol économique. Bien sûr, certains incitent à la haine contre les « békés », mais la véritable motivation de tout ce combat, même s’il dégénère parfois, est la lutte contre les profiteurs ».

Amou Delor, photographe de 33 ans, a assisté aux manifestation de la matinée à Fort-de-France. « D’après ce qu’on m’a rapporté, un groupe de jeunes a allumé un feu au milieu de la route. Les pompiers sont intervenus pour l’éteindre. A la seconde tentative, ce sont les policiers qui ont chargé la population. Jeunes et moins jeunes se sont réfugiés dans la cité qui surplombe la ville, mais les policiers leur ont lancé des gaz lacrymogènes. Plusieurs magasins ont été incendiés », raconte-t-il. A l’entendre, la population reste extrêmement mobilisée, mais « nous nous attendons à un gros déchaînement de violence cette nuit à Fort-de-France ».

Pour Denis, Savoyard employé dans la grande distribution et qui réside en Martinique avec sa famille depuis huit ans, le mouvement a pris une toute autre dimension après les violences de la nuit dernière. « Ce qui s’est passé hier n’a fait qu’empirer la situation déjà extrêmement tendue. La peur a gagné les Blancs qui subissent une nouvelle forme de pression. Même les comportements ont changé : ma famille et moi restons cloîtrés à la maison, ma femme ne peut plus sortir seule. J’ai moi-même reçu des menaces, et j’ai été forcé de fermer mon magasin la semaine dernière. J’ai décidé de porter plainte à la gendarmerie : on ne peut pas empêcher les gens de travailler, de vivre leur vie. Depuis hier, toutes les tensions semblent exacerbées.«  Le plus grave, selon lui, est le non-respect de l’Etat de droit en territoire français : « Les forces de l’ordre veulent à tout prix éviter le conflit, elles interviennent, mais n’agissent pas concrètement. Le plus dramatique dans tout cela est cette sorte de résignation… On a trop peur de l’explosion. La Martinique est en train de se transformer en poudrière, et je suis en train de réfléchir serieusement à rentrer en métropole : je ne pensais pas avoir à dire ça un jour, mais je veux avoir la liberté de vivre ma vie, qu’on me laisse la liberté de faire grève, ou non, je ne veux pas vivre dans ce sentiment de peur et d’impuissance.« 

La lassitude a aussi gagné Helea, 50 ans et mère de 3 enfants (un de ses fils est en terminale et est censé passer le bac cette année), mais pour d’autres raisons. Quand on lui demande si l’annulation du carnaval, une fête essentielle pour le population, va encore contribuer à la montée des tensions, elle nous répond que « La Martinique n’a pas le cœur à la fête ». « Compte tenu du pourrissement de la situation, et de l’incompréhention qui règne entre les syndicats et le patronat, la tension ne peut qu’augmenter. Les békés ne doivent pas avoir si peur que cela, puisqu’ils restent campés sur leurs positions ! »

« Bien sûr, cette situation est pénible pour tout le monde, mais ces jeunes qui ont commis des actes de violence hier, se trouvent face à des problèmes insurmontables : élevés souvent par des mères seules, ils ont des problèmes de drogue, de chômage, et le climat actuel ne favorise pas l’apaisement des esprits. On parle des violences aujourd’hui, mais la violence est présente chaque jour, même si c’est à un degré moindre… Il faut parler de cela, de leur misère, des problème de drogue de ces jeunes. Ce n’est facile pour personne ici, mais les gens tiennent bon, parce qu’ils veulent faire bouger les choses. » Néanmoins, Helea admet qu’il est difficile pour les Martiniquais d’avoir une vision globale du problème :  » j’ai parfois besoin de prendre du recul face aux évènements car rien n’est simple, c’est parfois la peur qui dicte nos réactions ».Célia Héron

Nuit agitée en Martinique : des magasins pillés et des véhicules incendiés à Fort-de-France


Mercredi 25 Février – 16:05

A Fort-de-France, chef-lieu du département français de la Martinique, la nuit de mardi à mercredi a été agitée. Au moins trois véhicules ont été incendiés et plusieurs magasins pillés, alors même que les négociations sur la hausse salariale se poursuivaient en préfecture, rapporte un correspondant de l’AFP. Selon la même source, relayée par France 24, peu avant minuit, des jeunes, pour certains masqués, avaient commencé à mettre le feu dans des pneus et des poubelles sur le boulevard du général de Gaulle. Trois escadrons de gendarmes mobiles ont dû être appelés en renfort pour ramener l’ordre. ()

La Martinique s’enflamme aussi

Lejdd.fr

Mercredi 25 Février 2009

Alors que la tension semble être un peu retombée en Guadeloupe, la Martinique, elle, commence à s’échauffer. Las de voir traîner les négociations, les manifestants ont encerclé la préfecture, mardi à Fort-de-France. Dans la nuit, une dizaine de jeunes ont mis le feu à des voitures et pillé quelques magasins. Trois escadrons de gendarmes mobiles sont sur place. Récit d’une nuit enflammée.

