Affrontements en Guadeloupe février 2009

guadeloupe-carte

 

–>autres vidéos<–

guadeloupe-8



19 février 2009

guadeloupe-12

Pointe-à-Pitre : «la loi du plus fort»

19 février 2009

Selon Bak, militant «radicaliste», ce sont des jeunes qui ont abattu un syndicaliste, mardi soir.

GUADELOUPE, envoyé spécial ANTOINE GUIRAL

Les uns sont mobiles, organisés et obéissent à des mots d’ordre. Les autres sont masqués, livrés à eux-mêmes, enclavés dans leur quartier et agissent à l’instinct. Tous sont jeunes et ont en commun une même détermination. Il était un peu plus de minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, quand des coups de feu ont claqué, cité Henri-IV, dans le quartier Chanzy de Pointe-à-Pitre. Le syndicaliste de la CGTG Jacques Bino rentrait d’un meeting au palais de la Mutualité, QG du LKP, et tentait de franchir un barrage. Il est mort sur le coup. Les secours ont mis deux heures à pouvoir intervenir, alors que la police essuyait d’autres tirs. Selon le procureur, Jean-Michel Prêtre, c’est la troisième balle tirée sur le véhicule qui a été mortelle. Une version officielle mise en doute hier par Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGTG et membre du LKP.

L’émotion a submergé l’archipel et Elie Domota, chef de file du LKP, a lancé un appel au calme sans pour autant relâcher la mobilisation. Alors que les barrages et heurts violents se poursuivaient hier et qu’une nouvelle nuit chaude était attendue, le collectif à l’origine de la grève va pouvoir mesurer s’il est toujours écouté par une jeunesse hétéroclite. Il avait su la contenir jusqu’au début des affrontements, mais d’aucuns lui reprochent ici, comme à Paris, de l’instrumentaliser via ses cadres syndicaux rompus aux violents conflits sociaux.

«Dangereux».Lui s’appelle Bak. Enfin, c’est son surnom, sur les barrages comme dans la vie. Il a 29 ans, un métier de technicien en frigorisation et travaille avec un patron artisan, lui aussi en grève. Depuis le début du conflit, Bak appartient à l’un de ces «petits groupes» autobaptisés «radicalistes». Ils structurent en sous-main la mobilisation des jeunes, le type d’actions à mener et vont au contact des plus incontrôlables pour tenter de les canaliser. Toute la nuit de mardi à mercredi, Bak a tourné avec ses amis à vélo (le seul moyen de contourner les barrages) sur les points les plus chauds : le centre commercial de Destreland, où des gendarmes ont essuyé des tirs de chevrotine, à Jarry pour voir si la zone industrielle était pillée, dans les quartiers ultrasensibles de Chauvel et Carénage. «Dans ces coins, c’est très dangereux même pour nous, raconte-t-il. Personne ne peut contrôler ces jeunes, ni le LKP, ni les grands frères. Ici c’est la loi du plus fort. Ils aiment faire la guerre, veulent affronter du flic blanc et prennent de l’alcool et des drogues pour ne pas avoir peur.» Il est persuadé que c’est l’un d’eux qui a tiré sur le syndicaliste.

«Potence». Rencontré sous un abribus près du carrefour Montebello de Petit-Bourg, à une vingtaine de kilomètres de Pointe-à-Pitre, Bak était la veille au barrage de Gosier, là où les heurts avec les mobiles ont véritablement démarré lundi. Il se déplace en permanence et est venu «sur ordre» à Petit-Bourg, où une trentaine de gendarmes tiennent ce carrefour stratégique, lourdement armés face à une centaine de manifestants. «Tous les jours, on est prévenu par Internet ou SMS, mais sans se parler sur les portables, pour organiser les actions.»

Plusieurs autres jeunes sont arrivés comme lui, entassés dans un 4 x 4. L’un d’eux hache de la ganja avec de petits ciseaux. D’autres titubent presque. Pas Bak. Veste de survêtement ceintrée, petite boule dorée sur chaque oreille, il confie que ce n’est «pas grave de ne pas toucher [son] salaire». Il évoque «un esclavage mental, ici, avec d’autres chaînes : la consommation, la perte d’identité, la soumission aux règles des gros capitalistes». Fataliste, il dit : «On est comme envoyé à la potence dans ce conflit, mais le respect et l’honneur que les Guadeloupéens veulent retrouver justifient que l’on se sacrifie pour une cause qui est juste.»

Nouvelle nuit agitée

Reuters, 19/02/2009

POINTE-A-PITRE, Guadeloupe – Policiers, gendarmes et pompiers sont encore intervenus dans la nuit de mercredi à jeudi à Pointe-à-Pitre, à Baie-Mahault, mais surtout au Gosier, où les forces de l’ordre ont essuyé des tirs de fusil de chasse, apprend-on de source policière.

Les faits se sont déroulés dans le quartier populaire de Poucet, situé à l’entrée de la ville balnéaire. Aucun blessé n’était à déplorer.

Installé sur ce site, un barrage rend depuis trois jours le quartier touristique de la Pointe de la Verdure difficilement accessible.

Une trentaine de personnes ont été interpellées dans la nuit et cinq incendies ont été allumés en différents points de l’île, ont rapporté des sources policières et des témoins sur place.

La mairie de Sainte-Rose, dans le nord-ouest de l’île, a été envahie par des manifestants.

La nuit a toutefois été globalement bien moins agitée que les deux précédentes.

Les violences qui se sont développées en Guadeloupe en marge du conflit contre la vie chère qui paralyse l’île depuis un mois ont fait un mort.

Colette Borda, édité par Yves Clarisse

Nouvelle nuit de tensions

Europe1.fr

19/02/09

Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces de l’ordre ont essuyé des tirs de fusil de chasse au Gosier, une commune côtière à 5 km de Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe. La mairie de Sainte-Rose, sur la côte nord, a été mise à sac. Des magasins ont encore été incendiés et trente-neuf personnes ont été interpellées. François Fillon, lui, annonce une augmentation proche de 200 euros pour les bas salaires. Nicolas Sarkozy doit rencontrer ce jeudi une trentaine d’élus des départements d’Outre-mer, et annoncer des mesures sociales pour la Guadeloupe.

Si la nuit de mercredi à jeudi a été moins violente que la précédente qui avait fait un mort, la tension reste toutefois palpable en Guadeloupe. Près de 500 membres des forces de l’ordre, contre 350 la veille, avaient été déployées la nuit dans l’île, dont 5 escadrons de gendarmerie. Au Gosier, une commune côtière à 5 km de Pointe-à-Pitre, policiers et gendarmes ont essuyé cinq tirs de fusil de chasse. Aucun blessé n’est à déplorer. Sur la côte nord, Sainte-Rose a été le théâtre d’un incident grave : la mise à sac de la mairie.

Cinq établissements – deux magasins importants, deux restaurants et un concessionnaire automobile – ont été incendiés. Les pompiers sont intervenus à 28 reprises. Et trente-neuf interpellations ont été opérées dans l’île. Les arrestations ont eu lieu soit parce que ces personnes se trouvaient sur des barrages, en possession d’armes à feu ou parce qu’elles avaient agressé des forces de l’ordre", selon le directeur de cabinet du préfet.

Le "collectif contre l’exploitation" (LKP), à l’origine de la grève générale qui paralyse la Guadeloupe depuis un mois, a annoncé une manifestation pour jeudi.

La Guadeloupe est désormais suspendue au rendez-vous des élus d’Outre-mer avec Nicolas Sarkozy, qui doit annoncer des mesures sociales pour l’île. Le Premier ministre François Fillon a promis tôt jeudi matin que le gouvernement ferait des propositions s’approchant au plus près de la revendication salariale – 200 euros pour les bas salaires – du LKP.

Guadeloupe: 33 interpellations, 5 magasins incendiés

PARIS (AFP) — Trente-trois interpellations ont été opérées dans la nuit de mercredi à jeudi en Guadeloupe où cinq magasins ont été incendiés, des balles tirées sur les forces de l’ordre et la mairie de Sainte-Rose mise à sac, selon un premier bilan obtenu auprès de la préfecture.

La nuit était considérée comme moins violente que la précédente qui avait fait un mort, avec cependant toujours "une intensité forte", a indiqué à l’AFP le directeur de cabinet du préfet, à la cellule de crise installée à la préfecture de Basse-terre.

"Les forces de l’ordre ont essuyé des tirs à balles réelles", a-t-il souligné vers 04H00 locales (09H00 à Paris).

Il y a eu 28 interventions de pompiers. Deux magasins importants ont été incendiés, ainsi que deux restaurants et une concession automobile. Deux de ces incendies se sont produits à Pointe-à-Pitre, un à Sainte-Anne, un à Saint-Claude et un à Baie-Mahault.

21 des 33 personnes interpellées l’ont été à Pointe-à-Pitre, selon la même source. Les arrestations ont eu lieu "parce que ces personnes se trouvaient sur des barrages, en possession d’armes à feu ou parce qu’elles avaient agressé des forces de l’ordre", selon le directeur de cabinet du préfet.

Sainte-Rose, sur la côte nord, était le théâtre d’un incident grave: la mise à sac de la mairie. L’intervention des forces de l’ordre, commencée vers 02H30 locales (07H30 à Paris) après des rotations d’hélicoptères pour acheminer les gendarmes, n’était pas achevée une heure et demie plus tard.

Par ailleurs, lle Premier ministre François Fillon a déclaré jeudi sur RTL, au lendemain de la mort d’un syndicaliste tué par balle en Guadeloupe, qu’il s’agissait d’un "crime commis par des délinquants" et a accusé certains d’attiser la violence dans l’île. "Les forces de l’ordre ne sont pas du tout impliquées", a assuré le chef du gouvernement.

"La balle retrouvée est une balle qui sert à chasser les sangliers. C’était un lieu où il n’y avait pas de forces de l’ordre. L’enquête dira les choses, mais les forces de l’ordre ne sont pas du tout impliquées dans cette opération", a poursuivi M. Fillon. Membre du "collectif contre l’exploitation" (LKP), Jacques Bino a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi en Guadeloupe, alors qu’il revenait en voiture d’un piquet de grève.

La situation reste tendue

Reuters,  19/02/2009

POINTE-A-PITRE, Guadeloupe – Policiers, gendarmes et pompiers étaient à pied d’oeuvre cette nuit encore à Pointe-à-Pitre, à Baie-Mahault, mais surtout au Gosier, où les forces de l’ordre ont essuyé plusieurs tirs de fusil de chasse.

