L’Etat de Guerre

1371_01.jpg

 

Introduction et conclusion de L’Etat de Guerre, La Dispute 2003

 

ROMPRE LE SILENCE

« Le monde n’est plus celui que nous connaissions, notre vie a changé définitivement. C’est peut-être l’occasion de penser autrement que nous l’avons fait jusqu’à présent, l’occasion de nous réinventer l’avenir, de ne pas refaire le chemin qui nous a menés à aujourd’hui et pourrait demain nous conduire au néant. La survie de l’humanité n’a jamais été autant en jeu que maintenant. »

Tiziano Terzani[1]

 

Ce livre est né d’une minute de silence. Quelle est donc la nature de cet indicible malaise que nous avons été un certain nombre à ressentir dans cette communauté obligatoire de compassion au lendemain du 11 septembre 2001 ? Ne venait-il pas de ce sentiment étouffant d’impuissance : l’impuissance à tenir un autre discours, à trouver une autre posture. Enfourcher la vieille cause de l’anti-impérialiste, ne pouvait conduire, d’une façon ou d’une autre, qu’à justifier l’horreur. S’inscrire dans le discours de la « juste lutte contre le terrorisme » alimentait, et alimente toujours, une logique de guerre terrifiante.

Nous sentons tous que le monde bascule et que l’histoire future ne s’écrira pas avec les mots d’avant. Mais comme toujours dans ces périodes incertaines, notre pensée reste arrimée au passé. Et dans les débats intellectuels des dernières années, les arguments les plus forts ont plus facilement fait un sort au siècle achevé que tenté de mettre des mots sur le présent en devenir. La célébration récurrente de la mort des espoirs révolutionnaires ne semblait ouvrir qu’à la paralysie historique d’une mondialisation capitaliste incontournable et sans limite. Ce qui restait du mouvement communiste était lui-même plus occupé à exorciser ses propres fantômes, faisant de sa transformation nécessaire une accumulation d’abandon plus que la construction d’un nouvel espoir. Travaillant, au début des années 90 sur la crise militante qui affectait la vieille banlieue ouvrière, j’ai, je le confesse, apporté ma pierre à cette morosité intellectuelle générale[2].

 

Mais j’ai eu la chance à cette époque de rencontrer un homme qui bien qu’ayant connu une défaite politique particulièrement lourde et bien que largement mon aîné, continuait à porter sur le monde l’acuité d’une révolte juvénile nourrie d’une érudition rare. Notre collaboration de travail, nos discussions ont eu sur mon parcours intellectuel une influence que je ne peux camoufler. Mon travail sur la banlieue, entamé plusieurs années avant, s’en est vue en partie réorienté vers la recherche obstinée du neuf au cœur des désastres politiques du vieux monde[3]. Le mouvement de novembre décembre 1995 et l’émergence de nouvelles mobilisations dans les années suivantes m’ont conforté dans cette démarche que j’ai alors tenté de systématiser dans Contre l’Etat, la politique, paru en 1999. « Un peu étroitement national », m’avait alors fait remarquer Antonio Negri.

 

Dialogue étrange, il est vrai, que celui du cattivo maestro ennemi juré des appareils staliniens, condamné par l’Etat italien avec l’assentiment du Parti de Berlinguer et d’un militant communiste français, même transformé par l’école de la dissidence. Exilé, menacé, Antonio Negri ne resta longtemps un interlocuteur que pour un cercle restreint d’intellectuels. C’est le succès mondial de Empire, écrit en collaboration avec Michael Hardt et corrigé en prison qui a rendu justice à ce qui est une des pensées les plus fortes de notre modernité.

 

Et c’est incontestablement avec Empire en tête que j’ai, comme tant d’autre, regardé, pétrifié, pendant des heures les images passées en boucle, des nuages de cendre envahissant New York

 

Pétrifié et sans voix. Car l’urgence qui m’est apparue de façon aveuglante, était de mettre des mots sur le temps, des mots destinés à être en partage pour battre en brèche la parole des pouvoirs. Et voilà que j’entendais ces paroles de pouvoir dans la bouche même de ceux qui se faisaient fort de combattre l’ordre existant.