Tous les projecteurs ont beau être braqués sur la Guadeloupe, c’est la Martinique qui s’est enflammée dans la nuit de mardi à mercredi. Au sens propre, puisque plusieurs commerces et quelques voitures ont brûlé -dont celle d’un patron qui participait aux négociations avec les syndicats. LeJDD.fr a pu joindre un membre du collectif martiniquais, qui raconte ce qui s’est passé.

Mardi matin à Fort-de-France, syndicats, patronat, représentants de l’Etat et des collectivités locales se sont retrouvés à la préfecture pour poursuivre les négociations entamées il y a près de trois semaines. Comme en Guadeloupe, le Collectif du 5 février « contre la vie chère » exige des augmentations de salaire -plus précisément, 354 euros net pour tout le monde. Comme en Guadeloupe, il annonce que, quoi qu’il arrive, il ne cédera pas sur cette revendication. Et comme en Guadeloupe, toujours, c’est précisément sur ce point que les discussions achoppent avec les patrons. Vers midi, las de voir les négociations traîner en longueur, les manifestants ont décidé d’encercler la préfecture et de ne plus laisser sortir personne. « Pas même pour manger », raconte en riant un membre du Collectif. Mis à la diète et sommés de trouver un accord sous peine de ne plus pouvoir sortir, les patrons ont dû se rasseoir, bon gré mal gré, à la table des négociations. Se contentant, pour tout repas, de ravaler leur fierté. Mais vers 18 heures, une dizaine de jeunes chômeurs, plus impatients que les autres, ont forcé les grilles de la préfecture pour s’inviter à la table des négociations et presser les chefs d’entreprises de mettre la main au portefeuille.

Les gendarmes immobiles

C’est le service d’ordre du Collectif qui les en a empêchés, gentiment mais fermement, leur interdisant l’accès à la préfecture. « Vous risquez de vous faire tabasser », « vous allez être blessés, ça ne sert à rien », expliquaient les manifestants aux jeunes. « Ils ne vont pas nous tirer dessus, il y a des caméras », rétorquaient les jeunes, « au pire ils nous lancent des lacrymos ». « Ils », les gendarmes mobiles, se tenaient quelques pas à peine derrière le service d’ordre, en alerte et prêts à intervenir dès qu’ils l’estimeraient nécessaires. Vers 23h30, les jeunes ont commencé à brûler des poubelles et des pneus. Rapidement, ils sont passés aux voitures. Puis, ils ont attaqué des commerces -symboles de la cherté de la vie dans cette île des Antilles qui connaît les mêmes problèmes que la Guadeloupe- pillant et brûlant des magasins d’alimentation, de matériel informatique, audiovisuel, etc. Une bijouterie a même été saccagée, d’après les autorités. Pendant ce temps, toujours à la table des négociations, les patrons lâchaient un peu de lest. Une augmentation « oui », mais qui s’échelonne de 10 à 100 euros maximum, suivant les salariés et les entreprises. Jugeant la proposition insuffisante, le Collectif a « libéré » le patronat à 2h30 du matin, « l’invitant » à réfléchir, et à revenir jeudi avec une proposition un peu plus conséquente.

Embargo sur les exportations de bananes

En attendant, la grève se durcit sur l’île. Les manifestants ont en effet décidé de bloquer toutes les exportations de bananes. Parce qu’en Martinique, les plantations sont aux mains de ceux qui tiennent aussi tout le secteur de la grande distribution et qui en profitent pour pratiquer des prix exorbitants : les békés. Le Collectif tape donc là où ça fait mal -et il sait faire. « Ce mouvement est peut-être plus jeune que celui de la Guadeloupe, mais il est très bien structuré », explique Olivier Besancenot, qui était en Martinique il y a deux jours. A Fort-de-France et à Pointe-à-Pitre, « on n’en est pas au même point dans les négociations, mais dans les deux cas, c’est le gouvernement qui bloque », affirme le porte-parole du NPA. Autre signe de la radicalité d’un mouvement qui affiche l’ambition d’aller jusqu’au bout, le meeting de Besancenot à Fort-de-France a réuni 1500 personnes, tandis que les manifestations rassemblent 30 à 40 000 participants, d’après les organisateurs. Quand bien même les médiateurs du gouvernement parviendraient à régler le conflit en Guadeloupe, Yves Jégo n’en aurait pas fini pour autant avec les Antilles.

Première nuit de violences en Martinique

25 février 2009

Au 35e jour de grève, la confusion continue de régner mardi en Guadeloupe sur le terrain des négociations sociales. Le collectif LKP, qui mène la mobilisation dans l’île depuis le 20 janvier, a annoncé la reprise des discussions dans la matinée, mais le préfet Nicolas Desforges a affirmé qu’aucune « réunion plénière » n’aurait lieu mardi. Seules des négociations bilatérales devaient se dérouler, a-t-il indiqué, sans préciser si elles se limiteraient au patronat et au LKP. D’après lui, la réunion convoquée pour mardi à 11 heures (16 heures à Paris) l’a été par « le seul LKP », soulignant que « seuls le préfet et les médiateurs ont la maîtrise de la date et de l’heure des réunions de négociations ».