Les faits se sont déroulés dans le quartier populaire de Poucet, situé à l’entrée de la ville balnéaire. Aucun blessé n’est à déplorer.

Installé sur ce site, un barrage rend depuis trois jours le quartier touristique de la Pointe de la Verdure difficilement accessible.

A Pointe-à-Pitre, un commerce a été incendié et quatre personnes interpellées. La nuit a toutefois été globalement bien moins agitée que les deux précédentes.

Colette Borda, édité par Gregory Schwartz

Nuit de mercredi plus calme mais tirs à balles réelles contre les forces de l’ordre

AP | 19.02.2009

La première partie de la nuit de mercredi à jeudi a été plus calme que la nuit précédente, même si des tirs à balles réelles ont visé des forces de l’ordre et des pompiers, a expliqué la préfecture de Guadeloupe, peu après 0h00 locales jeudi matin.

"Certains secteurs se sont révélés difficiles", soulignait-on de même source. A Gosier, la ville la plus touristique de l’île, située à 5km au sud de Pointe-à-Pitre, les forces de l’ordre ont essuyé des tirs d’armes de chasse mercredi soir, alors qu’elles s’employaient à dégager les barrages en place. La situation est revenue à la normale et le secteur est de nouveau sécurisé tôt jeudi matin.

A Sainte-Rose, les pompiers, venus pour une classique intervention de secours à personne, ont été contraints de faire demi-tour, après avoir reçu des menaces et des coups de fusil de chasse tirés en l’air.

A Pointe-à-Pitre, deux établissements ont été incendiés et 22 personnes interpellées à proximité.

La préfecture parle "d’éléments marquants mais en recul par rapport à la nuit dernière". Il s’agit de privilégier la "prévention", avec quadrillage du terrain et contrôles d’identité des conducteurs de véhicules, à la demande du Parquet, par rapport à "un dispositif de réaction". L’objectif est d’éviter les agressions.

Les 300 hommes supplémentaires, qui doivent arriver en Guadeloupe et qui ont été annoncés par la ministre de l’Intérieur mercredi, doivent arriver en deux temps, les premiers seront opérationnels jeudi soir, les suivants vendredi soir. AP

guadeloupe-13

Syndicaliste tué en Guadeloupe: un "rime commis par des délinquants", déclare Fillon

POINTE-A-PITRE (AFP) — Le Premier ministre François Fillon a déclaré jeudi sur RTL, au lendemain de la mort d’un syndicaliste tué par balle en Guadeloupe, qu’il s’agissait d’un "crime commis par des délinquants".

"Les forces de l’ordre ne sont pas du tout impliquées", a assuré le chef du gouvernement.

"La balle retrouvée est une balle qui sert à chasser les sangliers. C’était un lieu où il n’y avait pas de forces de l’ordre. L’enquête dira les choses, mais les forces de l’ordre ne sont pas du tout impliquées dans cette opération", a poursuivi M. Fillon.

Membre du "collectif contre l’exploitation" (LKP), Jacques Bino a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi en Guadeloupe, alors qu’il revenait en voiture d’un piquet de grève.

Par ailleurs, les forces de l’ordre ont essuyé cinq tirs de fusil de chasse au Gosier, une commune côtière à 5 km de Pointe-à-Pitre, dans la nuit de mercredi à jeudi, sans faire de blessés, a indiqué à l’AFP la cellule de crise de la préfecture.

Les forces de l’ordre ont dû se replier sur Dampierre, à quelques kilomètres de là, a précisé la préfecture.Toujours dans le secteur du Gosier, les forces de l’ordre ont dû faire face à des tirs d’armes plus légères provenant de barrages, mais sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer.

A Pointe-à-Pitre, un magasin a été incendié et dix personnes interpellées à proximité, toujours selon la même source, qui fait également état d’un véhicule incendié. Dans une autre commune, Petit-Bourg (Basse-Terre), un automobiliste a été braqué. Enfin, à Sainte-Rose (Basse-Terre), un commerce a été pillé.

Les deux nuits précédentes avaient déjà été marquées par des violences et la mort d’un syndicaliste par balle.

18 février 2009

Les tueurs visaient la voiture du syndicaliste

Le Parisien.fr

18.02.2009,

Un homme a été tué par balle à proximité d’un barrage à Pointe-à-Pitre, dans la nuit de mardi à mercredi. La victime âgée d’une cinquantaine d’années est un syndicaliste CGTG, une branche de la CGT, et revenait d’un meeting du LKP,  le «collectif contre l’exploitation» (LKP), quand son véhicule a essuyé des tirs.

Ce militant circulait avec un ami dans la cité Henri IV, une zone sensible du quartier Chanzy à Pointe-à-Pitre. Il ne s’agit pas d’une balle perdue, a affirmé le procureur de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Prêtre. Le véhicule a été visé par trois tirs.

Les coups de feu ont été tirés, selon le magistrat, avec «une arme de chasse ou un fusil à pompe de calibre 12 faisant usage de balles à ailettes de type Brenneke» employées dans la chasse au sanglier. L’une des balles a grièvement touché le syndicaliste, Jacques Bino. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

Les pompiers, immédiatement prévenus par la personne qui accompagnait cet homme, ont mis près de trois heures pour rejoindre le lieu du drame, pris pour cible par les jeunes qui se trouvaient sur le barrage. La centaine de policiers arrivée en renfort a, elle, essuyé des jets de pierres et des tirs de plombs, explique Nathalie Segaunes. Trois policiers et trois gendarmes ont été légèrement blessés. Secours et forces de l’ordre n’ont pu que constater le décès de la victime. Plusieurs arrestations ont eu lieu dans la foulée.

François Fillon hausse le ton

Dans un communiqué, François Fillon a   « condamné fermement ces actes et appelle à la responsabilité de tous les acteurs pour que cesse cette violence. » Pour le Premier ministre, les solutions doivent désormais être rapides. «La médiation se poursuit pour que les partenaires sociaux parviennent à renouer la négociation sans laquelle aucune solution acceptable pour tous ne sera trouvée. Les médiateurs devraient formuler des propositions rapidement. Les acteurs qui ne saisiront pas l’opportunité de cette médiation prendraient une lourde responsabilité».

Pillages et violents affrontements

Sur l"île, les violences se sont poursuivies tout au long de la nuit. A 2h30 (7h30 heure de Paris), la poussée de fièvre se traduisait par des actes de vandalisme, des incendies de commerces et de véhicules. Selon la cellule de crise de la préfecture, les violences qui touchent Pointe-à-Pître se propagent à d’autres communes telles que Capesterre-Belle-Eau et Saint-François. A Pointe-à-Pître, plusieurs magasins ont été pillés au cours de la nuit. Des barrages ont été installés dans plusieurs rues de la ville désertées par les habitants. Ce matin, au micro d’Europe 1, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, a lancé un appel au calme.

Armés de fusils à pompe

A Baie-Mahault, à 10 km de Pointe-à-Pitre, de violentes échauffourées ont opposé dès la tombée de la nuit une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles. Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault, qui avait brièvement rouvert le week-end sous haute surveillance policière. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction de la police, a-t-il également indiqué.

Gosier coupé du monde, les touristes enfermés dans les hôtels

La ville côtière de Gosier, l’une des plus touristiques de Guadeloupe, est quasiment coupée du monde par les émeutes depuis lundi. Les vacanciers coincés sur place sont invités à ne pas sortir par crainte pour leur sécurité. La commune est prise en étau entre deux barrages où des échauffourées se sont produites entre les forces de l’ordre et des groupes de jeunes. Des violences contre des touristes et des journalistes ont été constatées.

L’eau est coupée depuis mardi à la mi-journée. Une source à la préfecture estimait que des grévistes avaient «certainement fermé» des vannes, indiquant que les villes de Saint-Anne, Saint-François, Le Moule ou La Désirade avaient subi le même sort.

L’appel au calme du leader du LKP

Face à ce regain de violences, Elie Domota, le leader du «collectif contre l’exploitation» (LKP), qui mène la grève générale qui paralyse l’île et son activité économique depuis le 20 janvier, a lancé «un appel au calme» en milieu de soirée. «Ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger», a-t-il expliqué. «Ne répondez pas à la provocation», a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de «retirer ses gendarmes». Dans la matinée, sur RTL, Domota a accusé les gendarmes d’avoir tenu des "propos racistes" face aux manifestants. Selon lui, la Guadeloupe est traitée avec "mépris".

Des élus de Guadeloupe reçus jeudi à l’Elysée

La situation avait dégénéré dès la nuit précédente. Lundi matin, les militants du LKP avaient dressé de nombreux barrages et les forces de l’ordre étaient intervenues, puis dans la soirée et la nuit des bandes de jeunes s’étaient opposées aux forces de l’ordre. Des magasins et entreprises appartenant au groupe béké -les descendants de colons blancs- martiniquais Bernard Hayot (GBH), notamment une concession Renault, un atelier de réparations auto rapides, un magasin de pneus et un hypermarché Carrefour, ont été pillés.
Les revendications du LKP portent notamment sur le coût de la vie, dans des Antilles françaises où quasiment tout est importé, alors que le taux de chômage est le plus élevé de l’Union européenne et le PIB par tête deux fois inférieur à la métropole. Ce regain de violences survient alors que le président de la République doit recevoir jeudi à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique.

article_guadeloupe11

Guadeloupe: Le syndicaliste «n’a pas été atteint par une balle perdue»

18.02.09

C’est la première victime du conflit en Guadeloupe. Un homme a été tué par une balle tirée «depuis un barrage tenu par des jeunes» vers 0h30, dans la nuit de mardi à mercredi à Pointe-à-Pitre. Selon les informations de 20minutes.fr, il s’agit d’un militant de la CGTG, la Confédération Générale du Travail de la Guadeloupe, la deuxième organisation syndicale sur l’île. Il s’agit de Jacques Bino, un agent des impôts. C’est un père de famille de 47 ans.

«Il venait de participer à un meeting à la Mutualité. On venait justement de décider de maintenir les barrages, mais de calmer les jeunes, nous explique Max Céleste, membre de la direction de Combat Ouvrier. Il y a des pillards, des jeunes incontrôlables. On voulait leur dire d’arrêter de faire n’importe quoi. Avec son frère, Jacques Bino est rentré chez lui en voiture, dans la cité Henri IV. Il approchait d’une barricade où des jeunes tiraient sur des policiers, quand, brusquement, il s’est effondré au volant après avoir été touché par une balle au thorax. C’était une balle perdue. Vus les premiers élements qu’on a, on ne peut incriminer la police. Son frère est choqué, mais il n’a rien.»Des policiers de la Bac intervenus sur place ont effectivement été visés et trois policiers ont été légèrement bléssés.