 

Un an plus tard, en novembre 2002, à la Fortezza Basso de Florence, des dizaines de milliers de délégués se pressent pour le premier forum social européen. Evénement curieux, objet politique non encore identifié, ce premier forum continental semble le gigantesque congrès d’une organisation qui n’existera jamais, réuni en cénacle studieux pour ne surtout pas définir une ligne commune. Corps vivant sans tête ou aux milliers de têtes, cette chose , cette Cosa comme dise les italiens, a de quoi déstabiliser tout militant nourri aux habitudes d’appareil. La politique renaît elle ici ? Où donne-t-elle à voir ici une des multiples facettes de sa renaissance ? C’est en tout cas de ce moment grave et joyeux à la fois que va sortir la première grande manifestation internationale contre la guerre : plus de 500 000 personnes, un million titra même le quotidien communiste Liberazzione.

 

Voici donc un rassemblement politique qui se donne comme objet l’idée qu’un autre monde est possible (et sous entendu nécessaire) et qui ne se donne pas pour tâche d’élaborer de savante stratégies de pouvoir pour en hâter l’avènement. Un rassemblement politique qui met en scène son face à face avec les pouvoirs de l’Empire autour du refus de la guerre. Comme si ces pouvoirs avaient justement pris le visage de la guerre. Comme si la question politique n’était plus de prendre le pouvoir mais seulement de le mettre hors d’état de nuire. Ce pouvoir en tout état de cause a bien lu ainsi la situation. Le forum avait été précédé d’une campagne de presse surréaliste sur l’imminence du chaos dans les rue de la capitale toscane. Il ne fallu que quelques jours après la clôture des travaux, pour que la police et la justice italienne envoient devant les tribunaux quelques dizaines de militants altermondialistes pour menées subversives.

 

New-York, Porto Alegre, Florence…Il y a deux façons aujourd’hui de regarder le monde et d’entendre le vacarme confus qui monte de tous les continents. La première façon consiste à ne retenir que la confusion, des errements de la Bourse à l’écroulement des Etats, de la violence civile à la violence sociale, de nos banlieues à l’Argentine, de Gaza à la Colombie. De cette contagion de la déraison humaine semble monter une formidable exigence d’ordre, d’ordre « coûte que coûte » comme préalable à tout débat collectif sur l’avenir. Cette exigence d’ordre a ses portes-paroles : au Pentagone, au gouvernement Israélien comme au cœur de l’islamisme politique, mais aussi au sein des nations, parmi les nostalgiques d’un Etat fort, les promoteurs d’une priorité sécuritaire, les nouveaux hérauts de l’ordre civil et moral[4]. Mais comme la confusion est telle que la légitimité même du droit semble sérieusement compromise, il ne reste à ce désir d’ordre qu’à s’exprimer par la force. Foin, donc, de la « naiveté » dangereuse du « droit de l’hommisme »…

 

Pourtant la seule façon de comprendre le monde est sans doute, au contraire, de le regarder à partir de ses possibles et non de ses dangers. Et si la phase radicalement nouvelle dans laquelle est entrée le capitalisme était d’abord le fruit des forces formidables de créations de richesse que sont devenues l’intelligence, la subjectivité, les capacités humaines de coopération et d’échange ? Et si cette puissance créative était aujourd’hui telle que le capitalisme n’arrivait plus à les contenir, ni économiquement ni politiquement ?