Les pleines négociations devraient reprendre mercredi. « Il y a sur la table, entre les mains des médiateurs, je crois, tout ce qu’il faut pour arriver à un bon accord », a déclaré le secrétaire d’État à l’outre-mer Yves Jégo lors du « Talk Orange- Le Figaro « . Interrogé sur une proposition de l’Union des chefs d’entreprise guadeloupéens (UCEG) – le Medef n’y a pas adhéré – suggérant une augmentation salariale de 200 euros à la charge du patronat (50 euros), des collectivités locales (50 euros) et de l’État par un allègement de charges (100 euros), il a répondu : « Dans sa totalité, si on l’applique in extenso, il y a des limites à cette proposition qui ne pourront pas être franchies. »

Guéant promet de « nouvelles propositions »

Le préfet Nicolas Desforges a un peu plus tôt opposé une fin de non-recevoir à cette initiative proche du « pré-accord » qui avait déjà été retoqué par le Premier ministre François Fillon. Une source gouvernementale a indiqué que Matignon tenterait mercredi de « simplifier et globaliser » sa proposition, pour rendre plus lisible un dispositif qu’Élie Domota, leader du LKP, avait qualifié d' »usine à gaz ». Dans Aujourd’hui en France/Le Parisien , Yves Jégo a par ailleurs affirmé être « prêt » à partir dès que ce sera « nécessaire » en Guadeloupe.

Après une réunion des militants du LKP dans leur QG du Palais de la mutualité, l’un d’entre eux, Jean-Marie Nomertin, a exhorté mardi les militants à « une amplification maximum de la grève jeudi ». En Guadeloupe, le Mardi gras et le mercredi des Cendres sont des périodes de carnaval largement chômées même si la plupart des festivités ont été annulées.

Comme le porte-parole du gouvernement Luc Chatel sur France 2, le secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant a affirmé sur LCI que « de nouvelles propositions qui auront l’immense avantage par rapport » aux précédentes d’être « très claires, très compréhensibles » seraient proposées par les médiateurs. Il a en revanche jugé « inenvisageable » une exonération de CSG et CRDS. Les nouvelles propositions « permettront l’augmentation qui est espérée, mais pas par ce biais-là », a-t-il promis, faisant valoir que « la loi s’applique de la même façon sur l’ensemble de la République ».

Des voitures incendiées en Martinique

En Martinique, 19 jours après le début de la grève générale, les négociations, qui ont repris mardi en début d’après-midi à la préfecture de Fort-de-France, ont, elles aussi, buté sur la hausse des salaires. Lors de l’une des interruptions de séance, le « collectif contre la vie chère et pour l’emploi », qui réclame une hausse de 354 euros nets pour tous les salaires, a fait savoir qu’une « proposition de hausse des salaires de 30 puis de 40 euros » avait été avancée par la partie patronale. Son porte-parole Michel Monrose a promis le « durcissement des actions » du collectif et en particulier le blocage des opérations de chargement de la banane dès la fin de cette semaine. Il a estimé qu’on était « loin du compte » et que les patrons devaient « revoir leur copie ». Par ailleurs, Michel Monrose a regretté que les travaux de la commission chargée du suivi de l’accord sur la baisse de 20 % sur les 100 familles de produits marquent le pas.

Autour de la préfecture, une certaine tension était perceptible et des manifestants agrippés aux grilles ont fait céder un portail, nécessitant l’intervention de forces de l’ordre. Certains négociateurs ont été empêchés de sortir de l’enceinte par des manifestants qui scandaient « négocier ! négocier ! ». Au moins trois véhicules ont été incendiés et plusieurs magasins pillés dans la nuit de mardi à mercredi. La voiture d’un des membres de la délégation patronale a été brûlée. Peu avant minuit, des jeunes, masqués pour certains, avaient commencé à mettre le feu dans des pneus et des poubelles renversées sur le boulevard du général de Gaulle, entraînant l’intervention de pompiers et de la police. Face à cette tension, trois escadrons de gendarmes mobiles ont été appelés en renfort et on tiré des grenades lacrymogènes.

Près de huit Français sur dix (78 %) trouvent justifié le mouvement social qui paralyse la Guadeloupe depuis plus d’un mois, selon un sondage* BVA pour Orange, L’Express et France-Inter présenté mardi. 17 % des personnes interrogées considèrent que le mouvement n’est pas justifié, et 5 % sont sans avis. Les sympathisants de droite sont 67 % à trouver le mouvement justifié, tout comme 89 % des personnes interrogées proches de la gauche et 68 % des personnes sans préférence partisane.

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~ par Alain Bertho sur 25 février 2009.

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