Pourtant selon les premiers éléments de l’enquête Jacques Bino n’a pas été atteint par une balle perdue, a affirmé mercredi le procureur de Pointe-à-Pitre, Jean-Michel Prêtre. Au terme des premières constatations, sa voiture a subi trois tirs dont les deux premiers ont visé le côté arrière-droit du coffre de la voiture et le troisième, mortel, a été «tiré par la fenêtre ouverte du passager assis à l’avant droit», a précisé le procureur lors d’une conférence de presse.

Le coup de gueule d’un camarade du syndicaliste tué

Pour Max Céleste, membre de la direction de Combat Ouvrier et qui côtoyait le militant CGTG décédé au sein du collectif LKP, «l’Etat français a créé une situation chaotique. Les jeunes deviennent incontrôlables, si le LKP n’avait pas fait preuve de sang froid et eu un service d’ordre efficace, il y aurait eu de nombreux dérapages bien plus tôt dans le conflit.» Selon Céleste, «la dégradation actuelle est terrible quand on voit que Jégo avait validé le dimanche 8 février un pré-accord entre patronat et syndicats. Mais ses aller-retours en métropole et le volte-face du gouvernement ont mené indirectement à ce drame. Tout comme des insultes racistes de certaines forces de l’ordre.»

Réunion d’urgence cet après-midi

Michèle Alliot-Marie a annoncé l’envoi sur place de quatre escadrons de la gendarmerie dès mercredi soir, en renfort .

Le début de la nuit avait déjà été le théâtre d’affrontements violents. Outre les trois policiers à Henri IV, trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs d’armes à feu alors que les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre se multipliaient. Plusieurs magasins ont été pillés à Pointe-à-Pitre et des barrages, dont certains enflammés, dressés sur plusieurs rues de la ville désertées par les habitants. Selon la préfecture, «des incendies se déclarent dans des commerces, essentiellement dans l’agglomération de Pointe-à-Pitre».

Ont notamment été pillés des magasins et entreprises appartenant au groupe béké martiniquais Bernard Hayot (GBH), notamment une concession Renault, un atelier de réparations auto rapides, un magasin de pneus et un hypermarché Carrefour.

Fusils à pompe

A Baie-Mahault, à dix kilomètres de Pointe-à-Pitre, de violentes échauffourées ont opposé dès 19 heures mardi (minuit en métropole) une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles.

Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault, qui avait brièvement rouvert le week-end sous haute surveillance policière. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction des forces de l’ordre. «Les jeunes ont même tiré sur l’hélicoptère qui amenait sur place le colonel de gendarmerie», a affirmé Chalus, qui parle de scènes de «chaos». «On risque d’avoir des familles endeuillées, il y a des enfants de 15 ans qui sont en train d’affronter les gendarmes».

Trois gendarmes ont été légèrement blessés, tandis que trois jeunes ont également été interpellés.

«Ne répondez pas à la provocation»

Face à ce regain de violences, le LKP, qui mène la grève générale paralysant l’île depuis le 20 janvier, a tenu à apaiser les esprits sur la radio RCI en milieu de soirée. Son leader, Elie Domota, a demandé en créole aux émeutiers: «Ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger». «Ne répondez pas à la provocation», a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de «retirer ses gendarmes».

Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a lui aussi lancé, sur Europe 1, un «appel au calme», estimant que «la place des uns et des autres, est davantage autour de la table que sur les barricades».

Le début de semaine est extrêmement agité. Lundi matin, les militants du LKP avaient dressé de nombreux barrages et les forces de l’ordre étaient intervenues, puis dans la soirée et la nuit des bandes de jeunes s’étaient opposées aux forces de l’ordre.

Rappelons que le président de la République doit recevoir jeudi à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique.

p933674d830380g_apx_470__w_ouestfrance_

Un homme tué par balle, plusieurs blessés par armes à feu

POINTE-A-PITRE (AFP) — La nouvelle flambée de violence qui a touché la Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi a fait un mort, le premier en plus de quatre semaines de conflit, tandis que les affrontements de rue ont fait plusieurs blessés par armes à feu parmi les forces de l’ordre.

Jacques Pino, un syndicaliste qui revenait en voiture d’un meeting, a été atteint par une balle tirée "depuis un barrage tenu par des jeunes" dans la cité Henri IV, une zone sensible de Pointe-à-Pitre, selon la cellule de crise de la préfecture. Un témoin qui accompagnait la victime est actuellement auditionné par la police judiciaire.

C’est en accompagnant des pompiers venus porter secours à la victime que trois policiers ont été légèrement blessés dans la soirée, par des tirs provenant "vraisemblablement d’une arme de chasse", a encore indiqué la cellule de crise.

L’homme décédé était membre du "collectif contre l’exploitation" (LKP), qui mène la grève générale paralysant l’île depuis le 20 janvier.

Le leader du LKP, Elie Domota, a affirmé à l’AFP n’avoir pas encore connaissance des circonstances exactes de la mort de la victime.

Le conflit, mené au nom de la vie chère, cristallise un profond malaise économique et social, sur un fond historique marqué par l’esclavage. Jusqu’à 03H00 (08H00 à Paris) mercredi, Pointe-à-Pitre, la principale agglomération de Guadeloupe, et d’autres localités ont connu de nombreux pillages, tandis que des barrages, parfois enflammés, étaient érigés dans les rues désertées par les habitants.

Le bilan de la préfecture fait état de 15 commerces pillés, 7 établissements incendiés, 21 véhicules brûlés, 13 interpellations et une soixantaine d’interventions de pompiers.

Côté forces de l’ordre, la préfecture a établi un total de trois policiers blessés. Mais le maire de Baie-Mahault (10 km de Pointe-à-Pitre), Ary Chalus, a pour sa part affirmé que trois gendarmes avaient été légèrement blessés dans sa ville par des jeunes armés de fusils à pompe, qui avaient tiré à balles réelles en direction des forces de l’ordre au cours de violentes échauffourées.

"On risque d’avoir des familles endeuillées, il y a des enfants de 15 ans qui sont en train d’affronter les gendarmes", a poursuivi le maire, parlant de scènes de "chaos" dans sa ville.

La ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie doit tenir mercredi à 16H00 une réunion "consacrée à la sécurité publique aux Antilles". Ce rendez-vous sera désormais quotidien, a précisé le ministère dans un communiqué.

Elie Domota et le gouvernement ont par ailleurs lancé des appels au calme. "Ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger", a demandé en créole le leader du LKP, sur la radio RCI. Mais il a qualifié de "provocation" les actions des forces de l’ordre, demandant au préfet de "retirer ses gendarmes" et accusant ceux-ci de racisme. Cité par Libération, il accusait même les autorités de vouloir "casser du nègre".

Et sur RTL, il a accusé le gouvernement de s’être mis aux abonnés absents et de considérer la Guadeloupe comme une "colonie" traitée avec "mépris".

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a lui aussi lancé un "appel au calme" sur Europe 1, estimant que "la place des uns et des autres, est davantage autour de la table que sur les barricades".

Les négociations sont pourtant au point mort, le LKP accusant le gouvernement d’être revenu sur un engagement du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo de compenser une hausse des bas salaires par des baisses de charges.

La Guadeloupe est restée mobilisée mardi, avec des barrages improvisés et une fermeture temporaire de l’aéroport, perturbant la vie quotidienne des habitants de l’île et des touristes.

Un syndicaliste tué, trois policiers blessés

AP | 18.02.2009

La deuxième nuit de violences en Guadeloupe s’est soldée par la mort d’un syndicaliste d’une cinquantaine d’années, tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi en Guadeloupe, a-t-on appris auprès du préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges, qui a précisé que trois policiers ont également été blessés. Face à une situation de plus en plus tendue, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé qu’elle organiserait désormais quotidiennement une réunion sur la sécurité en Guadeloupe.

Jacques Bino, agent des impôts et syndicaliste de la CGTG, a été touché au thorax par un tir mortel en provenance d’un barrage tenu par des jeunes, ou provenant des immeubles de la cité Henri-IV à Pointe-à-Pitre, a précisé M. Desforges à l’Associated Press. M. Bino rentrait en voiture d’un meeting, selon les déclarations de son passager, qui a lui aussi été blessé. Il a expliqué qu’ils avaient été victimes de plusieurs tirs en provenance du barrage de jeunes ou de la cité voisine.

Les secours ont été appelés vers minuit pour un "homme blessé", mais pompiers et policiers n’ont pas pu se rendre sur les lieux, car ils ont essuyé des tirs de fusil de chasse, a expliqué le préfet. L’un des policiers a été blessé à l’oeil à cette occasion.

Vers 2h50, lorsque les secours ont pu enfin atteindre la victime, celle-ci était morte.

"Cet homme n’a pas été tué lors d’un affrontement avec les forces de l’ordre", a souligné le préfet, qui a dénoncé des "violences urbaines graves". "Des auditions sont en cours actuellement" pour élucider les conditions précises de la mort de Jacques Bino, a-t-il ajouté.

Selon M. Desforges, le collectif LKP (Liyannaj kont pwofitasyon, Ensemble contre la surexploitation) procède aussi à des barrages routiers, mais "la nuit, on a affaire à un public un peu différent", de jeunes distincts du LKP. "Nous faisons face à deux publics différents", a répété le préfet, qui indiqué qu’en fin de nuit (fin de matinée en métropole), "les choses reviennent progressivement au calme". "Mais à l’évidence des barrages seront réorganisés aujourd’hui", a-t-il prédit.

Le bilan fait également état de trois policiers blessés, puisqu’outre le policier touché lors de l’intervention dans la cité Henri-IV, deux autres policiers ont été touchés au cours de la nuit par des cartouches de fusils de chasse à Pointe-à-Pitre.

Le leader du LKP Elie Domota a estimé mercredi que le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo et le préfet de région portaient "l’entière responsabilité" des violences de la nuit. "Je crois que tout a démarré (mardi) lorsque les gendarmes sont venus tabasser les manifestants en les insultant avec des propos racistes. Donc je crois que le préfet de région et puis M. Jégo portent l’entière responsabilité de ce qui se passe aujourd’hui", a-t-il déclaré sur RTL.

Réclamant "une trêve dans ces violences", M. Jégo a demandé à la sortie du conseil des ministres "que le dialogue reprenne" rapidement sur l’île, que "toutes les autorités politiques, mais aussi du collectif appellent à ce qu’il y ait cette trêve, appellent à ce que les gens se mettent autour d’une table dans les délais les plus brefs".