 

Une telle hypothèse donne un tout autre sens à la fuite mortifère dans la financiarisation de l’économie, comme à la crise des Etats nations et la logique militaro-policière qu’on observe tant au niveau mondial qu’au niveau national. La toute puissance des maîtres du monde prend alors d’abord le visage de réponses à ces difficultés à tout transformer en marchandise et à discipliner une humanité de plus en plus avide d’initiative et d’autonomie personnelle. Le désordre et la confusion se donnent dans ce cas comme les sympômes d’une considérable crise d’hégémonie ouverte au moment même où se sont éffondrées les anciennes alternatives. Certes la muliplicité des résistances commencent à dessinner les linéaments d’un autre monde[5]. Mais le temps presse.

 

Alors que la contestation vitale des logiques de la mondialisation libérale commence à peine à dessiner un nouvel espace de révolte et d’espoir, l’Empire s’est mis en position de lui donner le nom de l’ennemi pour lui répondre par la guerre, celui de « terrorisme ». Le 11 septembre 2001 nous a fait officiellement basculer en temps de guerre ouverte, en un temps où, chacun le voit chaque jour, la guerre n’est pas le bras de la politique mais son substitut. La guerre domine et s’étend parce que la politique a reculé. Comme la guerre a dominé l’époque ouverte par la fin de l’Empire romain et l’extinction de la politique antique

 

Ce monde globalisé n’est pas un monde en paix. L’Empire nouveau n’est pas celui de Rome. Il ne connaît pas de « Pax americana ». Sur tous les continents, des armes se font entendre, des conflits s’enlisent, des peuples souffrent. Guerres locales auxquelles répondent parfois les interventions des puissances qualifiées « d’opérations de police internationales » ? L’illusion a fait long feu. Il en est de la guerre comme du reste : le local et le global se télescopent et quasiment n’importe quel conflit apparemment localisé peut provoquer une multiplication des fronts secondaires qui se jouent de toutes les frontières. Nul n’est plus à l’abri.

 

Nous ne sommes ni en 1914 ni en 1939. La guerre engagée n’est pas mondiale. Elle est mondialisée. Elle est tendanciellement sporadique et endémique. Sur ce plan là aussi nous avons changé d’époque. Inutile de chercher une parenté avec ce qui était jusqu’ici pensé en terme de guerre : guerre impérialiste, guerre entre nations, guerre entre blocs, guerre de libération nationale…

 

La guerre mondialisée n’est pas seulement l’affaire des nations : elle peut être celle d’une puissance privée, elle peut être civile, opposer des peuples, des cultures, des religions. Elle se déterritorialise. Inutile d’y chercher l’opposition de deux camps bien identifiés ; encore moins de deux camps entre lesquels il serait possible de choisir. L’ennemi d’aujourd’hui peut être l’élève et l’allié d’hier. Cette guerre n’a qu’un camp : celui du désordre, de la violence et du pouvoir de la force. Nous sommes très précisément dans ce moment, dans ce clair obscur dont parlait Gramsci et qui est propre à génèrer tous les monstres. Il faut donc travailler à la résurrection de la politique.

 

CHANGER DE MONDE

 

 

 

« Qui peut savoir où le destin entraîne/Comment l’amour peut se changer en haine/Comment la nuit chasse le jour/Pourquoi la mort nous tourne autour… /On est encore à cette heure incertaine/Où les regards ont des flammes soudaines…/Les déraisonnables attention /Sont en voie de disparition…/Qui peut savoir où le destin m’entraîne /J’ai voyagé des années des dizaines /Risqué ma vie au carrefour / Pour le savoir je cours toujours. »Bernard Lavilliers «L’or des fous»

 

« Un autre monde est possible » ! La rumeur polyglotte se fera peut-être clameur. Espérons-le. Travaillons-y car c’est la seule alternative à un nouveau moyen-âge. Dans les siècles obscurs qui ont suivi l’implosion de la pax romana, l’église catholique – terme qui, rappelons-le, signifie « universelle »- imposa sa légitimité séculière en décrétant « la paix de dieu », en réinventant la notion même de paix, en bornant la violence endémique des armes. Et en se posant comme une source incontournable et transcendante de souveraineté. Il nous faut réinventer la paix, mondiale aussi bien que civile, en donnant corps à une alternative au règne universel du marché et de la cannonière. Et en donnant corps à une nouvelle source, profondément populaire d’une souveraineté contemporaine.