Un appel au calme également lancé par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel et M. Domota. "Nous avons toujours dit, singulièrement aux jeunes, de ne ni mettre leur vie en danger, ni celle de quiconque, et de rentrer chez eux, et de toujours continuer à manifester dans le calme tel que nous le faisons depuis maintenant un mois", a dit ce dernier.

Devant la recrudescence des violences, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie a annoncé mercredi qu’elle tiendrait à 16h une réunion consacrée à "la sécurité publique aux Antilles". Cette réunion, qui sera désormais quotidienne, se déroulera ce mercredi en présence d’Yves Jégo, du directeur général de la police nationale Frédéric Péchenard, du directeur général de la gendarmerie nationale, le général Roland Gilles, et du directeur central de la Sécurité publique Eric Le Douaron, précise Beauvau. AP

Guadeloupe: les affrontements se multiplient, appel au calme du gouvernement

POINTE-A-PITRE (AFP) — La Guadeloupe a connu une flambée de violence dans la nuit de mardi à mercredi, et au moins trois policiers et trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs d’armes à feu lors alors que les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre se multipliaient.

Le gouvernement "lance un appel au calme" en Guadeloupe, après les violences et pillages de la nuit, a déclaré mercredi sur Europe 1 son porte-parole, Luc Chatel.

Plusieurs magasins ont été pillés à Pointe-à-Pitre, selon la préfecture, et des barrages, dont certains enflammés, dressés sur plusieurs rues de la ville désertées par les habitants, selon un photographe de l’AFP. Trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs d’armes à feu dans une cité de la ville, où ils avaient été appelés pour une intervention.

A Baie-Mahault (10 km de Pointe-à-Pitre) de violentes échauffourées ont opposé dès 19H00 mardi (00H00 mercredi en métropole) une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles. Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault, qui avait brièvement rouvert le week-end sous haute surveillance policière. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction de la police, a-t-il également indiqué.

guadeloupe-10

Trois gendarmes ont été légèrement blessés, a ajouté M. Chalus, tandis que trois jeunes ont également été interpellés.

Face à ce regain de violences, le "collectif contre l’exploitation" (LKP), qui mène la grève générale qui paralyse l’île et son activité économique depuis le 20 janvier, a lancé "un appel au calme" sur la radio RCI en milieu de soirée.

Des incidents avaient déjà eu lieu dans la nuit précédente. Lundi matin, les militants du LKP avaient dressé de nombreux barrages et les forces de l’ordre étaient intervenues, puis dans la soirée et la nuit des bandes de jeunes s’étaient opposées aux forces de l’ordre.

Selon la préfecture, "des incendies se déclarent dans des commerces, essentiellement dans l’agglomération de Pointe-à-Pitre". Ont notamment été pillés des magasins et entreprises appartenant au groupe béké -les descendants de colons blancs- martiniquais Bernard Hayot (GBH), notamment une concession Renault, un atelier de réparations auto rapides, un magasin de pneus et un hypermarché Carrefour.

Les revendications du LKP portent notamment sur la cherté de la vie, dans des Antilles françaises où quasiment tout est importé, alors que le taux de chômage est le plus élevé de l’Union européenne et le PIB par tête deux fois inférieur à la métropole. Le conflit social a cristallisé un profond malaise autour des problèmes économiques et sociaux, sur un fond historique marqué par l’esclavage

Le leader charismatique du LKP, Elie Domota, a lancé sur la radio RCI un appel au calme, en créole: "ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger". "Ne répondez pas à la provocation", a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes". Vers 20H00 locales, sur RFO Télé-Guadeloupe, M. Domota avait appelé les manifestants à "laisser les gendarmes +débarrer+ et à reconstituer les barrages après leur départ".

Appelant à "renforcer la mobilisation", M. Domota avait aussi affirmé que "plus il y a de Guadeloupéens sur les routes, plus Sarkozy, Fillon et consorts comprendront qu’il faut satisfaire nos revendications".

Ce regain de violences survient alors que le président de la République doit recevoir jeudi à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique.guadeloupe-9

Trois policiers et trois gendarmes blessés dans des affrontements

18 février 2009

A Pointe-à-Pitre, plusieurs magasins ont été pillés, et des barrages, dont certains enflammés, dressés sur plusieurs rues de la ville désertées par les habitants.

Le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a lancé un "appel au calme", insistant sur le fait que "l’on ne peut pas sortir (de la crise actuelle) par la violence".

La Guadeloupe a connu une flambée de violence dans la nuit du mardi au mercredi 18 février, et au moins trois policiers et trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs d’armes à feu lors alors que les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre se multipliaient.
Plusieurs magasins ont été pillés à Pointe-à-Pitre, selon la préfecture, et des barrages, dont certains enflammés, dressés sur plusieurs rues de la ville désertées par les habitants.
Trois policiers ont été légèrement blessés par des tirs d’armes à feu dans une cité de la ville, où ils avaient été appelés pour une intervention.
A Baie-Mahault, commune située à10 km de Pointe-à-Pitre, de violentes échauffourées ont opposé dès 19h00 mardi (00h00 mercredi en métropole) une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles.

Trois gendarmes légèrement blessés

Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault, qui avait brièvement rouvert le week-end sous haute surveillance policière. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction de la police, a-t-il également indiqué.
Trois gendarmes ont été légèrement blessés, a ajouté Ary Chalus, tandis que trois jeunes ont également été interpellés.
Face à ce regain de violences, le "collectif contre l’exploitation" (LKP), qui mène la grève générale qui paralyse l’île et son activité économique depuis le 20 janvier, a lancé "un appel au calme" sur la radio RCI en milieu de soirée.
Des incidents avaient déjà eu lieu dans la nuit précédente. Lundi matin, les militants du LKP avaient dressé de nombreux barrages et les forces de l’ordre étaient intervenues, puis dans la soirée et la nuit des bandes de jeunes s’étaient opposées aux forces de l’ordre.
Selon la préfecture, "des incendies se déclarent dans des commerces, essentiellement dans l’agglomération de Pointe-à-Pitre".

Pillages de magasin "békés"

Ont notamment été pillés des magasins et entreprises appartenant au groupe béké -les descendants de colons blancs- martiniquais Bernard Hayot (GBH), notamment une concession Renault, un atelier de réparations auto rapides, un magasin de pneus et un hypermarché Carrefour.
Les revendications du LKP portent notamment sur la cherté de la vie, dans des Antilles françaises où quasiment tout est importé, alors que le taux de chômage est le plus élevé de l’Union européenne et le PIB par tête deux fois inférieur à la métropole.
Le conflit social a cristallisé un profond malaise autour des problèmes économiques et sociaux, sur un fond historique marqué par l’esclavage.

Appel au calme d’Elie Domota…

Le leader charismatique du LKP, Elie Domota, a lancé sur la radio RCI un appel au calme, en créole: "ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger".
"Ne répondez pas à la provocation", a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes".
Vers 20h00 locales, sur RFO Télé-Guadeloupe, Elie Domota avait appelé les manifestants à "laisser les gendarmes ‘débarrer’ et à reconstituer les barrages après leur départ".
Appelant à "renforcer la mobilisation", Elie Domota avait aussi affirmé que "plus il y a de Guadeloupéens sur les routes, plus Sarkozy, Fillon et consorts comprendront qu’il faut satisfaire nos revendications".
Ce regain de violences survient alors que le président de la République doit recevoir jeudi à Paris les parlementaires et présidents des collectivités territoriales de Guadeloupe et Martinique.

…et du gouvernement

"Le message du gouvernement, c’est d’abord de lancer un appel au calme, c’est le plus important", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
"La place des uns et des autres, elle est davantage autour de la table que sur les barricades", a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que "l’on ne peut pas en sortir par la violence".
"Nous sommes autour de la table, puisqu’il y a une médiation qui est en cours", a poursuivi le porte-parole, récusant tout désengagement gouvernemental.
Luc Chatel s’est refusé à donner des engagements, alors que le collectif qui mène la grève générale en Guadeloupe et les élus locaux insistent sur le fait qu’un pré-accord conclu avec le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo prévoyait une garantie de l’Etat à compenser, par des baisses de charges, une hausse des bas salaires.
"La volonté du gouvernement, c’est de faire aboutir la médiation qui a lieu en ce moment entre les partenaires sociaux", a-t-il dit, répétant la position de l’exécutif, qui dément tout engagement.
Luc Chatel a rappelé que "le président de la République recevra demain (jeudi) les élus des Antilles pour échanger, dialoguer avec eux sur ce sujet".

guadeloupe-11

Nuit de violence

Challenges.fr

18 février 2009
Les échauffourées se sont multipliées en Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi 18 février. Plusieurs magasins ont été pillés à Pointe-à-Pitre; des barrages, parfois enflammés ont été dressés sur les routes autour de la capitale et les affrontements entre des jeunes et la police se sont accrus. Trois gendarmes ont été légèrement blessés.
A Baie-Mahault, à 10 km de Pointe-à-Pitre, de violentes altercations ont opposé dès 19h une centaine de jeunes à des gendarmes mobiles.
Selon le maire de la ville, Ary Chalus, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland à Baie-Mahault.
De son côté, en début de soirée, le leader du LKP, Elie Domota a lancé sur la radio RCI un appel au calme en créole: "ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger".
"Ne répondez pas à la provocation", a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes".

Premier accord en Martinique

A Fort-de-France, en revanche, le "collectif du 5 février contre la vie chère et pour l’emploi" et les représentants de la grande distribution de la Martinique sont parvenus, mardi soir, 17 février, à un accord sur la notion de produit de première nécessité, relate l’AFP.
Ils ont signé "un avenant au protocole d’accord du 10 février sur la baisse de 20% du prix de 100 produits de première nécessité" qui constitue le premier point de la plateforme revendicative des grévistes. Aux termes de cet avenant, le terme de "produits" renvoie à une "famille de produits".
La signature de cet accord a été obtenue grâce à la médiation des parlementaires et des représentants des collectivités locales, lors d’une réunion avec la grande distribution mardi matin en préfecture.
"Cet accord est un engagement fort de nous tous pour reprendre les négociations et faire baisser les prix", a déclaré Robert Parfait, l’un des représentants de la grande distribution lors d’un point de presse.
De son côté, Michel Monrose, le porte-parole du collectif a regretté qu’il ait "fallu une semaine pour obtenir la signature de cet avenant". "Aujourd’hui, c’est chose faite mais il n’est pas question pour nous de baisser les bras car ce n’était que le premier point de revendications", a-t-il ajouté mardi soir lors d’un point de presse à la maison des syndicats à Fort-de-France.
Les négociations doivent reprendre mercredi à 10h locales (15h à Paris) en préfecture sur le second point de la plateforme revendicative. Il porte sur la baisse des prix des services (eau, gaz, loyer, téléphone, internet, pièces détachées véhicules etc…).
Mardi soir, environ deux à trois mille personnes ont assisté à un meeting organisé par le "collectif" à la maison des syndicats en présence de trois membres du LKP venus de Guadeloupe.

g-uadel18-fevuestfrance_

Situation de plus en plus tendue en Guadeloupe


18/02/2009

Au lendemain d’une nuit de violences, la situation reste tendue, marquée par l’irruption des jeunes issus de quartiers sensibles.

L’ile vient soudain de basculer dans une atmosphère irréelle. Il est 20 heures, ce lundi soir, et d’épaisses colonnes de fumée s’élèvent vers le ciel depuis les faubourgs de Pointe-à-Pitre. Au pied d’une barre d’immeubles située dans le quartier sensible de Chauvel, aux Abymes, un mur de flammes haut d’environ deux mètres barre la rue sur toute sa largeur. Soudain, une voiture blanche s’avance, ralentit un instant puis accélère franchement pour traverser le barrage enflammé sous les applaudissements des badauds. «Les jeunes des quartiers, qui se tenaient à carreau depuis le début du mouvement, sont passés à l’action», commente sobrement Brother Jimmy, un réalisateur habitué à sillonner les banlieues chaudes de l’île caméra à l’épaule.

De l’avis général, la Guade­loupe est désormais entrée dans une nouvelle phase du conflit social, marquée par la multiplication des violences urbaines, imputables notamment aux jeunes issus de quartiers sensibles. Casquette vissée sur le crâne, Back, 29 ans, explique : «On va combattre pour le respect et l’honneur des Guadeloupéens. Les responsables du mouvement radicaliste nous ont donné aujourd’hui l’instruction de passer à l’assaut. On communique par Internet et on s’entasse dans des 4 × 4 pour monter sur les barrages plus vite que la police.»

Lundi soir, les pillages et les affrontements entre bloqueurs et forces de l’ordre se sont ainsi multipliés au Gosier et à Sainte-Anne, ainsi que dans le centre de Pointe-à-Pitre et à Sainte-Rose. Au Gosier, trois gendarmes mobiles ont été blessés par des tirs de fusil de chasse tandis qu’un entrepôt a été incendié à Pointe-à-Pitre.

Plongé dans la nuit, l’axe routier qui relie les communes touristiques de la Grande-Terre, a pris les allures d’un champ de bataille, jonché de débris et noyé par l’odeur âcre des gaz lacrymogènes. Au niveau de Grand-Camp, des jeunes survoltés, encagoulés ou masqués, se sont vantés d’avoir fait fuir la police. Manifestement choqué, le commissaire Régis Dufaut, directeur départemental adjoint de la sécurité publique, raconte : «Nous avons été pris dans un véritable guet-apens par plusieurs groupes d’assaillants qui nous ont caillassés et visés avec des fusées de feu d’artifice pendant plus de trois heures avant que nous parvenions à nous dégager. C’est un véritable miracle que nous n’ayons pas eu de blessés.»

Spectaculaire, cet embrasement semble avoir pris de court les forces de l’ordre qui, mardi, ne pouvaient que constater la paralysie totale de l’île. Pour autant, selon plusieurs observateurs, l’irruption des quartiers sensibles au cœur de la crise sociale n’est ni totalement spontanée ni incontrôlée. «À partir du moment où les négociations avec les patrons et l’État ont été rompues, le LKP a relâché l’emprise qu’il exerçait sur eux grâce aux nombreux relais qu’il compte dans les quartiers, analyse le professeur Fred Réno, politologue à l’université Antilles-Guyane. En marge de leur discours officiel, qui appelle à manifester dans le calme, les dirigeants du collectif ont d’ailleurs lancé des appels à durcir le mouvement.»

Maire de Pointe-à-Pitre, où 70 % des habitants occupent des logements sociaux, Jacques Bangou insiste pour sa part sur les causes profondes de cette brusque éruption. «Les jeunes des quartiers Henri IV, Mortenol, Chanzy ou Carénage, chez qui le taux de chômage atteint 72 à 74 %, n’ont aucune perspective, assure cet élu du Parti progressiste démocratique guadeloupéen. En temps normal, ils sont tenus grâce aux activités associatives, sportives et culturelles. Mais dès qu’une crise sociale se présente, les plus petits en profitent pour reconquérir la rue durant quelques heures.»

«Risque de sédition»

Depuis deux jours, la colère populaire a été soigneusement attisée par le leader du LKP, Élie Domota, qui distille volontiers les rumeurs de brutalités policières et ne manque pas une occasion de fustiger la «répression» orchestrée par des gendarmes venus, selon lui, «par charters entiers pour casser du nègre». «Notre colère, c’est parce que les gendarmes ont tenu des propos racistes contre les manifestants», croit ainsi savoir Ninel, 19 ans, rencontré au Gosier.

Prédisant une «radicalisation» et une «montée aux extrêmes» en Guadeloupe, le président socialiste du conseil régional, Victorin Lurel, a mis en garde mardi les manifestants et l’État contre «un risque de sédition». De son côté, le préfet de Basse-Terre a salué l’interpellation de 18 pillards à Gosier avant d’annoncer : «Nous ferons un usage modéré et proportionné de la force, car je ne veux pas être le préfet de mai 1967 (de nombreux manifestants guadeloupéens avaient été tués par les forces de l’ordre, NDLR). Mais soyons clairs : dans la mesure de nos moyens et de l’atmosphère qui règne ici, je suis déterminé à lever les barrages.»

Le conflit social se transforme en émeutes

18 février2009

Les actes violents se sont multiplés dans la nuit de mardi à mercredi. Six gendarmes ont été blessés par balles lors d’affrontements avec des jeunes.

Le leader du LKP Elie Domota a lancé sur la radio un appel au calme aux opposants, craignant d’être vite débordé par sa base.Les actes violents se sont multiplés dans la nuit de mardi à mercredi en Guadeloupe, dont des affrontements entre des jeunes et la police, selon plusieurs sources, tandis que le collectif LKP a lancé "un appel au calme" sur la radio RCI en milieu de soirée. Tôt mercredi matin, sur Europe 1, le gouvernement a également "lancé un appel au calme" par la voix de son porte-parole, Luc Chatel.

A Baie-Mahault, à 10 km de Pointe-à-Pitre, de violentes échauffourées ont opposé dès 19 heures locales une centaine de jeunes, se revndiquant du LKP sans en faire vraiment partie, à des gendarmes mobiles. Selon le maire de la ville, une centaine de jeunes étaient présents dans la zone commerciale de Destrelland. Certains, munis de fusils à pompe, ont tiré à balles réelles en direction de la police, a-t-il également indiqué. Trois gendarmes ont été légèrement blessés, a-t-il ajouté, sans pouvoir préciser la nature des blessures. Deux personnes ont été interpellées. Selon le maire, les jeunes ont même tiré sur l’hélicoptère qui amenait sur place le colonel de gendarmerie.

Par ailleurs, certains des magasins de la zone commerciale avaient été pillés, dont l’hypermarché Carrefour, appartenant au groupe martiniquais béké (créole blanc) Groupe Bernard Hayot (GBH). A Baillif (banlieue de Basse-Terre), la concession automobile Renault appartenant également à GBH, était aussi en feu mardi soir. Trois escadrons étaient sur place, soit environ 200 hommes. Les échauffourées se poursuivaient toujours à 23h locales.

"Renforcer la mobilisation"

Même scénario à Pointe-à-Pitre, où trois policiers ont été légèrement blessés par arme à feu dans la cité Henri IV de Pointe-à-Pitre, où ils avaient été appelés pour une intervention. A Dugazon, un quartier des Abymes dans la banlieue de Pointe-à-Pitre, un magasin de pneus et un atelier de réparations automobiles rapides, là encore propriétés de GBH, a été entièrement détruit par un incendie mardi soir.

De son côté, le leader du LKP (collectif des opposants), Elie Domota a lancé sur la radio RCI un appel au calme, en créole: "ne mettez pas votre vie en danger, ne mettez pas la vie des autres en danger". "Ne répondez pas à la provocation", a-t-il lancé aux jeunes, demandant dans le même temps au préfet de "retirer ses gendarmes".

guadeloupe-2760259uwbqw

17 février 2009

Scènes de chaos en Guadeloupe

17 février 2009

Après quatre semaines d’une grève générale qui a progressivement plongé la Guadeloupe dans un état semi-comateux, l’histoire s’est subitement accélérée. Lundi d’abord, avec l’érection de barrages routiers par "Lyannaj kont pwofitasyon" (LKP), le collectif qui est à l’origine du mouvement. Puis dans la nuit de lundi à mardi au cours de laquelle des groupes de jeunes ont pris le relais.
La différence des styles saute instantanément aux yeux. Autant la petite dizaine de barricades mises en places par les militants du LKP s’inscrivaient dans une logique de rapport de force à l’orée d’une semaine qui pourrait s’avérer déterminante. Autant les activités nocturnes de leurs émules relèvent du grand défouloir avec, çà et là, quelques scènes de pillage.

La fermeture de la quasi-totalité des commerces avait progressivement fait de Pointe-à Pitre un désert urbain ; les jets d’obstacles en tout genre sur les routes qui y mènent ont transformé Grande-Terre un immense labyrinthe à travers lequel les automobilistes tentent de se frayer un passage.

34357_guadeloupe-une

Demi-tour devant le tronc d’un palmier qui barre la chaussée, gymkhana entre deux bennes à ordures et une carcasse de voiture calcinée, traversée de rond-point à contresens pour éviter un empilage de palettes et de pneus, sans parler de l’inévitable saute-trottoir, exercice dans lequel les nombreux 4×4 sont imbattables ; les Guadeloupéens s’accommodent de ces
nouvelles nuisances avec le fatalisme de ceux qui estiment qu’elles pèsent bien peu face aux enjeux de ce conflit social et identitaire.

Arrivé à destination, le consommateur doit encore faire preuve de patience pour trouver une des rares boutiques encore ouvertes. Elles sont généralement repérables aux files d’attente qui s’allongent sur le trottoir et appartiennent toutes à trois catégories bien précises : quelques commerces de bouche, des pharmacies et les kiosques de la Française des Jeux.