 

Car la crise principale avec laquelle s’ouvre le nouveau siècle et le nouveau millénaire doit bien être appelée par son nom : il s’agit, ni plus ni moins que d’une crise profonde de la démocratie, de la fin d’un cycle de la démocratie, celui de sa figure républicaine, nationale et représentative. Avec elle, c’est la figure même du peuple qui perd de sa consistance et des pans entiers de culture politique qui perdent de leur pertinence. Voilà sans doute pourquoi une bonne partie de ce que fut la gauche cède si facilement à la nostalgie, voire à une lecture au sens propre réactionnaire du monde dans lequel nous tentons de vivre. « Ah que la république était belle sous l’empire » disait-on autrefois !

 

Soyons lucides : nous ne verrons jamais renaître ni « la patrie du socialisme réel », ni les « hussards noirs de la république », ni la communauté de classe de l’usine ou du coron, ni la jonction libératrice du drapeau rouge et du drapeau tricolore. Cette époque là est close, pour le meilleur et pour le pire. Soyons lucides et clairs : la dénonciation amère et nostalgique des « ravages de l’individualisme » rate franchement sa cible. Le surgissement du sujet et des revendications des droits de la personne humaine constitue un des événements les plus révolutionnaires de notre époque. Ce point ultime du mouvement millénaire de différenciation de l’humanité pose aujourd’hui à une échelle jamais atteinte la question de la construction du commun de cette multiplicité en expansion permanente. Ce qu’on nomme individualisme, replis sur soi ou sur l’entre soi, est l’impasse à laquelle conduit la marchandisation généralisée de la vie et la reproduction sans fin des altérités mutilantes par les pouvoirs en place. C’est pourquoi la libération collective ne se fera pas contre la personne et l’individu mais pour lui et avec lui, contre le marché et les discriminations. Contre le marché qui unifie les choses dans l’argent et segmente l’humanité dans la concurrence et la guerre.

 

Or cette nouvelle construction de commun est déjà à l’œuvre.

 

Ce dont il faut que nous prenions pleinement conscience, c’est que l’autre monde possible n’est ni d’un autre temps ni d’un autre lieu. Son avènement n’est pas un événement à venir. L’autre monde est déjà là. Son avènement en cours, fragile et encore incertain, contamine déjà au quotidien les logiques mondialisées de la domination et de l’exploitation par la coopération humaine et l’action solidaire.

 

Au fond, et c’est bien là la révolution culturelle qu’il nous faut mener sur nous-mêmes, contrairement à ce que fut longtemps l’horizon des mobilisations libératrices, il s’agit peut-être moins aujourd’hui de changer le monde que de changer de monde. Il ne s’agit plus d’attendre et de préparer le grand soir mais de travailler à rendre dominants et légitimes des logiques, des pratiques et des rapports humains multiples, aujourd’hui dominés et combattus, mais qui dessinent déjà les possibles de l’humanité que nous voulons être.

 

C’est à cette émergence là que répond fondamentalement la logique de guerre, celle de Bush, de Sharon comme de Ben Laden.

 

Ce basculement d’époque est aussi un basculement de génération. Même si cette question peut paraître marginale au regard des enjeux planétaires, il est pour des milliers d’entre nous, une épreuve subjective parfois difficile. Il est un âge où on commence à regarder derrière soi. Un demi siècle de bruit et de fureur et on se dit qu’on a peut-être traversé sans comprendre. On a pris sa part d’espoirs sans jamais imaginer, à chaque défaite, que la suivante serait pire. Trente-cinq années de vie militante, d’intellectualité militante pour en arriver au bord de l’Apocalypse ? Quand on a fait de sa vie une bataille, comment, dans les décombres, ne pas se demander la part que l’on doit revendiquer des cendres. Et quelle légitimité a-t-on à parler encore de l’avenir ? Comment supporter le regard de nos enfants ?

 

Une époque s’achève dont ma génération a été la chair et le rêve. Nous avons eu la chance de découvrir le monde du haut des barricades. Et notre vie n’a été que compromis avec une langue ancienne dont 1968 avait pourtant annoncé la mort. De Gènes à Barcelone, notre jeunesse vient nous tirer par la manche. Mais pouvons nous encore «réaliser les espérances du passé » ?

 

Il n’est pas possible d’annoncer l’avènement d’une centralité subjective dans le travail et la politique et d’éviter d’éclairer des recherches théoriques par de sincères interrogations biographiques. Surtout lorsqu’on a décidé que rien ne pourrait justifier le moindre abandon, aujourd’hui, des fameuses « espérances du passé ». Une telle ambition, simplement, suppose de l’humilité et la détermination de continuer voire de commencer à apprendre le présent de la bouche et des actes de ceux du présent, des générations pour lesquelles nos barricades ont été des mythes peut-être immérités mais qui affrontent aujourd’hui, en direct le monde que nous leur laissons.

 

Car à ne regarder que les futurs qui nous ont échappé, ne risque-t-on pas d’être aveugle à la richesse des futurs immédiats ? De ce monde qui se construit chaque jour dans la multiplicité des combats contre la loi mortifère de la marchandise.

 

Certes notre époque est bien celle dont nous parle Bernard Doray et où « les plus puissants choisissent la voie de développement qui sera la plus hors de portée des moins puissants ». Il ajoute que « par définition la guerre s’accorde avec cette logique de la domination sans partage. Et c’est ainsi qu’elle devient, au sens précis, une force majeure d’entretien d’un ordre économique. »[6]

 

Mais cette logique là, j’ai tenté aussi de le montrer, est une logique contrainte. Car, comme l’exprime fort bien Antonio Negri « ce que l’on appelait la plus-value dans l’économie moderne n’est plus seulement une extorsion de travail » mais « avant tout un blocage de la téléologie du commun » [7]. C’est à dire que l’exploitation est devenue « le blocage de la possibilité qu’a le pauvre d’aller au-delà de la limite de l’être à travers la démesure », « une déflation », « un blocage et une réduction à la mesure de la puissance biopolitique ouverte sur l’avenir ».

 

Autrement dit, si le Capital a bien fini par triompher des impasses étatiques de la libération humaine du XX° siècle, le voici, lui aussi, et finalement, confronté en direct à la force créatrice « sans mesure » de la vie.

 

Ce qu’il y a de plus difficile à comprendre aujourd’hui pour ma génération et celle qui l’a précédée, c’est qu’en pensant écraser le communisme, le capital l’a en fait libéré. Et devant l’insurrection multiple de la vie et le commun qu’elle construit aujourd’hui, il ne lui reste que l’argument de l’altérité et de la mort.

 

C’est la raison pour laquelle « je cours toujours ».

 

 

 

 


 

[1] Lettres contre la guerre, Liana Levi, 2002, page 23

 

[2] Alain Bertho, La crise de la politique. Du désarroi militant à la politique de la ville, l’Harmattan, 1996 ;

 

[3] notamment dans Banlieues, banlieues, banlieues (La Dispute, 1997)

 

[4] Daniel Lindenberg, Le rappel à l’ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires, Seuil, 2002

 

[5] Françoise Aubenas et Miguel Benassayag, Résister c’est créer, La Dispute, 2002

 

[6] Bernard Doray, L’inhumanitaire ou le cannibalisme guerrier à l’heure néo libérale, La dispute, 200, page 275

 

[7] Antonio Negri, Kairos…, op. cit., 2001, pages 160-1

~ par Alain Bertho sur 1 avril 2003.

 
%d blogueurs aiment cette page :