414398_10420427

Les barrages improvisés se multiplient

Leparisien.fr

17 février 2009

Au 28e jour de grève en Guadeloupe, après une nuit de violences, de nombreuses routes sont bloquées mardi sur l’île, rendant la circulation difficile. Les axes, petits et grands, sont coupés par des barrages, souvent imporvisés par des riverains qui répondent iansi à l’appel du LKP, le «Collectif contre l’exploitation» qui mène la grève pour protester contre la vie chère.

A proximité des grands axes ou sur des petites routes, à Grande-Terre mais aussi en Basse-Terre, selon Radio Caraïbes Internationale (RCI), des manifestants ou des riverains utilisaient toutes sortes d’objets (frigos, troncs d’arbre…) pour ériger ces barrages. L’un de ces derniers, comptant trois voitures calcinées et gardé par une quinzaine de personnes, barrait l’accès à la rocade autour de Pointe-à-Pitre depuis Gosier, ont constaté des journalistes. Peu après 11h30 (16h30 à Paris), il était impossible de relier Gosier à Pointe-à-Pitre.

Réouverture de l’aéroport de Pointe-à-Pître

Autre conséquence du blocage de l’île : la fermeture de l’aéroport de Pointe-à-Pitre, en raison du manque de personnel, les conditions de sécurité n’étant pas assurées. Le site a rouvert  à la mi-journée. Six vols avaient été annulés dans la matinée, principalement à destination de Fort-de-France, dans la Martinique voisine.

Depuis lundi, la tension a grimpé d’un cran dans l’île. Les sapeurs-pompiers décomptaient mardi matin une soixantaine d’interventions durant les vingt-quatre heures écoulées à Pointe-à-Pitre, sur des feux de barrages ou de carcasses de voitures, dans des cases inhabitées et dans deux magasins de la ville. Un magasin d’accastillage nautique et une librairie-boutique de la presse ont été entièrement détruits par des incendies, et une odeur persistante de brûlé planait dans la matinée sur la ville.

L’appel au calme des meneurs des grévistes

Un des leaders du LKP,  Jean-Marie Nomertin, secrétaire général de la CGT-G, a affirmé que des militants étaient intervenus sans succès auprès des bandes de jeunes qui opéraient en bandes très mobiles, circulant à pied. «On a essayé de calmer au maximum, notamment dans le quartier de Lacroix (proche banlieue de Pointe-à-Pitre), de parler à ces jeunes-là : on n’a pas été entendus», a-t-il affirmé sur RFO Radio-Guadeloupe.

Les meneurs de la grève affichent néanmoins leur détermination pour obtenir satisfaction sur leurs revendications. Le porte-parole du LKP, Elie Domota, avait appelé lundi soir au «renforcement de la mobilisation» dans les jours à venir. Un certain nombre de barrages, tenus par des militants du LKP ou des groupes de jeunes, perturbaient la circulation, mardi matin, dans plusieurs secteurs de la Guadeloupe, notamment sur la route de Pointe-à-Pitre à Gosier, à Sainte-Rose, Petit-Bourg, Deshaies et Vieux-Habitants, selon des radios locales.

Nicolas Sarkozy se saisit du conflit

De leur côté, les opposants, qui protestent contre la paralysie de l’île, ne restent pas inactifs. Dans la journée, une manifestation silencieuse devrait avoir lieu à Pointe-à-Pitre, à l’appel d’un «Comité pour la sauvegarde des libertés».

Alors qu’aucune issue au conflit ne se dessine, Nicolas Sarkozy recevra jeudi à l’Elysée des élus de tous les départements d’Outre-Mer : sa première initiative directe en un mois de crise antillaise. L’opposition s’empare également du dossier. Une semaine après l’envoi d’une délégation du Parti socialiste aux Antilles et à La Réunion, Olivier Besancenot est attendu vendredi en Guadeloupe, puis en Martinique, pour apporter le «soutien» du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) à la mobilisation.

Les rues de la capitale économique de Guadeloupe sont vides, désertes et sales, au vingt-sixième jour de grève générale.

Les rues de la capitale économique de Guadeloupe sont vides, désertes et sales, au vingt-sixième jour de grève générale. /Laure de Charette

La Guadeloupe reste mobilisée, après une nuit de violences

Par AFP, publié le 17/02/2009

POINTE-A-PITRE – La Guadeloupe restait mobilisée mardi, au 29ème jour d’une grève contre la vie chère qui paralyse l’île et son activité économique, avec des barrages improvisés et une fermeture temporaire de l’aéroport, après une nuit de violences.

L’aéroport de Pointe-à-Pitre, fermé mardi matin par mesure de sécurité face au manque de personnel, a rouvert à la mi-journée (fin d’après-midi à Paris), selon la direction.

Plusieurs routes étaient toujours coupées par des barrages, dont un grand nombre étaient improvisés par des riverains, répondant ainsi à l’appel du collectif LKP, meneur de la grève, "au renforcement de la mobilisation".

A proximité des grands axes ou sur des petites routes, à Grande-Terre mais aussi en Basse-Terre, selon Radio Caraïbes Internationale (RCI), des manifestants ou des riverains utilisaient toutes sortes d’objets (frigos, troncs d’arbre…), rendant très difficile la circulation sur l’île.

A Gosier, ville côtière très touristique, des mamans et leurs enfants dansaient avec des foulards rouges à côté d’un barrage dressé près d’une école maternelle, au cri de "la Guadeloupe c’est à nous, la Guadeloupe c’est pas à eux", ont constaté des journalistes.

A Chauvel, un quartier populaire des Abymes, limitrophe de Pointe-à-Pitre, la carcasse d’une voiture était en feu peu après 10H00 (locale), selon un photographe de l’AFP. Une vingtaine de jeunes s’employaient à couper des arbres avec des machettes pour édifier un barrage.

Dans la nuit de lundi à mardi, où jeunes et forces de l’ordre ont échangé tirs lacrymogènes et jets de pierre, 18 personnes ont été interpellées, a-t-on indiqué de source préfectorale.

Les sapeurs-pompiers ont décompté au matin une soixantaine d’interventions durant les 24 heures écoulées à Pointe-à-Pitre, sur des barrages ou carcasses de voitures en feu, et dans deux magasins de la ville incendiés, dont l’un appartenait à un "béké", descendant de colons blancs.

Le préfet de Guadeloupe, Nicolas Desforges, a indiqué avoir appelé le leader du LPK Elie Domota, pour évoquer avec lui un "appel au calme" après les incidents et pillages. M. Domota pour sa part s’est dit "toujours ouvert au dialogue", tout en estimant les incidents "prévisibles".

Les touristes tentent de s’adapter et la famille Drye, originaire du Maine-et-Loire, profitait mardi de la piscine de son hôtel, faute de pouvoir se déplacer. La maman Christine en veut surtout à son voyagiste: "il y a deux semaines, ils ont refusé de changer notre destination, expliquant que tout allait bien…"

En Martinique voisine, en grève depuis 12 jours, des manifestants ont obligé deux supermarchés à fermer à Fort-de-France, et des taxis collectifs ont organisé une opération escargot.

Sur le front des négociations, rien de nouveau n’a émergé. A Paris, le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer a réaffirmé avoir été chargé par le Premier ministre de "faire un plus en matière de charges sociales".

La sénatrice chiraquienne UMP Lucette Michaux-Chevry a proposé mardi aux élus de Guadeloupe de constituer "un front uni" face à Nicolas Sarkozy, qui doit recevoir jeudi à l’Elysée des élus de tous les départements d’Outre-Mer.

Quant à Olivier Besancenot, le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui espère une extension du mouvement en métropole, il doit se rendre vendredi en Guadeloupe, puis en Martinique.

photo_1234889564756-5-0

Nuit de violence à Pointe-à-Pitre

Par Pierre-Yves Lautrou, publié le 17/02/2009

La tension est encore montée d’un cran en Guadeloupe. Dans la nuit de lundi à mardi, des jeunes, pour la plupart, ont érigé de nombreux barrages aux alentours de Pointe-à-Pitre. Certains ont également caillassé les forces de l’ordre et notre envoyé spécial. Témoignage.

Lundi 16 février, 22h00 (heure locale) au Créole Beach, l’un des tous derniers hôtels de Gosier encore ouvert. La soirée s’écoule tranquillement. Ce soir au dîner, les touristes ont eu droit au service minimum: une partie du personnel n’a pu se rendre à son travail en raison des barrages, qui, déjà, ont rythmé la journée. Plusieurs coupures de courant, très courtes, interviennent pendant le repas. Une équipe de France 2 quitte précipitamment la salle: ça barde dans les rues de Gosier et de Pointe-à-Pitre, nous dit-on. Avec, Thierry, un photographe de Sipa, nous décidons d’aller voir ce qui s’y passe.

P-Y Lautrou/L ExpressUn hangar à bateaux a été incendié dans la nuit de lundi à mardi.

Un hangar à bateaux a été incendié dans la nuit de lundi à mardi.

Dès la sortie de l’hôtel, le ton est donné: l’hélicoptère de la gendarmerie sillonne le ciel, déchirant la nuit de son puissant projecteur. Ambiance… A la sortie de la Pointe de la Verdure, où sont tous les hôtels, la rue est jonchée de détritus, poubelles renversées, pierres. 200 mètres plus loin, un premier barrage est en feu, devant une petite foule qui assiste au spectacle.

Nous contournons l’obstacle en montant sur le trottoir. Derrière, un autre barrage, en feu lui aussi, puis un troisième: une camionnette renversée brûle, dégageant une forte chaleur. Nous continuons à avancer et croisons un peloton de gendarmes mobiles, à l’abri derrière leurs camions grillagés, ils avancent vers le barrage.

Ni pompier, ni forces de l’ordre dans la rue

En approchant de la rampe d’accès à la rocade qui contourne Pointe-à-Pitre, un nouveau barrage: c’est le quatrième en moins de 800 mètres. Celui-ci est composé de branches d’arbres, et, comme pour les autres, une petite troupe de spectateurs stationne à proximité.

Sur la rocade, le spectacle est incroyable: pas une voiture, la route est couverte d’objets en tout genre, notamment des barrières de sécurité arrachées et disposées en travers de la chaussée. Il faut zigzaguer pour progresser, emprunter les bas-côtés. Sur l’autre voie, une cinquantaine de personnes ont réparti des obstacles encore plus nombreux et plus gros: une nouvelle camionnette est renversée en travers.

Au bout de 300 mètres, la route se dégage, nous avançons vers Pointe-à-Pitre, distante de 3 kilomètres, et croisons des véhicules qui roulent à contre-sens. Sortie CHU, direction le centre-ville par le boulevard de l’Hôpital. Tout semble calme au début, mais très vite, on aperçoit de nouveaux barrages en feu, dans la plupart des rues perpendiculaires.

Au niveau de la darse, on distingue un incendie plus important que les autres: direction Carénage, le quartier sensible, à l’ouest de cette darse. Là, un hangar à bateau -qui appartient à un Béké, nous dit-on- se consume dans une épaisse fumée qu’accompagnent d’immenses flammes. Les coques en plastiques fondent dans de sinistres craquements. Les habitants massés dans la rue assistent au spectacle silencieusement, filmant la scène avec leur téléphone portable.

Demi-tour et route vers le quartier de l’Assainissement en passant par Baimbridge. Là encore, les barrages de flamme sont nombreux: poubelles renversées, pneus, panneaux indicateurs, plots, tout est bon pour barrer les routes et il faut régulièrement emprunter les trottoirs. Une heure que nous tournons et toujours pas un membre des forces de l’ordre ni un pompier en vue. J’ai compté jusque là plus d’une dizaine de voitures brûlées. Visiblement, les barrages sont en place depuis au moins une heure.

De nombreux Pointais sont dans la rue: la plupart sont pacifiques, mais le dialogue n’est pas toujours facile. "Dégagez, donne ta voiture, demain ça va chier!" Dans une contre-allée d’un ensemble HLM, une pierre atterrit sur le toit de la voiture. Ça commence à être chaud…

Dans Pointe-à-Pitre, le chaos règne

Nous tentons de repartir vers Gosier. Sous un pont, juste avant la sortie vers la Marina, un épais barrage de branches d’arbres obstrue le passage. Impossible de passer. Sur le pont, on entend des cris: "Des blancs, des blancs!" Des pierres s’abattent sur la voiture tandis qu’un cocktail molotov s’écrase juste derrière nous. Demi-tour, vite! La route du retour est bloquée, nous repartons vers Basse-Terre, histoire de tenter de faire le tour, mais ça ne passe pas. Nous repartons vers le centre-ville. Nouveaux barrages, fait de palettes, de caddies, de morceaux de béton arrachés au mobilier urbain. Il faut s’arrêter à plusieurs reprises pour dégager le bas de caisse de la voiture.

Nous essayons alors de contourner les obstacles en prenant la route de l’aéroport. Même pas 200 mètres parcourus et un barrage en construction nous empêche de passer. Thierry, le photographe, sort de la voiture pour prendre des photos en précisant qu’il est journaliste. Il est fermement repoussé: "Dégagez, dégagez!"  Un jeune guadeloupéen le ramène à la voiture, avant de shooter dans la portière. Il faut partir.

61f85c34-fd33-11dd-9ef8-f1e00131bd4f

Magasin incendié et vitrines éventrées à Pointe-à-Pitre

POINTE-À-PITRE (AFP) — Un magasin a été incendié et plusieurs devantures de magasins éventrées dans la nuit de lundi à mardi par des groupes de casseurs très mobiles, à Pointe-à-Pitre et dans ses environs, selon le récit de plusieurs journalistes locaux recueilli par l’AFP.

Le magasin d’accastillage nautique Electro-Nautic, situé dans un quartier populaire du sud-est de Pointe-à-Pitre, a été incendié alors que des bateaux qui y étaient entreposés avaient été préalablement sortis dans la rue, selon les mêmes sources.

Les pompiers, "qui étaient caillassés de partout" selon une journaliste de RFO, ont mis plus d’une heure pour parvenir sur place après avoir reçu la protection des forces de l’ordre.

Plus d’une vingtaine de sapeurs-pompiers ont combattu durant près de deux heures l’incendie de ce magasin, où étaient entreposés de nombreuses matières plastiques et produits inflammables.

Dans Pointe-à-Pitre, des groupes de jeunes ont mis le feu à des poubelles et renversé des barrières de sécurité dans la rue Hincelin, qui mène au palais de la Mutualité, où siège le LKP, a constaté un correspondant de l’AFP.

Depuis le début de la grève générale le 20 janvier, des équipes du LKP assuraient le nettoyage de la rue, où se massent militants et sympathisants du Collectif lors des meetings et rassemblements d’avant manifestations.

Rue Frébault, la principale artère commerciale de la ville, plusieurs devantures de magasins ont été éventrées, selon le récit à l’AFP d’une équipe de télévision de RFO, qui a assisté à l’interpellation, au flash-ball, de trois jeunes qui étaient poursuivis par des policiers.

Dans la proche banlieue de Pointe-à-Pitre, notamment à Grand-Camp, d’autres magasins ont été éventrés par des pillards, selon des journalistes sur place. Des barricades, dont certaines enflammées, ont été érigées sur les routes de sortie de la ville.

guadeloupe-3

Guadeloupe: une dizaine de barrages nocturnes en feu à Point-à-Pitre

POINTE-A-PITRE (AFP) — Une dizaine de barrages en feu ont été constatés lundi soir vers minuit à Point-à-Pitre où un magasin de fournitures de bateaux a également été incendié, selon un photographe de l’AFP.

Une dizaine de barrages étaient en feu sans personne à proximité mais obligeant les voitures à faire demi-tour, selon la même source. Le magasin incendié est situé dans le quartier populaire du Carénage et devant lequel deux voitures ont été retournées.

Par ailleurs, un véhicule a été incendié devant un hôtel de Gosier, la ville la plus touristique de l’île située à 5 km de Point-à-Pitre, a constaté un journaliste de l’AFP.

A quelques centaines de mètres de là, un groupe d’une cinquantaine de jeunes, pour certains le visage masqué, jetaient des pierres sur un escadron de gendarmes mobiles qui intervenaient pour lever des barrages routiers, toujours selon un journaliste de l’AFP. Les jeunes visaient également des voitures de particuliers.

Selon une source policière, les barrages nocturnes "relèvent d’incivilités urbaines". Ils sont "en marge des manifestations du LKP", a indiqué à l’AFP une source préfectorale.

De son côté, le procureur de Point-à-Pitre Jean-Michel Prêtre, dont la voiture a été caillassée, a estimé sur Radio Caraïbes internationale que "les moyens ne sont pas suffisants face aux manifestants".

"Je suis dans l’attente et l’angoisse que rien de grave ne se passe", a-t-il également dit.

Le porte-parole et leader du LKP, Elie Domota, qui mène la grève en Guadeloupe depuis prés d’un mois a préconisé lundi soir au cours d’un meeting "la poursuite et le renforcement de la mobilisation" mardi et les jours suivants "jusqu’à la satisfaction de nos légitimes revendications".

Il a également affirmé que la résolution du Collectif et "celle du peuple guadeloupéen demeuraient intactes malgré la répression".

guadeloupe-4

La tension est vive en Guadeloupe

mardi 17 février 2009

Alors que la grève générale en Guadeloupe entre dans sa 5e semaine, le ton monte et la situation reste bloquée.

Scènes de désordre

Plusieurs barrages spontanés ont été érigés par des manifestants et des grévistes, hier en début de soirée, autour de Pointe-à-Pitre. L’un de ces barrages, situé au Gosier, une petite commmune touristique située à 5 km de de Pointe-à-Pitre, a été enflammé et des CRS, sont intervenus et ont reçu des jets de pierres.

Sur le pont de La Boucan à Sainte-Rose (Basse-Terre) des groupes de jeunes caillassaient les forces de l’ordre. Trois gendarmes mobiles ont été légèrement blessés. Les forces de l’ordre ont procédé à des tirs de grenades lacrymogènes et un véhicule anti-émeute était visible sur place. Les autres barrages ont été installés sur plusieurs routes.

Le LKP appelle à renforcer de la mobilisation

Le collectif LKP, à la tête de la grève qui paralyse la Guadeloupe depuis un mois, a affirmé être prêt à "mettre en oeuvre tous les moyens de la mobilisation" pour faire aboutir ses revendications.

Charlie Lendo, adjoint du leader du collectif de grève LKP Elie Domota, a assuré que faute de "satisfaction sur nos revendications, la mobilisation ira s’amplifiant". "Tout ce qui pourra se produire dans l’accentuation de la mobilisation nous place en légitime défense", a ajouté M.Lendo.

Interrogé sur la poursuite des barrages, Max Evariste (FO), également membre du collectif, a répondu: "forcément"

En Guadeloupe, des magasins incendiés et pillés

Le parisien.fr

17 février 2009

Au 28ème jour de grève en Guadeloupe et alors que les barrages bloquent toujours plusieurs routes, un magasin d’accastillage nautique Electro-Nautic a été incendié cette nuit par un petit groupe de casseurs, dans un quartier populaire de Pointe-à-Pitre. D’autres vitrines et devantures de magasins ont également été touchées.

Les pompiers dépêchés sur place, «étaient caillassés de partout», raconte une journaliste de RFO. Ils ont dû combattre l’incendie durant près de deux heures, là où étaient entreposés de nombreuses matières plastiques et produits inflammables.

Toujours dans le même temps à Pointe-à-Pitre, des groupes de jeunes ont mis le feu à des poubelles et renversé des barrières de sécurité à quelques mètres du siège du LKP, le «Collectif contre l’exploitation» qui mène le mouvement depuis un mois pour protester contre la vie chère. Dans la proche banlieue de la ville, à Grand-Camp par exemple, d’autres magasins ont été la cible de pillards.

Depuis le début de la grève générale, des équipes du LKP assurent le nettoyage de la rue où se massent militants et sympathisants du Collectif lors des meetings et rassemblements d’avant manifestations.

guade-413857_politique

Echauffourées en Guadeloupe

Le parisien.fr

16 février 2009

Au 27e jour de grève générale en Guadeloupe, l’île a connu une brusque poussée de tension lundi, avec des échauffourées entre forces de lo’dre et militants du LKP, le «Collectif contre l’exploitation» qui mène le mouvement depuis le 20 janvier pour protester contre la vie chère. Une poussée de fièvre qui a conduit Yves Jégo, secrétaire d’Etat à l’Outre-mer, à appeler à la trêve et Nicolas Sarkozy à donner rendez-vous jeudi aux élus d’Outre-Mer.

Pour la première fois depuis le début de la crise, le chef de l’Etat s’implique directement.Yves Jégo a assuré que la situation n’«est pas acceptable» et évoquéle spectre d’émeutes sanglantes en mai 1967 à Pointe-à-Pitre. Il a plus tard indiqué que le gouvernement oeuvrait à un «plan B» pour les PPME guadeloupéennes, parlant de «nouvelles baisses de charges». Victorin Lurel, président (PS) de la région Guadeloupe, avait lui aussi appelé «solennellement» au calme, dénonçant une «montée aux extrêmes».

Malgré ces appels au calme, vers 23 heures (18 heures en Guadeloupe), plusieurs barrages spontanés ont été érigés par des manifestants et des grévistes autour de Pointe-à-Pitre. Un meeting du LKP était par ailleurs prévu à 19 heures (minuit à Paris) et un comité anti-grève a convoqué une marche mardi.

Le commissariat de Pointe-à-Pitre en état de siège

Lundi au petit matin, des militants du LKP avaient déjà coupé routes et ponts en neuf points, selon la préfecture, entassant palettes, branchages et cocotiers sur des axes stratégiques. Des forces de l’ordre ont été immédiatement dépêchées, démantelant les barrages que les manifestants remontaient un peu plus loin. Une cinquantaine de personnes ont été interpellées, selon le procureur Jean-Michel Prêtre. Elles ont été gardées à vues plusieurs heures avant d’être élargies.

Pour une quarantaine, il n’y a eu qu’un contrôle d’identité. Mais dix manifestants ont été convoqués devant la justice en juin pour notamment «entrave à la circulation» et violences avec armes. Ces dix militants avaient été retenus au commissariat de Pointe-à-Pitre, devant lequel s’étaient massées des centaines de personnes, scandant leur soutien au son de tambours.

Des grévistes dénoncent des violences

Selon la préfecture, il n’y a eu aucun tir de grenades lacrymogènes, mais des grévistes se sont plaint de violences. Un responsable du collectif de grève LKP, Alex Lollia, a eu un arrêt de travail de cinq jours après des échauffourées à un barrage dégagé par la police. «Les CRS sont arrivés en masse, ils ont commencé à nous frapper et à lancer des gaz lacrymogènes. C’était excessivement violent», a accusé le syndicaliste, affirmant avoir entendu des insultes racistes.

Jeudi, Elie Domota, leader du collectif, avait averti : «Si quelqu’un blesse un membre du LKP ou un manifestant guadeloupéen, il y aura des morts.»

Manifestation en Martinique

En Martinique, les négociations entre patronat et syndicats en lutte contre la vie chère ont repris sans perspective d’aboutissement proche.
Le «collectif du 5 février», qui mène depuis 10 jours la grève, a claqué samedi la porte de négociations avec la grande distribution sur des baisses de prix et attend d’elle un accord écrit pour reprendre les discussions. Il avait appelé à une «grande mobilisation» ce lundi : 8 000 (préfecture) à 15 000 (organisateurs) personnes ont manifesté à Fort-de-france.

Dans la foulée des conflits antillais, un collectif guyanais a lancé lundi un appel à une marche de protestation mercredi «contre la vie chère».

413445_guadeloupe

La tension grandit encore en Guadeloupe

17 février 2009

Des barrages en feu, un magasin incendié : la nuit a été agitée dans l’île. Le procureur demande plus de moyens policiers.

Scènes de violence en Guadeloupe. Le feu a été mis à une dizaine de barrages et à un magasin de fournitures de bateaux dans la nuit de lundi à mardi à Point-à-Pitre. Des journalistes locaux mentionnent la présence de bandes de casseurs «très mobiles et circulant à pied». «Je suis dans l’attente et l’angoisse que rien de grave ne se passe», a affirmé le procureur de Point-à-Pitre Jean-Michel Prêtre, tout en déplorant des «moyens insuffisants face aux manifestants». Sa voiture a d’ailleurs été caillassée dans la soirée.

«C’est une crise politique, c’est une crise institutionnelle, et on est au bord de la sédition», a lancé le président du Conseil régional de Guadeloupe Victorin Lurel. L’élu socialiste prédit «une radicalisation, une montée aux extrêmes» du conflit dans le département français d’outre-mer.

Les grévistes restent sourds à la demande de «trêve» du secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo, ou l’appel «au sang-froid» du président socialiste de région Victorin Lurel. L’annonce par le président de la République Nicolas Sarkozy d’un rendez-vous jeudi avec les élus de tous les départements d’outre-mer - première initiative directe du chef de l’Etat dans la crise antillaise – n’a en rien entamé leur détermination.

Dans une tribune publiée dans Le Figaro, Yves Jégo affirme que «la fin de la grève doit ouvrir le temps d’une refondation à la fois économique et sociale» et que la politique du gouvernement vis-à-vis de la Guadeloupe «n’est pas d’acheter» une «illusoire paix provisoire». Lundi soir, après avoir reçu de nombreux représentants d’associations et fédérations patronales, il a annoncé que l’Etat était en train d’étudier de «nouvelles baisses des charges» pour les entreprises en Guadeloupe. «Je veux que le rôle de l’Etat soit un investissement non pas pour payer des salaires, car ça ce n’est pas possible, nous allons mettre des moyens pour conforter l’économie», a-t-il dit.

«Répression»

Malgré ces propositions, le porte-parole et leader du LKP, Elie Domota, qui mène la grève en Guadeloupe depuis plus d’un mois a préconisé «la poursuite et le renforcement de la mobilisation» mardi et les jours suivants «jusqu’à la satisfaction de nos légitimes revendications». Au cours d’un meeting, lundi soir, il a également affirmé que la résolution du Collectif et «celle du peuple guadeloupéen demeuraient intactes malgré la répression».

La matinée de lundi avait été marquée par l’érection de barrages à des points stratégiques, puis leur démantèlement par les forces de l’ordre qui ont procédé à une cinquantaine d’interpellations. Ces barrages empêchaient à nouveau la circulation alors que la réouverture de stations services le week-end avait mis fin à la pénurie d’essence sévissant depuis des jours. Selon le premier ministre, François Fillon : les barrages ne constituent pas des «moyens légaux» d’expression.

Dans la Martinique voisine en grève depuis 11 jours, la situation semblait également bloquée. Entre 8.000, de source préfectorale, et 15.000 personnes, selon les organisateurs, ont manifesté à Fort-de-france.

Heurts entre manifestants et policiers en Guadeloupe

17 février 2009

Alors que la grève générale en Guadeloupe entre dans sa 5e semaine, le ton monte et la situation s’enlise. Plusieurs scènes de désordres ont éclaté cette nuit dans les rues de Pointe-à-Pitre, et le LKP appelle à renforcer de la mobilisation…

La situation est toujours bloquée dans les Antilles françaises. L’annonce par Nicolas Sarkozy hier d’un rendez-vous ce jeudi avec les élus de tous les départements d’Outre-mer n’a en rien entamé la détermination des manifestants guadeloupéens. L’enveloppe de 87,8 millions d’euros accordée par le secrétaire d’Etat à l’Outre-Mer Yves Jégo pour sortir de la crise, n’a pas non plus fait retomber les tensions. Hier déjà, de nombreuses échauffourées ont émaillé la journée.

Les revendications des leaders syndicaux ne faiblissent pas et les rues de Guadeloupe ont été le théâtre de plusieurs scènes de violence cette nuit, des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, des scènes de "guérilla urbaine" selon les journalistes présents sur place.

Un magasin a été incendié et plusieurs devantures éventrées par des groupes de casseurs très mobiles, des groupes de jeunes aux visages masqués par des foulards. Une dizaine de barrages avaient été érigés. Ces "moyens d’expression ne sont pas légaux", affirme François Fillon. Yves Jégo parle lui d’une situation qui n’est "pas acceptable".

Appel au renforcement de la mobilisation

Au même moment, les dirigeants du LKP, le collectif à l’origine de la grève générale contre la vie chère, appelait lors d’un meeting à "un renforcement de la mobilisation" . Réaffirmant que les revendications formulées par le collectif de syndicats, partis et associations sont "justes", les membres du collectif ont rappelé qu’ils ne se "laisseraient pas abattre par la répression".

poucet-350

Chronologie

AP | 17.02.2009

Alors que le gouvernement peine à trouver une issue à la crise qui paralyse la Guadeloupe, le mouvement entamé le 20 janvier se poursuit et, après la Martinique, menace de s’étendre à l’île de la Réunion et en Guyane.

- 20 janvier: une grève générale est lancée en Guadeloupe par le collectif LKP (Lyannaj kont pwofitasyon, Ensemble contre la surexploitation, composé de 49 organisations, partis et syndicats). Principale cible du mouvement: la vie chère. Le LKP demande, entre autres, une augmentation de 200 euros pour les bas salaires

- 1er février: plus de dix jours après le début du mouvement, le secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Yves Jégo se rend en Guadeloupe et note des signes "d’apaisement"

- 4 février: Yves Jégo annonce une baisse de 10% sur 100 produits de base dans les supermarchés guadeloupéens

- 5 février: lancement d’une grève générale en Martinique, avec des manifestations quotidiennes

- 9 février: un pré-accord est trouvé, prévoyant notamment une augmentation de 200 euros pour les bas salaires, principale revendication du LKP. Mais le départ précipité du secrétaire d’Etat pour Paris, avant d’y retourner deux jours plus tard, provoque l’incompréhension aux Antilles

- 10 février: François Fillon annonce le refus de l’Etat de prendre en charge les hausses des salaires. Deux médiateurs sont nommés pour tenter de trouver un accord

- 12 février: les négociations entre le LKP et les médiateurs de l’Etat sont rompues. A la Réunion, un appel à la grève est lancé pour le 5 mars

- 13 février: Nicolas Sarkozy annonce la création d’un conseil interministériel de l’Outre-mer, chargé de la "rénovation de la politique menée par l’Etat" dans les DOM-TOM

- 16 février: une cinquantaine de manifestants sont arrêtés sur un barrage routier en Guadeloupe

- 17 février: nuit agitée en Guadeloupe, avec 18 interpellations dans la nuit, suite à des voitures brûlées et des pillages de magasins à Sainte-Anne et à Pointe-à-Pitre. Trois gendarmes ont été légèrement blessés par des tirs. En Martinique, les négociations semblent rompues entre le collectif syndical et les représentants de la grande distribution

- 19 février: Nicolas Sarkozy doit recevoir les élus d’outre-mer "afin de faire un point sur la situation. AP

Site visitors world map
visitors location counter

About these ads

~ par Bertho Alain le 17 février 2009.

 
Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 1 655 autres abonnés

%d bloggers like this: